‹ Lettres d'Elvire à Lamartine, avec deux fac-similés des autographes conservés à Saint-PointChapitre 13 sur 21 · I. De M, Alin. — Cachet de la poste, i" novembre · texte numérisé non relu

I. De M, Alin. — Cachet de la poste, i" novembre

APPENDICE

me paraît pas au pouvoir de l'homme de retenir ce souffle prêt à s'échapper. Dans deux ou trois crises effrayantes, j'ai cru qu'elle allait s'éteindre dans mes bras; et l'étonnement de tout ce qui l'approche est qu'elle respire encore. Réduit le plus souvent à être témoin des progrès d'une désorganisation si rapide, je ne puis, pour ma part, que proportionner mes soins à la gravité toujours croissante de la maladie. Mon âme est déchirée d'un spectacle si triste et si douloureux; mais la malade paraît touchée de mon intérêt et démon dévouement; et je vous proteste, Monsieur, que je ferai tout ce qui dépendra de moi, pour soutenir son courage, adoucir ses maux, et prolonger une existence si chère à ses nombreux amis. Vendredi dernier, elle a reçu les derniers sacrements de l'Église ; et il semble que ces secours consolateurs aient porté dans son âme plus de calme et de résignation. Hier soir, je l'ai quittée à dix heures, sa respiration était moins laborieuse, mais l'inflammation des intestins paraissait plus vive. Elle m'a prié de Vexcuser auprès de vous, de n'avoir pu vous écrire ; et malheureusement jamais excuse n'a été plus légitime. Elle souffre des inquiétudes que vous causent et sa maladie et son silence. Elle exige que vous vous soigniez, et que vous ne vous tourmentiez que le moins possible à son sujet; mais c'est un grand bien pour elle de croire à votre amitié et à votre intérêt. Je viens de recevoir à l'instant la boîte à l'adresse de madame Ch. Je la remettrai moimême dans la journée.

J'aurai l'honneur de vous tenir au courant de la situation de notre chère malade ; il n'est pas permis de se faire illusion sur les dangers qu'elle court ; mais depuis huit jours elle vit contre toute vraisem-

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