‹ Lettres d'un émigrant ou Voyage au Canada [microforme]Chapitre 21 sur 29 · LE SOL · texte numérisé non relu

LE SOL

La richesse de cette terre noire et profonde du Manitoba est ce qui attire principale- ant l'attention des agriculteurs. Elle semble être formée d'un terrain argileux ou d’alluvion reposant sur un fond d'argile compacte que certains écrivains appellent lacustre.

La profondeur de cette couche de terre noire varie entre un et quatre pieds. Dans des excavations pratiquées sur le bord de certaines rivières on a même trouvé qu'elle atteignait douze à quatorze pieds. Des analv chimiques de ce terrain ont été faites en Allemagne et en Ecosse et ces procédés scientifiques ont établi (ce qui a été universellement reconnu,) que le sol du Manitoba est un des plus riches du monde et le plus proprice à la culture du blé. Les analyses qui ont eu lieu à Berlin et à Edimbourg ont démontré que la terre était principalement riche en nitrogène et en chaux. On ne se sert d'aucun engrais, et pendant plusieurs années consécutives on a récolté du blé sur le mème terrain sans qu'il se donnât aucun signe d'épuisement. Il est réservé à l'avenir de décider si plus tard il faudra fumer les terres; mais cette précaution est certainement inutile, pour les premières années de l'ensemencement des prairies.

Cette grande richesse incontestable du sol des prairies s'explique par le fait que les déchets des oiseaux et des animaux, les cenères provenant des incendies et la décomposition des végétaux se sont accumulés sur ces terrains depuis les âges les plus reculés et ont été recueillis par un sol à base argileuse. C'est cette grande richesse accumulée dans le sein de la terre qui doit surtout attirer les cultivateurs qui, en Europe, sont

obligés de recourir à des procédés ruineux pour faire produire quelque chose à des terrains épuisés.

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