livre, et ce qu Jamais, elle a del elle gloire pou
— Je vais combattre pour renverser les barrières qui séparent les peuples, et les empêchent de s’embrasser comme des fils du même père, desinés à vivre unis dans un même amour.
— Que tes armes soient bénies, jeune soldat. Jeune soldat, où vas-tu ?
— Je ‘us combattre pour affranchir la tyrannie de l’homme, la pensée, k parole, la conscience.
— Que tes armes soient bénies, jeune soldat. Jeune soldat, où vas-tu ?
— Je vais combattre pour les lois éternelles descendues d’en haut, poui h justice qui protège les droits, pour la charité qui adoucit les maux inévitables.
— Que tes armes soient bénies, jeune soldat. Jeune soldat, où vas-tu ? — Je vais combattre pour que tous aient au ciel un Dieu, et une patrie
Le.
Pidat, où vas-tu 2] se des peuples,
Idat, où Vas-tu ?!
FlON, pour briser sur la terre. |
— “ Que tes armes soient bénies, sept fois bénies, jeune soldat.” (1)
Nous allons ces jours-ci changer de logement. Notre habitation ne sera pas plus éloignée de Saint-Jean Chrysostome. Nous allons, suivant toute vraisemblance, demeurer dans la maison du voisin.
Je ne t'ai pas parlé de tes vers. Ils seraient sans défaut s’ils ne péchaient J'ai invoqué ma muse pour te
Idat, où vas-tu > ceux qu'ils renesclaves, contre
dat, où vas-tu ?
ie de quelquesqui fléchissent.
dat, où vas-tu ?
lus le jour où ù elles le pres-
pas contre les règles de la versification.
répondre, mais ma muse a les allures trop libres, et je l'ai envoyée se pro-
mener au balai ! | Un mot d'H**, J'ai beaucoup ri, lorsque j'ai iu surle ÆZera/d la me-
ite à À cri les cinquante nace qu’on a faite à H**, Dans une lettre écrite au nom des ]
bolicemen disgraciés, on a envoyé au conseiller sa bière, avec ta promesse e it bientô jeux s ilest.
qu'il serait bientôt dedans, comme un vieux sacripant qu | As-tu remarqué le décès du jeune D** ? Certainement. La mort se Elle a enlevé aussi hier un de mes élèves. Elle en
lat, où Vas-tu ?
En voyant sa > Pour que Ja viendra point.
at, Où vas-tu ?
fruit de son ent du pain, € qui en res-
promène fièrement.
menace un autre. 2 a Nous offrons nos condoléances à M. et Mme P** sur le mauvais é
de leur santé. Bien des saluts et des compliments. Je suis à la veille
d'utiliser ma graine de tabac de M. B**. J'aurai, je pense, un bon morir c'acrcré Fa ceau de terre. M. B** doit être heureux de voir s’accréditer sur les jour
naux la réputation du tabac de la Havane. N ‘oublie pas que je suis plus
Où vas-tu? déterminé chevalier que jama's, Je me refais, je me parfume de toutes
* Jemais dé- les façons, j'ai la tête comme une statue de perruquier. Si je pouvais me remettre dans le monde, je le ferais. Ton ami très affectueux...
> OÙ vas-tu ?
POur rame-
(1) Lamennais.
OÙ vas-tu ?
