VIII* SIÈCLE
On conservait aux archives de Saint-Denis un manuscrit sur papyrus de ce siècle. Montfaucon Ta signalé : « C*est, dit -il, » un grand rouleau qui contient une lettre d'un empereur de » Constantinople à un roi de France. Comme une feuille de » papier d'Egypte si longue et si fragile dépérissait tous les » jours, les religieux s'avisèrent enfin, il y a fort longtemps, » de la coller sur un rouleau de parchemin ; mais une grande » partie de la lettre avait déjà péri, tout le commencement y » manque ; de plus, il est sauté des deux côtés plusieurs mots » de chaque ligne ; de sorte qu'on ne peut presque plus qu'en » devinant savoir de quoi il s'agit. » C'était, suivant les conjectures très vraisemblables de Montfaucon, une lettre de Constantin Copronyme à Pépin. Elle est écrite en caractères grecs, à grands traits, et les lignes sont à près de trois pouces de l'une à l'autre. La signature de Constantin est en lettres rouges, tracées avec du cinabre. Dans ce viii® siècle, on trouve à peine une charte carlovingienne qui soit écrite sur papyrus que le parchemin remplace. C'est que dans le siècle précédent, les Arabes avaient conquis l'Egypte dont l'industrie dut subir une violente interruption.
vil® SIÈCLE
L'auteur intéressant des Voyages Hïstoriques et Littéraires en Italie, Valéry, a pu admirer dans le trésor de Monza un célèbre papyrus que le chanoine Frisi appelle, dans son enthousiasme, le véritable roi des papyrus. C'est une liste des noms des martyrs dont les corps reposaient à Rome du temps
de saint Grégoire le Grand. Cette liste accompagnait les huiles saintes, olea sancta, que le pape envoyait à Théodelinde, reine des Lombards. Voici quelques-uns des noms de cette liste, avec les fautes singulières du latin du vu* siècle :
Sanctae Sophiae cum très fîlias suas.
Sanctae Felicitatis cum septem filios sucs.
Sanctae Petronillae filiae S. Pétri apostholi. Sanctus lason et alii sancti multa millia.
Quoique la liste ait d^abord donné le nom de sainte Sophie avec ses trois filles, on lit plus loin :
Sanctae Sapientiae.
Sanctae Spei.
Sanctae Fidis.
Sanctae Cari ta ti s.
c'est-à-dire sainte Sagesse avec ses filles, l'Espérance, la Foi, la Charité. N'est -il pas permis de voir dans cette filiation une ingénieuse allégorie qui nous apprend que la sagesse consiste à croire, à espérer, à aimer?
On peut lire cette liste, accompagnée d'une savante dissertation latine de Muratori dans le tome second des Anecdota Ambrosianae bibliothecae. Milan, 1698.