MOTS POUR D'AUTRES
i V Mintmo, au lieu de minio.
3 V Capitulum VI, au lieu de Capitulum V.
7 V Nequttïores, au lieu de nequtores.
9 Y Dicentes, au lieu de docentes.
44 V Gntmina,.. fugetù, au lieu de genimina.,, fugtehs. 15 Fulgor, au lieu de fulgur,
15 V Vîdùtis, au lieu de vtsîtastis,
16 V Prtnceps, au lieu Ae principes.
24 Judeam, au lieu de 7tdpam.
31 Y Exiebant, au lieu de exibant.
33 Y UtereSj au lieu de u/res.
Cette faute a lieu quatre fois de suite, et cependant le mot est bien imprimé quatre fois de suite aussi, page 19 Y.
35 Résurgent, au lieu de resurgunt,
39 Y Hominis quidem, au lieu de hominis cujusdam,
52 Y Voluntas eis qui misit me Patris, au lieu de Voluntas ejus
58 Y 5t, au lieu de nisi,
63 Dikxit et vovit, au lieu de fovtt.
68 Non idem Dominus omnium^ au lieu de nom idem Dominus omnium.
75 Y Sonitum, au lieu de sonituum.
73 Y Intus, au lieu de invitus.
73 Y Defendiculumy au lieu de offendiculum.
82 Sequebatur, au lieu de persequebatur.
83 Natura sunt DU, au lieu de non sunt DU.
87 Y Arbitror in stercora, au lieu de arbitror ut stercora, 89 /n humilitate et regione, au lieu de religicne. 89 Y Eam... vobis legatur, au lieu de eam vos kgatis.
110 Magnum, au lieu de magum.
115 Y Trahebunt, au lieu de trahebant, \ 33 Obsorbuit, au lieu de absorbuit.
133 Y Sapientia, au lieu de patientia.
Dans les deux éditions, on lit en tête de l'Apocalypse :
Prologus beati Johannis.
Or, ce prologue est réellement de saint Jérôme; A et B font donc, par cette erreur, tenir à saint Jean le singulier langage que voici :
(( Jean, qui savait que le jour auquel son âme devait quitter son corps était arrivé, convoca ses disciples à Ephèse, descendit dans la fosse qu'on lui avait préparée ; puis après avoir fait sa prière, il rendit Fesprit. »
Après avoir ainsi comparé ces deux éditions et constaté tant de singulières ressemblances, jusque dans les plus grossières erreurs, on commence par se demander laquelle des deux est la première?
Mais si Ton avait tout à fait présentes à l'esprit toutes les ressemblances et les quelques différences, on n'aurait plus rien à demander et l'on y verrait bien à la vive lumière qui s'en dégage, que la question d*antériorité n'a rien du tout à faire ici.
En effet, si l'une des éditions est antérieure à l'autre, c'est évidemment celle qui a la lacune ; nous continuerons à la désigner par A, et l'autre par B.
Si l'édition B a été imprimée après et d'après Tédition A, le compositeur n'a pas eu besoin qu'on lui lût le texte qu'il pouvait si aisément lire imprimé. C'était une grande économie, car l'emploi de Fanagnostes devait coûter assez cher ; mais alors h^. compositeur pouvait-il, quand il lisait penitentiam écrire potentiam? quand il lisait fulgura écrire vulgura? car, il faut se le rappeler, il copiait servilement le texte qu'il avait sous les yeux. La liste des mots pour d'autres le prouve assez. Par exemple, il copiait la faute de Capttulum VI au lieu de V, faute qui saute aux yeux et que l'on reconnut dès le chapitre suivant qui est intitulé Cap. VI, ainsi qu'il le fallait. Il copiait aussi gnimina au lieu de geniminay obsorbtat au lieu de absorbuit^ etc. Il est donc impos-
sîble d'admettre que B soit une réimpression faite d'après A.
De plus, si B copiait A avec une si scrupuleuse exactitude, jusque dans les fautes les plus manifestes, on ne voit pas pour quelle raison il se serait avisé de corriger les mots habetis, voveas, poteritis, initium et fratemitatem.
Admettons toujours que B soit une réimpression de A; quand B se trouva en présence de la page à la lacune, il avait un moyen fort simple de la combler : c'était de placer à la suite des 24 lignes de cette page incomplète les 60 li* gnes qui suivent et de faire refluer 60 lignes de la même manière de page en page, jusqu'à la fîn. La lacune se serait ainsi trouvée transportée à la dernière page verso qui, au lieu de ses 75 lignes, n'en aurait eu que 15, formant, suivant l'usage de ce premier âge de l'imprimerie, une seule colonne inachevée. Par ce moyen si simple et qui s'imposait de lui-même, la lacune disparaissait de la page qu'elle déshonorait, sans que le compositeur eût la moindre peine à prendre et le moindre instant à perdre.
