‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 16 sur 233 · A M. ACCOLAS A PARIS · texte numérisé non relu

A M. ACCOLAS A PARIS

Veytaux, IG décembre 1805.

Monsieur,

Veuillez m'excuser de n'avoir pas répondu plus \6i à vos deux lettres. Quand elles me sont parvenues, j'étais plongé dans un travail qui ne me laissait aucun répit. Je vous ai lu avec tout l'intérêt qui s'attache à de nobles efforts inspirés par le désir de réformes sociales. Pour de si grandes questions, il faudrait une bonne matinée de conversation suivie. Une lettre ne suffirait pas. Le grand point, c'est d'avoir la soif de la justice. Là-dessus, nous nous entendrons toujours.

Pour arriver à des réformes sérieuses, le premier axiorae, selon moi, est celui-ci : Il n'y a pas de proportion entre les sacrifices accomplis par la Révolution et ^es résultats obtenus. Tant que les démocrates n'accepteront pas cette évidence, ils feront difficilement un pas. Car, si ce que nous avons est le résultat légitime, régulier, normal des vœux et des sacrifices de la Révolution, ^e quoi nous plaignons-nous?

Vous vous êtes mépris, je crois, sur ma pensée. Je

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n'ai pas prétendu que le xviii* siècle revint auxvi' siècle. J'ai dit, au contraire, qu'au xviii' siècle, il était déjà trop tard en Erance pour réformer la religion.

Laissons de côté ces dissidences de détail et attachonsnous de plus en plus aux points qui doivent réunir les amis de la liberté et de l'affranchissement dans la justice. Ces points sont certainement nombreux.

Recevez, etc.

EDGAR QUINET

CCCCXCIX

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