V® SIÈCLE
Ce siècle nous offre aussi un véritable livre, écrit sur papyrus, qui, suivant Montfaucon, est sans doute unique à cause de la parfaite conservation de ses feuilles. Ce sont les épîtres de saint Augustin, dont une partie seulement se trouve dans le manuscrit dont ce savant enrichit là bibliothèque de Saint -Germain -des -Prés. Afin de mieux conserver les fragiles feuillets de papyrus, le livre est interfolié de distance en distance par des feuillets de vélin sur lesquels le texte est continué. Ce manuscrit passe pour être contemporain de saint Augustin, mort en 430. Entre les pages 218 et 219 du troisième volume du supplément de V Antiquité expliquée, Montfeucon offre au lecteur le recto et le verso d*un feuillet de ce précieux livre. On y constate aisément que les fibres du papyrus sont perpendiculaires les unes aux autres, horizontales sur le recto, verticales sur le verso.
Le catalogue des manuscrits égyptiens du Louvre, par Devéria, page 234, indique un fragment de lexique grec et latin que Tégyptologue Peyron attribue au v® ou vi® siècle. Le grec est écrit en lettres latines. On conjecture que ce sont des notes prises par un soldat romain pour aider sa mémoire à retenir les mots grecs les plus utiles. Le papyrus était donc à la portée d'un pauvre légionnaire.
On peut voir à la bibliothèque du Vatican une belle salle tapissée, pour ainsi dire, d'antiques papyrus. Ce sont des actes de donations faites en faveur de l'église, et tous des v® et VI® siècles. La paléographie Panckoucke donne un fac-similé d'un fragment de ces chartes de l'an 444. Saint Jérôme, qui
mourut en 420, écrivait à des correspondants négligents : « J'aime à croire que vous ne manquez pas de papyrus, » puisque l'Egypte en fournit toujours au commerce. »