A M. ALPHONSE FAVRE
Voytaux, 12 février 1868.
Monsieur,
Quelle heureuse surprise je vous dois ! Voilà certainement un des ouvrages que je désirais le plus étudier, qui m'était le plus indispensable, dont j'aurai le plus à profiler. Mais, Monsieur, ma joie est un peu combattue par la crainte que j'ai d'être indiscret, en aceptant un si beau présent. Vous me permettrez au moins de vous restituer ce magnifique atlas, quand je l'aurai étudié.
II est vrai. Monsieur, que, depuis mon confinement à Veytaux, c'est-à-dire, depuis dix ans, je n'ai guère vécu qu'avec les naturalistes. Oserai-je vous avouer, sans trop vous scandaliser, que, dans cette perpétuelle compagnie des Alpes, j'ai été attiré par les travaux des géologues? et, de cette passion que vous jugerez sans doute malheureuse, est né un ouvrage de philosophie naturelle.
J'ai cherché comment ces sciences nouvelles, la géologie et la paléontologie, peuvent et doivent renouveler les méthodes et les forces de l'esprit humain, même dans les domaines qui semblent, d'abord, étrangers à ces sciences.
Ceci pourrait conduire fort loin. J'ai dû me borner à un volume que j'achève *.
Ce qui me manquera toujours, c'est de vous entendre vous-même. Que de lumières et de bons avis j'aurais puisés dans votre conversation !
Veuillez, Monsieur, exprimer, de ma part et de celle de ma femme, à madame Favre, toute la peine que nous éprouvons de la savoir malade. Heureusement vous nous faites espérer son prompt rétablissement, et nous le hâtons de tous nos vœux.
Agréez, etc.,
EDGAR QUINET
DCCXVIII
A M. FRIGYESI A GENÈVE
Veytaux, 15 fdvrier 1868.
Cher Monsieur,
Encore une fois mes adieux. Voulez-vous, je vous prie, remettre la lettre ci-jointe à notre cher général ? Ajoutez-y tout ce que je voudrais dire de vive voix, tout ce qui est admiration, dévouement.
Vous seriez cent fois excellent de ne pas me laisser