Au lieu de procéder ainsi, il a fallu que B remaniât 56 colonnes de 42 lignes, excepté les deux colonnes de 12 lignes, afin de leur faire produire, en les dilatant, les 60 lignes dont il avait besoin. S'il n'a pas suivi cette marche, la plus unie et la plus favorable à ses intérêts, c'est qu'évidemment il ne le pouvait pas.
Quelle cause pouvait donc l'obliger à remanier longuement et péniblement 56 colonnes de texte? quel avantage pouvait-il en retirer?
Je ne vois qu'un seul motif capable de justifier cet énorme travail : trois compositeurs travaillaient en même temps aux trois parties du livre. (V. Lettres d'un Bibliographe, 2* série, 1" lettre.)
B qui composait la seconde en même temps qu'un autre composait la troisième, ne pouvait donc pas modifier cette troisième partie, soustraite à son action.
Il se peut, en effet, que dans l'édition B, comme dans l'é-
dition A, trois compositeurs aient travaillé en même temps au Nouveau Testament et que par conséquent B dût renoncer au procédé si simple de refouler la lacune à la fin du volume.
Admettons qu*il en fût ainsi et que B dût faire disparaître la lacune en remaniant le texte de 14 feuillets de A. Par suite de ce remaniement, toutes les lignes des 14 feuillets auraient cessé de se correspondre, puisque B était affranchi d* observer cette condition. Or, il n'en est pas ainsi ; plusieurs colonnes de A et de B présentent des séries entières de plusieurs lignes consécutive^, commençant par les mêmes syllabes, dans les deux éditions.
Ces séries nous apprennent deux choses : 1*B n'a pas remanié A ; 2* A et B ont eu d'abord lesiignes des 14 feuillets identiques, et par conséquent ,A et B avaient la mén)e lacune. B Fa comblée, A Ta laissée.
De cette identité dans tant de fautes, et surtout dans l'existence de la lacune, il résulte que A et B ont été composées sous une même dictée qui ne laissait pas aux deux compositeurs le temps de corriger les erreurs que tous deux ou l'un d'eux au moins aurait pu facilement remarquer et corriger.
Enfin, si le compositeur de B avait réellement remanié les 14 feuillets, afin d'en faire disparaître la lacune, affranchi de suivre A en esclave' de ligne en ligne, il aurait pu corriger quelques fautes manifestes; il n'en a rien fait; il a, par exemple, copié la faute de 52 v : Voluntas eis qui misit me Patris pour voluntas ejus
Tout nous révèle donc la dictée que faisait un anagnostes aux compositeurs ; on reconnaît même des traces de sa prononciation germanique dans chacune des deux éditions : il dictait, 37 v, le mot foveas; il le prononça voveas, et c'est ainsi qu'il est composé dans A. B l'a bien écrit.
L'anagnostes, 132 v, dictait le mot fulgura qu'il prononçait vulgura; cette fois ce fut B qui reproduisit la faute ; A la corrigea. II se peut fort bien que les fautes de ce genre ne fussent point le fait de la mauvaise prononciation de l'anag-
nostes, mais de Tignorance des compositeurs ; en tous cas, la
dictée est toujours manifeste. •
Voici résumés, mon cher ami, les résultats auxquels je
suis parvenu dans cette lettre : 1° les deux éditions de la
Bible de 42 lignes attribuées à Ulric Zel sont imprimées
avec le caractère de Conrad Winters de Homborch ; 2* elles
ne sont pas successives, mais synchroniques.
Ont-elles été imprimées, comme je Tavance dans la seconde
série de mes lettres, chez les Frères de la Vie Commune de
Weidenbach?
Rien ne s*y oppose. Elles sont d'une date fort antérieure
à rimpression du Sermones aurei; en effet, dans ces Bibles on
ne constate que deux espèces de caractères : bas de casse et
initiales majuscules. Dans le Sermones aurei on a employé
pour imprimer les titres, presque à chaque page, outre ces
deux caractères, de très-grandes lettres dont la force de
corps défas|p 25 points typographiques. Il est donc infini-
• ment probable que les Bibles ont été imprimées avant que
ces grandes lettres ne fussent gravées et fondues. De plus,
le Sermones a des signatures et est daté de 1840. L'énorme
ressemblance du caractère de Homborch et de celui d'Ulric
Zel autorise à les regarder Tun et l'autre comme Touvrage
de la même main. Sans doute Homborch, en quittant le
monastère de Weidenbach, en emporta la fonte qui avait
servi à Timprcssion des Bibles et lui ajouta le caractère de
25 points du Sermones aurei.
Je finis cette lettre en vous priant, mon cher ami, de ne pas oublier, dans le jugement que vous porterez sur les conséquences que je déduis de la comparaison des deux éditions de cette Bible de 42 lignes, que je n'ai pu comparer que les Nouveaux Testaments ; mais il me semble très-probable que les deux Bibles entières, comparées Tune à Vautre, justifieraient les mêmes conclusions.
Votre Ami.