IV* SIÈCLE
On déposa en 1564 dans un caveau du trésor de la basilique de Saint-Marc, à Venise, un exemplaire sur papyrus de l'évangile de saint Marc. L'écriture en était encore lisible ; mais moins d'un siècle et demi plus tard, quand Montfaucon l'examina, il n'y put pas lire deux mots de suite. Valéry le vit à son tour, il y a une soixantaine d'années, et le trouva presque réduit en poussière. On a prétendu que c'était l'autographe de l'évangéliste ; mais Montféiucon l'attribue au iv* siècle et le regarde comme le plus ancien manuscrit connu ; on n'avait pas alors découvert les hypogées d'Egypte. C'était encore un véritable livre, codex quadratus, dit le père Lelong, dans sa Bihliotheca sacra. Etait-il en grec ou en latin ? Montfaucon y a distingué dès D et des R, et non des A et des P, ce qui tranche la question. Vous savez que des quatre évangiles, qui ne sont pas très longs, celui de saint Marc est le plus court ; vous comprenez ainsi comment on a pu et dû l'encadrer sous verre.
m* SIÈCLE
Des papyrus de ce siècle, conservés jusqu'à nos jours, ne prouveraient pas mieux son emploi dans ces temps reculés que le propos fanfaron de Firmus, dont je vous ai donné, je l'espère, la véritable interprétation dans ma troisième lettre. Ce marchand qui, enrichi par le commerce immense qu'il faisait à l'aide de ses navires, qui, devenu l'allié, le vengeur de la reine de Palmyre, Zénobie, se para de la pourpre impériale et s'empara d'Alexandrie, se ventait publiquement de pouvoir nourrir une armée du produit des papeteries qu'il y possédait. Il alla jusqu'à intercepter le tribut que l'Eg^-pte payait aux Romains et dont le papyrus faisait partie. Aurélien le fit mettre en croix, en 273.