DU Ge NET PAS PANNE ATP ES
Saint-Louis de Gonzague, 18 avril 1854
fin) |
FE courue vingt fois, et j'en dévore encure le contenu avec avidité. ÿ I] faut un peu te réveiller avec des paroles énergiques et même des apostrophes rudes au besoin, pour que tu ne tardes pas à satisfaire mes vœux impatients, car tu as le cœur que j’exige d’un ami, et tu deviens si ravissant qu’on n’a jamais regret de t'avoir pressé un peu. Tu nous as fait part d’une foule de nouvelles qui unt piqué plus que jamais notre attent:on, particulièrement ta mère en ce qui corcerne M. G**. L’ofire séduisante qu'on lui fait l’a pénétré d'une vive reconnaissance. Cependant, comme tu €5 bien dans le cas de t'y attendre, elle ne pense nullement : accepter. Elle se trouve assez heurcuse de sa situation présente pour ne pas désirer un changement qui serait déjà pénible par ceia même que ce serait un changement. Du reste, tu connais se- dispositions mieux que personne. Comment consentirait-elle à abandonner une entreprise qui a fait le sujet de ses conversations depuis plusieurs mois * Où iraient les démarches qu'elle a faite pour se procurer les capitaux. et ies travaux déjà avancés et les espérances plus fondées que jamais ? 1j n’en faut pas parler.
J'ai hâte d'en finir avec ton septante fois sept fois creux G** S**, Tu lui diras que ses engagements me viennent trop obliquement, et que d’ailleurs je l'ai envoyé se promcter avec toute sa famille et toutes ses dépendances, avant la fin du mois de janvier. Ne lui parle jamais de moi autrement. De: corps sans âme comme G**, on en a toujours trop sur les bras. Je te conf:55e franchement que si je n'étais pas relevé par la pensée que j'ai un véritable ami et quelques êtres bienveillants qui consentent à m'accorder de temps en temps un souvenir, je ne sais où j'en viendrais : je me demanderais pouiquoi je suis sorti d’un néart pour entrer dans un autre néant où je suis tout à fait étranger. Je suis enclin au pyrrhonisme (1) et avec raison. Quoi donc ? je n'ai rien reçu de “x dont j'avais tout droit d'attendre des marques d'amitié et de sympathie ! Je n’ai rien reçu de Montréal, rien de mes amis du collège, rien de mes parerts. Cela prête à de’tristés réflexions lorsqu'on n’a pas d'autre ressource pour vivre sociablement. Fu reçois peu dé chose toi-même, il semble que nous tirons les mêmes billets de l’urne du destin. Ne te plains pas pourtant, parce que tes désirs à toi sont assez comblés.
à (, GA CHER AMI.—-J'ai ici ta lettre devant mes yeux. Je l'ai par- IN
(1) Doute universel.
mes ennuls avec lesqu
vantage, P
‘ Care m'a ONETT
Jene P
L plis que snvide, P!
Grec à ou!
aller prend un petit 8€ d'après-mid wtion m’ contempie Je suis EN plus loin:
qui détruit Je suis tén coup de 24 beaucoup ( Je finis co ger le vent une petite quent ; j'a pas le sou cherche à réalisés. ” aimables, paroisse € Tu m'a table dan viens pré J'avais u pour cro les parol commen me sont demi foi sède tot Tun
dans ce
18 avril 1854
X Je l'ai par- Au avec avidité, giques et même à satisfaire nes u deviens si ra- NS 5 fait part attent'on, parduisante qu’on conme tu 65 Ccepter. Elle pas désirer un rait un chanrsonne. Comit Je sujet de arches qu’elle vancés et les
D K* S*+*, Tu et que d’ails ses dépende moi autrop sur les ar la pensée onsentent à viendrais :
rer dans un honisme (1) S tout droit en reçu de Cela prête ivre sociatirons les parce que
Je ne puis assez admirer la sollicitude avec laquelle tu me consoles de mes ennuis. Tu me parles de tes excursions,tu me parles des personnes avec lesquelles tu as le bonheur de vivre. ‘Tu ne saurais me réjouir da-
| mntage, parce que je me transporte volontiers au milieu de la société qui
