‹ Lettres d'un émigrant ou Voyage au Canada [microforme]Chapitre 1 sur 29 · BA: EN · texte numérisé non relu

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Je dirai à mes futurs visiteurs, afin de leur épargner un voyage inutile : Ceux dont j'approuverais le départ pour le Canada, ce sont les cultivateurs ayant une nombreuse famille ei possédant pour le moins un capital de 3,000 francs, dont ils auront besoin pour leur installation, comme ils le verront plus loin dans mes lettres.

Quant aux célibataires, je ne leur conseille pas de partir s'ils ne peuvent disposer d’une somme de 500 à 600 francs, et s’il ne se sentent pas les forces, le courase et les aptitudes nécessaires pour s'engager comme ouvriers chez l’un ou l’autre fermier.

On ne doit donc, dans aucun cas, compter sur des avances de ma part : cela n'entre pas dans mes intentions et n'est pas d'ailleurs dans mes moyens.

Bruxelles, 12 février 1883.

G. VEKEMAN.

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Lévis, (Québec,) 4 septembre 1882.

Mon cher directeur,

Je viens d'arriver à Québec, et, selor ma promesse, je vous envoie une relation succincte de mon voyage.

Comme je vous l'ai dit en partant, j'ai l'espoir de former au Canada une colonie belge; mais, n'étant l'agent d'aucune compagnie ni d'aucun gouvernement, je ne dirai jamais à mes compatriotes : Quittez votre pays pour aller vous établir dans telle ou telle contrée. Je vous ferai connaître la vérité, au sujet de la Terre promise, et si je trouve qu'on ne gagne pas au change, je dirai franchement, surtout aux cultivateurs : Restez où vous êtes ; ne quittez pas le certain pour l'incertain. |

Quoi qu'il arrive, mon voyage ne sera pas sans utilité pour vos lecteurs et tout particulièrement pour les campagnards.

Je me suis embarqué à Anvers avec ma famille, le 49 août passé, à bord du Wakefield, espèce de steameromnibus qui charge un peu de tout : des émigrants et

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