‹ Lettres d'exil à Michelet et à divers amisChapitre 15 sur 233 · A M. VERMOREL A PARIS · texte numérisé non relu

A M. VERMOREL A PARIS

• Veytaux, 13 décembro 1805.

Monsieur,

C'est bien malgré moi que je n'ai pu encore vous remercier de l'accueil que vous avez fait à mon ouvrage la Révolution, dès le premier jour. Vous avez parfaitement compris, senti et montré que c'est là un livre de liberté, écrit, j'ose le dire, en face de la vérité et de la justice. Quelques personnes, rares, il est vrai, me reprochent d'avoir porté Tesprit d'examen dans V Histoire de la Révolution. C'est là justement ce que je crois le plus nécessaire. Ne faisons pas de la démocratie une momie jacobine. Pour lui imprimer une vie nouvelle, osons remuer et discuter son passé. On a singulièrement altéré les idées de mon livre pour les combattre. Ou plutôt, elles sont absentes de la lutte.

Vous avez deviné mon livre dans un premier coup d'œil; vous y portez l'esprit des générations nouvelles.

Agréez, etc. etc.

EDG4R QUINET.

CCCCXCVII

A 6ARIBALDI A CAPRERA

Veytaux, 16 décembre i865.

Cher et grand Garibaldi,

Je vous envoie mon nouvel ouvrage la Révolution. Veuillez le recevoir avec amitié. C'est ma conscience d'exilé depuis quatorze ans. Faites-lui une petite place dans un coin de votre maison. Et puissent les cruelles expériences de la France profiter à Fltalie !

Ma femme se joint à moi pour vous témoigner encore une fois son admiration.

Voire ami.

EDGAR QUINET

LETTRES D'£XIL. 43

CCCCXCVIII

Page 1