ma offert tant de charmes dans mes courts intervalles de liberté. Il n’y plis que ce petit monde de Russell-Townflat qui peuple aujourd’hui ma suvide, parce qu: Îe vis toujours en esprit avec vous, tandis que je m’efbre doubler le re5e. Encore ce soir, le croiras-tu ? je suis surti pour aller prendre Paus dans le champ qui fait face à ma demeure. J'y ai tracé un petit sentier que je suis géométriquement tous les jours après ma classe d'après-midi. C’est là que je me trouve bien, la philosophie et l'imagintion m'accempasnant. J'entends le chant des oiseaux printaniers, je, contempie la végétation naissante de quelques herbes à peine perceptibles. Je suis cn présence des ruines d'une vieille forêt, je vois des souches et jus loin ces arbres renversés par la main de l’homme, car c’est l’homme qui détruit et Dieu qui crée. J'entends les cris des badauds qui passent. Je suis témoin de beaucoup de contrastes. J'interroge tout, je fais beaü: coup de pourquoi ? Comme je fais les demandes et les réponses, il: y'a beaucoup de besogne. Enfin, que résulte-t-il de toutes mes méditations? Je finis constamment par me fatiguer de tout cela. J'aime mieux interroger le vent qui passe pour savoir s’il n'y a pas au-delà de quelques ‘lieues une petite aspiration vers moi. J'aime mieux lui confier un message éfol quent ; j'aime mieux lui demander ce qu’on dit et ce qu'on fait, s'il: n'est pas le souffle qui a produit une pensée. Puis je ramasse tout le passé;et je cherche à y accrocher un avenir composé des rêves les plus dignes d’être réalisés. Tu vois que souvent, sans y songer, toi et les personnesiles'plub aimables, le beau sexe spécialement, vous vous trouvez souvent dans: là paroisse de Saint-Louis. Ne vous en déplaise. lé so Tu m'as dit une injure très grave ## se, mais relativement assez'Suppovr table dans ta lettre. Tu m'as dit que je n'avais pas d’instinctv 1}: cânviens presque à propos du poisson que j'ai reçu, mais pas entigrethéft, J'avais un soupçon, comme tu as dû le voir, mais je n'étais pas assez barali pour croire à mon bonheur, et peu s’en faut que je n’en doute endorebrBi les paroles que j'ai lues sont sincères, comme je suis forcé dertelcroïrel (sar comment allier tant de perfidie avec une si candide amabilité), et:8 élles, me sont un garantie de fidélité, jamais aucune plainte ne ‘Bovtira té àl demi formulée de ma bouche. “ Omnium bonorum compos stm,z:(fepase
sède tous les biens.) ” in IST SL toi
Tu nous as attristés, lorsque tu nous as dit que tu ne: fjourrais [pas Men
dans ce moment-ci à Saint-Louis. Nous t'attendions samddi .deriieri "ff
72 LETTRES D'UN ÉTLIANUT
acheté un quartier de bœuf, deux douzaines d'œufs, deux pains, une livre de lard ; nous avions de quoi faire la pâque ensemble largement, si tu t'étais rendu à notre nouveau cénacle que nous étrennions justement ce jour-là. Aujourd’hui, mardi , il n’y a plus rien, et nous ne pouvons plus acheter autre chose que du lard et du hareng, il n'y a pas de beurre. Si tu viens, nous te chanterons des chansons, comme le rossignol au milan, ou bien ne viens pas pour manger. Je viens de te faire entendre que nous sommes sortis de notre élastique logement. Nous sommes à présent dans la maison du. bonhomme L**, Ce n'est rien de féérique, il n’y a pas pour trente sous de cristal dans notre nouveau séjour. Nous avons deux petites chambres avec la jouissance d’un grenier : une échelle est là pour prouver qu’on peut y monter en corps et en âme. Au moment où je te parle, il se trouve une niche à notre porte d’entrée surmontée de deux seaux et d’une terrine. Heureusement, j'y jouis de plusieurs avantages qui compensent les désagréments de la pauvreté. Et de plus nous sommes avec de braves gens avec lesquels je me délasse un peu parfois. Le vieux J** y est quasi pensionnaire et il sert à égayer la compagnie par ses originalités. C’est un homme qui au milieu de la plus grave question ou au sortir d’une lecture intéressante, quitte brusquemont le sujet pour parler de ses moutons ou des des rats qui mangent son grain. Là-dessus mille détails. Il en a pour toute une veillée à te parler des rats. Le vieux L** est quelquefois enragé contre lui. Il lui reproche sa loquacité importune. Ils se fâchent tous les deux, se disent des injures, et se séparent en riant. Voici une des meilleures farces du vieux J**. Un de ces derniers dimanches, il sortit de l’église, monta sur le billot où il fait l'office de crieur, et s'adressant à tous ceux : ‘ hâblent en ce moment-là à la porte : “ Citoyens et citoyennes, un des « « de la paroisse a perdu une poche. Si donc, vous avez trouvé une pocne, vous êtes prié d’en avertir sous peine d’excommunication.”
