‹ Lettres d'Eugènie de GuérinChapitre 7 sur 69 · Rue d'Anjou · texte numérisé non relu

Rue d'Anjou

doucement pour te faire une attrape. Mais, mon Dieu, que tu es loin d'ici maintenant! Tu roules, roules toujours plus loin, et je te suis sans savoir trop par où je passe. J'ai peur que tu verses, et je te recommande à la petite croix. J'ai grande confiance qu'elle te préservera de toute mauvaise rencontre. Sois-lui dévot comme tu me l'as promis, et je serai tranquille. J'ai des affaires de ménage par-dessus la tête; mais j'ai tout planté là pour venir te dire un mot dans ta petite chambre, où je retrouve force choses de toi , sans compter ta veste et tes souliers. Si tu étais mort, ce serait pour moi des reliques, mais Dieu me préserve d'une pareille dévotion.

J'irai à Cabuzac lundi pour voir la foire et quelque autre chose; l'autre lundi, je compte avoir de tes nouvelles, si tu es parti de Toulouse avant-hier. Rien ne s'est passé depuis dimanche qui mérite qu'on s'en souvienne. La pluie, la boue, le vent, et aujourd'hui le soleil, voilà tout. J'oubliais un chapon que Woll a assassiné, ce qui lui a valu que'lques coups d<» fouet qui lui ont fait crier miséricorde; je crois qu'il t'appelait. La pauvre bote avait raison d'appeler son chevalier errant, car personne n'a pris sa défense. Trilby* te baise et te lèche les mains. Moi, je te croque, adieu.

Ma grippe veut me quitter, mais elle ne quitte pas la maison ; le pâtre la tient ainsi que Maritorne. On

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