‹ Lettres d'un catholiqueChapitre 2 sur 20 · DEDICACE · texte numérisé non relu

DEDICACE

« disciplinera les aspirations populaires et « fera le signe de la croix sur les sociétés « contemporaines. »

Je munis, du plus profond de mon cœur, à tous ces souhaits d'hier qui deviendront peut-être les réalités de demain.

Les yeux tournés vers Rome^fy salue avec vous r Infaillibilité victorieuse ; les yeux tournés vers Vavenir, fy désire voir comme vous r apaisement social conquis en Jésus- Christ par Vamour mutuel des grands qui se dévoueront et des petits qui répondront à ce dévouement.

Plaise à Votre Grandeur d'' accepter l'hommage d'une œuvre où- sont imparfaitement exprimées les idées qui lui sont chères.

Et veuillez bénir ^ Monseigneur, celui qui aime ci se redire ici le plus humble de ses disciples et le plus fidèle de ses admirateurs.

Léon Gavtieu.

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LES IIEVOIHS DE'LHEIRE PRESEM'E

LES DEVOIRS DE LHtURE PRESENTE

A UN JEUNE HOMMIC

Vous m'écrivez une lettre véritablement lugubre, et d'où la jeunesse est absente. Vous éies découragé, mon ami ; donc, vous n'êtes pas jeune. Éclia}>pe.^, si vous le pouvez, à la j»uissante étreinte de ce raisonnement. J'ose vous en défier.

Quoi qu'il en soit, les élections dernières vous ont tourné la tète : « J'appartiens, me « dites-vous, à la race des vaincus. Je suis un « vaincu. » Et vous me laites un commentaire animé du Vœ viclis, lequel, dans votre lettre

1 I.KS DEVOIIIS Iti: L HEUIŒ l'UKSliM L.

iléscspûréc, irocciipe pas moins de trois vastes pni>es : « Bah ! vous écriez-vous, les catlioliques u n'ont plus désormais (ju'ii se croiser les bras u dans les ténèbres. Quant à moi, je donne « ma démission d'homme actif. Le décourage- « ment morne ou, tout au ])lus, la résignation (' calme, voilà ce (jui convient à ma vie amoiii- « drie. » Méchant langage, et que vous ne j»ensez pas. Est-ce qu'il y a jamais eu des vaincus âgés de vingt ans ? Est-ce (jue le printemps s'est jamais permis de désespérer? C'est un droit que rantomne n'a même pas chez nous. Surt/e, âge. Laissez-moi finir la citation en la modifiant légèrement et vous dire, puisque les chrétiens croient à l'origine divine de l'homme, nate Deo.

Je n'ai pas l'honneur d'être un homme politique et tiens seulement à vous prouver, mon jeune et trop nerveux ami, qu'en dehors de la jtolitique, où il n'y a jamais eu rien de décisif ni d'irréparable, il reste encore aux catholiques un champ d'action immense et qu'ils ne dojveiil point déserter, lu champ d'action ! je

LES OEVOIRS DR I. IlErRK PRESENTE. i>

nie trompe : ils en ont dix, ils en ont vingt, ils en ont cent. Allons, allons : que le feu remonte dans vos regards ; que la vie circule de nouveau sur ce visage éteint. 11 y a trop longtemps que vous êtes assis : debout !

L'Église, loul d'ahord, a besoin de vous pour la cbarité. N'allez pas vous former, à ce sujet, des idées ])anales. 11 ne s'agit plus, mon ami, de jeter quelque aumône « dans le sein des malheureux; » il ne s'agit plus de remplir le rôle lionorable, mais désormais vulgaire on stérile, de ces excellents jeunes gens que j'admire, que je respecte, et que néanmoins j'ap- |)elleral « les comparses de la charité. )) 11 est Irès-beau d'être commissaire d'un roneerl de charité, de porter à la boutonnièi"e une jolie rosette bleue et blanche et de conduire, d'un bras charitable, les douairières à leur fauteuil d'orchestre. Et je n'admire pas moins vivement ces chevaliers des dames quêteuses qui, à

C LES DEVOIRS DE l'hEURE PRÉSENTE.

la porte d'une éi^Iise, gantés de frais, cliarniants, corrects, prononcent d'une voix si émouvante le « pour les pauvres, sMl vous plaît ! » qui perce Jes cœurs les plus endurcis et remplit les boui'ses les plus vides. Voilà qui est vraiment très-louable, et je le dis fort sérieusement. Mais, mon ami, ce ne sont là que les moindres offices de la charité, et il vous faut aujourd'hui, chers escaladeurs de mansardes, il vous faut d'autres vaillances. Nous n'avions affaire jadis qu'aux épouvantements de la misère ; mais aujourd'hui, ce que nous trouvons devant nous, c'est la haine, farouche, irréconciliable, mortelle. Il y a des pauvres, hélas ! qui détestent assez la vérité pour préférer la mort la plus horrible et la plus délaissée aux secours que leur apportent les amis de la vérité. Le nom de saint Vincent de Paul ne les désarme pas ; le nom de Jésus-Christ ne fait ])lus battre leurs cœurs. Ils se retournent sur leur lit de douleur et ne veulent pas voir les jeunes libérateurs qui, comme vous, leur apportent le pain qui nourrit le corps et Jésus-Christ qui nourrit l'àme. Lu

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