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Nous arrivons.
M. le curé, persuadé que nous avions traversé le lac pour arriver plus vite à Channay, était parti depuis quelques heures, Fort heureusement, sa vaillante cuisinière était à son poste. Nous pûmes nous restaurer complètement, pendant que notre cheval trouvait bonne litière et ratelier bien fourni.
Le voyage s'acheva sans accidents; mais le vent du nord nous envoyait parfois une neige fine et glacée qui s'attachait à notre barbe et nous transformait en « Papas l'Hiver » du plus beau modèle.
L'obscurité était complète, lorsque nous arrivâmes à Channay.
Nous étions superbes! Tout blancs, tout glacés... extérieurement, bien entendu, mais plus gais que jamais.
Le souper nous fut servi à la Campe, c'est-à-dire, dans la cabane en troncs d'arbres des défricheurs. Jamais les plats traditionnels, la soupe aux pois et les fèves au lard ne parurent plus succulents; après cela une bonne galette au sirop d'érable, une tasse de thé bien chaud et, pour terminer la soirée, la gaie veillée dans le salon-magusincuisine-dortoir provisoire du bon M. Bécigneul.
C'est dans cette place que sera célébrée le lendemain, Fête de l'Immaculée Conception, le Saint Sacrifice de la messe. Tout en causant, nous séchons nos fourrures qui doivent, pendant la nuit, nous servir de matelas, de couvertures et d'oreillers. C'est M. Noël qui est chargé de faire nos lits. Il s'en tire admirablement. Vers minuï’ je m'endors, les pieds au feu, la tête sur une peau d'ours, chaudement couvert d’une couple de peaux de bisons.
Cinq heures sonnent. On frappe à la porte; ce sont des colons qui viennent se confesser. Ils profitent de la
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