A MADAME RÉVILLIOD DE SELLON A GENÈVE
Veytaux, 31 décembre 1867.
Madame,
C'est en vous écrivant, que je veux me séparer de cette année 1867 et commencer à me rendre favorable cet inconnu, 1868. Il me saura gré, peut-être, de l'inaugurer par vous. Je vous prie. Madame (vous qui pouvez tout), de l'adoucir pour moi ; vous obtiendrez qu'il épargne tous ceux que j'aime et que je respecte. Permettez-moi de vous donner une grande place parmi ceux-là.
Combien de fois, Madame, ne vous ai-je pas remerciée de l'admirable lettre que vous avez eu la bonté de m'écrire de Gènes! Je l'ai relue souvent. Je veux la relire ces jours-ci. L'année 1867 ne pouvait rien me donner de
'«! précieux. Pardonnez-moi de n'avoir pas su vous dire P"^^ ' tout le bien que vous m'avez fait.
dIus tov . 'Ti (le penser que cette longue absence ne m'a
pas trop nui dans votre souvenir. Ah! combien je suis effrayé de la rapidité des jours!
Que je voudrais les mieux employer, et ne plus perdre un seul moment pour montrer mon affection à ceux qui la possèdent !
Veuillez, recevoir, etc.,
EDGAR QUINET