Les nouvelles commencent à devenir rares. Je suis stérile ce soir plus qu’à l'ordinaire. J'ai pourtant fait le vœux de toujours remplir mes quatre pages. Situ ne pouvais m'inspirer, tu ferais bien naître un sujet fécond. J'ai demandé à la mère ce qu’elle avait à dire. Elle te mande qu’elle t'embrasse bien à plusieurs reprises. Voilà tout ce que les mères ont à dire. Pauvre vieille ! elle dort paisiblement depuis une heure. Tou frère aussi est étendu sur un coffre. Demain matin, elle va me raconter ses songes, elle se sera encore trouvée avec toi comme il lui arrive chaque fois. Je l'ai mise dernièrement dans une grande inquiétude en lui faisant accroire que tu allais te marier cet été, d’après les communications que tu m'avais faites. A ce propos, tu apprendras avec curiosité que l’on m'a fait
: rettes, de
passer Avec u mes paré commen très peu renommé sujets de
La fin amitiés P hôtes.
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faire. D crirai tou Gonzague comme el Je me pro fidèle...
P.S; quelque c J'accepte trouve une
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t'exprimet roles éloq couler les ce chapiti saire de r faut que } lettre que parlé vin; être en
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ains, une livre rgement, si tu s justement ce : pouvons plus le beurre. Si tu | au milan, ou ndre que nous présent dans , il n'y a pas us avons deux le est là pour ment où je te ntée de deux avantages qui nous sommes is. Le vieux agnie par ses e question ou ijet pour par- . Là-dessus rats. Le vieux loquacité imèt se séparent Un de ces il fait l'office t-là à la pora perdu une d’en avertir
ce soir plus ir mes quaun sujet fée te mande e les mères heure. Tou be raconter ive chaque
lui faisant ons que tu on m'a fait
passer pour fiancé tout cet hiver. Je l'ai appris ces jours-ci. Et avec qui ? Avec une fillette que je n'ai vue que quelquefois, par occasion, chez mes parents, à qui j'ai adressé quelques paroles galantes, c'est vrai, au commencement, comme il convient à tout homme bien né, mais que j'ai très peu regardée depuis. Mon étonnement a été extrême. Telle est la renommée, telle elle se montre surtout dans un pays où l’on manque de sujets de conversation.
La fin de cette lettre est composée de choses que tu devines. Des amitiés pour tui, des protestations de respect et de dévouement pour tes hôtes. Les demoiselles attendent leur part. Tu es chevalier moins novice peut-être que moi. Tu auras le talent de leur conter mille fleu-
rettes, de leur faire sentir mille bouquets délicieux que je ne saurais
faire. Dis-leur que si je suis jamais à la tête du gouverrement, je proscrirai tous ces déshonneurs du beau sexe qui remplissent Saint-Louis de Gonzague et que je ne donnerai la permission de vivre qu’à celles qui, comme elles, remplissent si noblement leur suave et enivrante mission. Je me promets d’en faire jeter un bon nombre à l’eau. Ton ami très fidèle...
