‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 143 sur 233 · A M. ALBERTO MARIO A FLORENCE · texte numérisé non relu

A M. ALBERTO MARIO A FLORENCE

Veylaux, 29 juillet 1867.

Monsieur,

L'ouvrage que vous avez bien voulu m'envoyer touche courageusement à la véritable plaie de l'Italie. II semble que les temps approchent où les peuples feront un pas dans le sens que vous indiquez. Le pouvoir temporel et spirituel est planté au milieu de l'Italie, comme ces épouvantails que l'on plante au bout d'un bâton chargé d'un vieux haillon pour effrayer les oiseaux. Ceux-ci commencent à se familiariser et à percher sur la mître. Encore un pas, et ils la jetteront à terre et ils en fefont leur nid. Gloire à qui ose et osera !

Compliments et félicilations de votre tout dévoué

EDGAR QUINET

DCLVIII

A M. ANTONIN PROUST A NIORT

Veytaax, 3 août 1867.

Mon cher Monsieur,

Rien de plus instructif que votre nouveau numéro des Archives de V Ouest ^. Que les Français vous lisent. Ils verront clairement de quelle hauteur ils sont tombés. Chaque ligne est un enseignement. Il suffirait de citer, pour frapper les sourds et les aveugles. La presse aurait là une tâche facile. Voudra-t-elle la remplir?

Est-ce bien là la même nation, si fière en ce temps-là, si humble de nos jours? Vous me fournissez trop d'arguments. Vous me donnez, hélas ! trop raison.

Si j'avais eu, il y a deux ans, ces documents inappréciables, je les aurais cités à chaque page de mon premier volume. Du moins je les ai pressentis. Je n'ai rien avancé qui ne se trouve confirmé, démontré par votre publication monumentale. Aussi personne, je pense, ne vous est plus reconnaissant que moi pour ce travail de bénédictin et de citoyen. Courage !

Page 1