ÉLEVAGE DES ANIMAUX
Tous ceux qui ont pu admirer les immenses prairies qui se déroulent à perte de vue dans les territoires de l'Ouest s'accordent à dire que c’est le pays où l'élevage des animaux peut se faire avec le plus de succès et le : moins de frais. De bonne heure, au printemps, les troupeaux quittent l'étable pour se répandre dans la plaine où croissent, en grande variété, les hautes et grasses herbes. (Il en a été exposé, à Ottawa, près de 20 échantillons.) Et durant la belle saison, c’est-à-dire du 15 juillet au 45 septembre, le cultivateur coupe le foin dont il a besoin pour l'hiver, sans avoir rien à débourser.
A l'automne, les animaux sont dans la meilleure condition possible, et la saine température de la froide saison favorise aussi leur développement.
j Jusqu'ici l'on a trop négligé ce genre d'industrie, qui
j assure un bénéfice considérable. Des milliers d'animaux
| — chevaux, bestiaux, (1) moutons, cochons — sont
expédiés chaque année des Etats voisins de la république,
et il faut que le commerce soit bien lucratif pour quil y
ait profit à envoyer de nombreux troupeaux, du Montana
par exemple. Un Canadien Français, M. J. Demers, qui
habite ce territoire américain, en a amené plus de 1,500 au Manitoba, et il y trouvait son compte.
À ce propos, les directeurs de la Société d'agriculture provinciale disaient dans l’un de leurs rapports :
« Il serait fort à désirer que l'on s occupât davantage de l'élève des bêtes à cornes, cochons, moutons, vu que les besoins des nouveaux colons, les parties d'explorateurs, d’arpenteurs et autres, au service du gouvernement, la police du Nord-Ouest, devront rendre le marché local très profitable durant plusieurs années. »
« Les prairies, dit Mgr Taché, ont de quoi nourrir un nombre infini de bestiaux, non seulement à cause de leur étendue, mais aussi par la nature même e la richesse de leurs produits, qui valent les meilleurs prés de trèfle.
» Les animaux de boucherie s'engraissent dans les prairies naturelles sans aucun . ‘cours; et quand l'animal est dans les conditions de santé, il atteint assez rapidement un état qui le rend digne des meilleurs marchés. »
Le vicomte Milton et le Dr W. Chealde, qui ont traversé les Montagnes Rocheuses, disent aussi dans leur ouvrage, publié en 1866 :
«Nous avons lâché nos chevaux, au début de l'hiver, à la Belle Prairie (2). Bien qu'ils eussent été fort maigres
(1) Le bœuf domestique a été importé en 1895, et le mouton — qui n’a jamais éte attaqué par aucune maladie — cn 1833. (2) Belle Prairie est située près de la rivière aux Coquilles, à l'ouest.
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quand la neige avait commencé à tomber, ils étaient devenus de vraies boules de graisse. La pâture est si nourrissante, que mème en hiver, où ils ont à chercher leur nourriture sous la neige, les añimaux engraissent rapidement, pourvu qu’ils trouvent des bois où s’abriter contre les rigueurs de la température.
« Les vaches laitières et les bœufs de trait, près de la Rivière-Rouge, sont dans une condition presque aussi belle que celle du bétail nourri dans les étables et amené à l'exposition de Baker Street. »
Le gouvernement afferme des terres à foin de 4U acres, ainsi que des pâturages, pour faciliter, sans doute, l'élève des animaux — exploitation qui deviendra bientôt une des plus importantes.
Qui a foin, a pain dit le proverbe. Ce n'est pas seulement du pain, mais aussi de la viande, du lait, de la laine et du travail.
Le rendement du foin est de 3, 4 et 5 tonnes l'acre.