P. S. — Je t'envoie encore la Rwche et un Moniteur où il se trouve quelque chose de Victor Hugo aussi remarquable que d'ordinaire. J'accepte Cobbet avec plaisir. Je t’enverrai aussi un Æera/d où il se trouve une jolie nouvelle ; je te le donnerai quand tu viendras.
Saint-Louis de Gonzague, 4 mai 18654.
LNATE
sation, j'ai fait des sfeps /
Tuan’as coupé la parole dans ta dernière lettre. Je voulais t'exprimer mes regrets et les ennuis de ma solitude d'aujourd'hui. T'es paroles éloquentes sont venues frapper mon oreille. J'ai été entendu, j'aivu couler les larmes de ta mère, je n’ai plus rien à dire, je vais me taire sur ce chapitre. Un sentiment se sent plusieurs fois, mais il n’est pas néces saire de répéter son langage. Mais pour t'entretenir d'autre chose, il faut que je te parle gaîment, car je ne vois pas d'autre intérêt dans une lettre que les pleurs et le rire. De quoi donc te parler, dont je ne t'ai parlé vingt fois? Mon embarras est extrême ; la verve me viendra peutêtre en écrivant. Ecrivons mes pensées fugitives prises au vol.
Demain matin, cinquième jour du mois de mars de la présente année
Dauer, excuseras les barbeaux, l'encre maudite ! En compen-
1854, dans la paroisse de Saint-Louis de Gonzague, comté de Bea nois, district de Montréal, province du Canada, etc., je m'en vai curiosité doit être éveillée) chez un marchand en détail de la dite roisse pour changer de poil. Mon grand capot qui m'a donné tant; valeur dans l’occasion, mon grand capot qui a été le sujet des intrigi de tout un comté, qui m'a couvert de célébrité malgré moi, qui a fo des épigrammes à plus d’une vierge naïve des champs et à plus d' sultane satirique des cités, mon grand capot qui, en harmonie avec! barbe de marabout, me donnait l'aspect d’une prophète antique, m grand capot qui couvrait avec orgueil le patriarche de Saint-Louis, } civilisateur des temps modernes et le chevalier le plus déterminé qui jamais, mon grand capot est là, gisant comme une gloire éclipsée, il 4 céder ses honneurs et ses mérites à un superbe, élégant, féerique l'espère, et magique jack à la mode de l’année. Je vais me faire mang la première fois que je vais sortir. Ne le dis pas à personne, je veux fai de l'effet. Ce n’est pas tout, Je vais avoir un assortiment complet : veste, trois chemises, deux cravates, des s/ippers et un chapeau de ca tor ou de soie. Je t’en parlerai plus au long lorsque j'irai te voir. propos, je ne m'attends pas à ce que cela arrive prochainement. ‘Œ viendras peut-être avant que je me rende. Tu ne pourrais guère m'attel dre «: Ant le mois de juin, et peut-être pas au commencement, malgré mi bonne volonté. Viens toi-même si tu trouves plus de facilités que mg Saint-Louis est maintenant dans l’état le plus pittoresque, elle se paf comme une reine ou une fiancée : les fleurs, la verdure et toutes les pri
mices du printemps surgissent de son sol comme s’il était touché pal
une bag..2tte enchanteresse. Je me promenais encore ce soir sur rivage de notre modeste petite rivière, et je prenais plaisir à voir en dé tail cette multiplication infinie de l’œuvre divine. Je me suis assis st une roche aplatie qui paraissait m’inviter, et là, je voyais ces myriadei de petits êtres organiques s’agiter mollement au souffle de la brise q je respirais, et qu'ont respiré avant moi tant d’autres contemplateurs dont la vie avait été entrevue un moment par elles. Je me disais : il y
dans ce vent qui souffle en même temps que s'offre cet admirable spec q ps q P
tacle, toute l’histoire de la vie de la nature, toute l’histoire de l'humanité
et tout ce que nous connaissons de Dieu. Ce souffle qui opère toutes!
