‹ Lettres d'un bibliographe [J.P.A. Madden]Chapitre 61 sur 83 · I®' SIÈCLE · texte numérisé non relu

I®' SIÈCLE

L'Egypte exceptée, on n'a trouvé nulle part autant de papyrus qu'à Herculanum. Vous vous rappelez que, le 24 août 79, elle fut ensevelie sous la lave que vomissait le Vésuve et que pendant dix-sept siècles elle demeura oubliée sous son épais et lourd linceul. Quand le hasard et la curiosité des savants les firent pénétrer sous ces ruines séculaires, les ouvriers y trouvèrent des centaines de rouleaux de papyrus qu'ils prirent dans leur ignorance pour autant de morceaux de bois carbonisés qu'ils enlevèrent pour les brûler. On remarqua cependant qu'il s'en détachait des fragments sur lesquels on distinguait des caractères grecs ou latins. A partir de ce moment, on mit en œuvre tous les moyens quô suggéraient l'avide espoir de découvertes importantes et le génie inventif des savants. A force de science et de patience, on déroula des centaines de ces volumina^ de ces xvÀcv^poe. Vous pouvez voir et étudier de nombreux fac-similés de ces

papyrus lithc^raphiés dans l'ouvrage en deux volumes in-octavo, publiés à Oxford en 1824 et 1825. Sur près de trois cents colonnes ou pages qu'ils contiennent, Je n'en Tois pas une seule qui soit entière et intacte. Ces colonnes appartiennent presque toutes à des ouvrages du philosophe épicurien Philodème, qui vivait vers le milieu du i" siècle avant l'ère chrétienne. Voilà pourquoi j'attribue ces papyrus au 1" siècle de notre ère; quelques-uns peuvent appartenir au siècle précédent : ils forment ainsi une transition naturelle entre les siècles postérieurs à l'ère chrétienne et les siècles antérieurs dans lesquels je vais maintenant vous introduire.

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