‹ Lettres d'un catholiqueChapitre 1 sur 20 · ÉVÊQUE D'HÉBRON VICAIRE APOSTOLIQUE DE GENÈVE · texte numérisé non relu

ÉVÊQUE D'HÉBRON VICAIRE APOSTOLIQUE DE GENÈVE

MoySElGNEUR,

Lorsque je me suis décidé à 'publier cette seconde série de mes Lettres, votre nom s'est tout d'abord présenté ci mon esprit, et fai formé le projet de vous dédier mon livre comme à mon véritable capitaine et chef d'école.

vj DÉDICACE.

J'ai, depuis plus de vingt ans, éprouvé cette joie trcs-vive de pouvoir me dire, toutes les fois que je vous ai entendu : « Voici ko « plus exacte expression de mes propres pen- « sées. Ce sont là mes aspirations les plus « profondes et mes vœux les plus intimes. »

Mais, à ces pensées qui nous sont communes, vous savez donner, Monseigneur, une forme éclatante et parfaite. Vous les levêtez du splendide manteau de votre éloquence et de votre poésie. Ce qui nest chez moi quun balbutiement et une ébauche, devient chez vous un langage puissant et une œuvre d'art achevée.

Deux amours, deux passions se partagent votre cœur qui est si large et si haut. C'est un dévouement sans bornes à ce siège de saint Pierre dont vous avez virilement défendu tous les droits; et c'est aussi une passion très-vive pour le temps oii nous vivons, pour tous les déshérités de ce

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siècle et pour tant cVégarés que vous voulez ramener aux bras de Jésus-Christ.

Jamais éve'gue de la sainte Eglise ne fut plus profondément « romain », et jamais évéque rCa peut-être osé de plus admirables hardiesses pour la réconciliation de ces classes sociales qui sont aujourd'hui divisées 'par les haines les plus sauvages.

Devant des auditoires aristocratiques où se pressaient les héritiers des plus grands noms de la terre, vous n'avez p)o.s craint de rappeler aux riches et aux 2^'^issants les grands devoirs que leurs aïeux du XV IW siècle avaient foulés aux pieds et dont ils se sont montrés eux-mêmes trop souvent oublieux.

Vous nêtes pas de ceux qui croient que V Eglise est vaincue et que sa mission s'achèveroy demain au milieu des redoutables cataclysmes du dernier jour. Vous nêtes pas de ceux qui croient que la fécondité de l'Evangile est épuisée et que le Verbe de Dieu

viij DÉDICACE.

ne pourra jamais s'adapter à un autre ordre de choses^ à une autre constitution sociale.

Non ^ non ^ Monseigneur, V inépuisable Evangile ne saurait être épuisé. Car il se résume en ce mot: « Sacrifice », et, si les puissants de ce monde voulaient comprendre et appliquer la loi du sacrifice chrétien, le problème social serait résolu dans la liberté., dans la concorde et dans la paix.

Toutes vos pensées, tous vos vœux sont admirablement résumés dans cette Lettre pastorale du 22 février dernier^ où vous saluez avec tant d'amour et tant cV espérance Vavénement jjrovidentiel de Léon XLII. Vous y proclamez « que le tombeau de Pie IX sera (( le portique de l'ordre social chrétien. » Et, vous adressant soudain au pape heureusement régnant, vous lui dites « quil « sera peut-être appelé à baptiser la démo- « cratie, cette héroïne sauvage; qu'' il édifiera « peut-être la chrétienté nouvelle ; qu'il

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