les métamorphoses de notre état physique, ce souffle qui nous fait vivre
et emporte nos lambeaux par parcelles lorsque nous ne sommes plusf
ce souffle qui, chargé des dépouilles de la mort depuis que la vie et l& mort existent, fait vivre avec elle, à chaque instant, de nouveaux mondes
des mondes inanimés, ornements de la nature, des mondes animés ; cel
CN
aufle q
ls conc gents à | pufle qu
k Dieu e ia doule aprimé td ipassé pe ar la bot fAlexand fAlexand jommes C4 ks mystèr wrte de r@ de m'en se pration, tq ptits insec mndés p uisté? I d'eux. Hé ufit pas e
reste, peu :
voulais te | Tu m'éc ne reçois attristé, je œux qui n fécond. L W** D** il va me b long pour de peine.
quand ils toujours | prendre u tête mon Tu nou C'est mal Tu aurais
comté de Bea c., je m'en vais tail de la dite m'a donné tant!
sujet des intrigi é moi, qui a fo ps et à plus d'il harmonie avec!
phète antique, mi de Saint-Louis, 4 s déterminé qui.
ire éclipsée, il !
légant, féerique, is me faire mang sonne, je veux fai nent complet : ul n chapeau de cd e j'irai te voir, ochainement. ‘% ais guère m'attel ement, malgré nf facilités que ma sque, elle se paf et toutes les pri
était touché pd
e ce soir sur Lisir à voir en dé e suis assis st
ais ces myriadei de la brise qui contemplateursi
e disais : il y
admirable speci
e de l'humanité
ui opère toutes nous fait vivre
sommes plus
e la vie et la
veaux mondes des animés ; cé
kufle qui fait dire à la vierge pure des paroles d'amour, qui fournit ks concerts aux oiseaux, des frémissements aux insectes, des roucouleents à la colombe, des gazouillements à l’hirondelle et au rossignol ; ce wufle qui prête une influence invincible à l’homme qui parle au nom k Dieu et du droit, a donné des accents au prophète, des gémissements ih douleur, des cris aux peuples qui marchent vers leur destinée, qui a aprimé tous les sentiments, toutes les pensées, qui a animé Moïse, qui ipassé par la Judée, par Babylone, par Ninive, par Illion, par Athènes, ur la bouche d'Homère et de Démosthène, qui a touché les cendres {Alexandre et les a dispersées, qui a emporté les ruines de Thèbes, fAlexandrie ; ce souffle dont Dieu lui-même s'est servi pour dire aux lmmes ce qu’ils devaient savoir de lui et d'eux-mêmes ; il contient tous ks mystères, il contient notre vie et notre néant ; je le respire avec une wrte de respect lorsque je suis au milieu d’une belle nature et j'ai hâte de m'en servir pour dire à mon ami, si je le vois dans un moment d'insjiration, tout ce dont je suis rempli. Je regardais en même temps de xtits insectes qui sortaient des crevasses du sol, comme s'ils avaient été mandés par la Providence de se montrer à moi. Pourquoi ont-ils uisté? Ils couraient dans l'herbe naissante et je m'intéressais à chacun deux. Hélas! qu'étais-je pour embrasser tant d'objets ? Lamartine ne ufit pas et mille comme lui ne le pourraient pas. Taisons-nous. Au rste, peu de mes réflexions seront nouvelles pour toi. Seulement, je
. ae a.
voulais te les présenter comme elles m'ont frappé aujourd’hui.
