TRENTE-SIXIÈME LETTRE
LE PAPYRUS
Mon cher Ami,
Je consacrerai cette lettre à vous montrer les traces de l'emploi du papyrus de siècle en siècle. De même que les explorateurs du Nil sont partis des embouchures du fleuve si facilement accessibles pour remonter son cours vers ses sources encore à peine connues de nos jours, de même je vous signalerai d'abord l'emploi du papyrus dans les temps les plus rapprochés, puis je remonterai le cours des siècles aussi haut que me le permettront les faits constatés et leurs conséquences logiques.
Le savant commentateur d'Homère, l'archevêque de Thessalonique, Eustathe, qui vivait encore vers la fin du XII* siècle, nous dit, à propos d'un vers du XXI* livre de \^ Odyssée, ce que je traduis ainsi : « Vous savez qu'avec le » byblos d'Egypte et avec d'autres papyrus, on fabriquait les » rouleaux de papier à écrire. Plus tard, on leur donna le nom » vulgaire qui rappelle qu'ils proviennent d'un arbrisseau. » On a depuis peu abandonné cettt ^sibrication. »
C^est là un témoignage positif : remploi du papyrus et le XII* siècle ont fini ensemble : telle est la limite inférieure du règne du papyrus. Dom de Vaines dit donc avec raison que le papier d^Egypte rendroit fsicj faux un acte daté du xm® siècle et légitimement suspect un du xii* (i).