Tu m'écris que tu n'as reçu aucune lettre. C'est une damnation, je ne reçois non plus aucune nouvelle de Montréal. J'en suis souvent attristé, je ne sais plus par quels termes exprimer mon humeur contre œux qui me négligent ainsi. J'ai épuisé bien des dictionnaires et à suis fécond. Le diable s'en mêle évidemment. Avant-hier soir, j'ai écrit à W** D** une lettre de quatre pages serrées. J'ai hâte de voir comment il va me blaguer. Auparavant, j'avais écrit à B**. Je es a en dns long pour être payé de retour, mais j'ai bien peur de m ps c .. LR de peine. Ils sont si maigres, si étirés, puis Si corsés à quatre Mons quand ils m'écrivent, qu'ils me gênent malgré moi. 7. a es toujours la précaution de monter sur mon gros cheval . ! Les prendre un ton doctoral ; s'ils ne sont pas contents, Je tournera tte mon chapeau de castor, et ils se contenteront. ah
Tu nous as fait rire avec tes aventures le long de la route su is C'est malaisé, à ce qu’il paraît, de se mettre au ne ne fix Tu aurais été le prince Menshikof, qu'ils auraient ri davantage.
console de mes propres aventures. Où faut-il donc passer, maintenant ? Quels goûts suivre? Dimanche dernier, en sortant de l'église, j'ai été moi-même victime du beau sexe. Sexe étrange ! Je m'amusais à écouter le crieur quand j'entendis des voix féminines derrière moi : ‘“ Tiens, v'là le maître d'école ; il va commencer à faire le gros b'en vite, à c't'heure il (ne) regarde personne. Il devrait b'en faire raccourcir son capot de c't'hiver auparavant, ou b'en me le donner pour faire des cafalognes. Va-t-il voir les filles, à c't'heure? Non, il a pas pu avoir la petite Parisien, il ne veut pu que des filles de la ville, Nonda, le maître d'école, hein! hein! des filles de la ville, ça joue du piano !!!” Je n'ai pas voulu entendre le reste, pour ne pas me compromettre, et j'ai pris la résolution de ne plus m’arrêter à la porte de l'église sans être bien et dûment accompagné ! On veut absolument que j'aille voir les filles ; on m'indique les plus belles, on m'offre de m'y conduire ; j'ai besoin d’être ferme pour m'en défendre. La fille au mantelet jaune dont je t'ai parlé a cherché plusieurs fois à me faire adorer ses beaux yeux ; la voilà à bout d'expédients. Elle se consume dans son amour qui embrasse peut-être tous ceux qu'elle pourra trouver. Sa mère la seconde puissamment : le sort ne la favorise pas,
Je suis peut-être déjà trop long, vu que je n'ai rien à t'apprendre, que je suis un peu sec ce soir, et que je ne tombe sur aucun sujet fécond, vu l'ennui qui me travaille et qui perce dans tout ce que je dis et fais. Je me suis pourtant imposé une tâche, je désire la finir tant bien que mal.
Le vieux L** est toujours diplomate. Sa femme lui dit qu'il ferait bien mieux de faire sa petite affaire tranquillement que de s'occuper de choses qu’il ne connaît pas. Il s'élève de grandes altercations. Le vieux J** y prend part et dit que tout ce qui se dit sur les papiers, c'est de la blague, c’est pour swcer l'argent des habitants que les grands hommes manigancent les affaires à leur profit, qu’ils vont mettre le monde esclave et faire tuer bien des gens. Le pauvre vieux J** passe ainsi de grandes veillées avec nous ; il ne comprend rien à tout ce que je dis et affecte le plus grand scepticisme. C'est de la fricassée que tout ce monde-là. Je vis avec eux comme un homme qu’on déterre. Pauvre humanité ! pauvre humanité! pauvre humanité ! Pauvre Victor Hugo, pauvres penseurs | vos paroles sont et seront toujours perdues pour les quatre cinquièmes de ceux que vous voulez améliorer.
Je suis arrivé à la quatrième page. Faut-il la remplir de galanteries ? Vraiment, si les demoiselles m'oublient, je ne m'oublie jamais auprès d'elles. Que leur dire ce soir ? Si je les voyais, des paroles de miel couleraient de ma bouche comme l'onde des sources, et mes regards parle-
raient que la guette le sour les ny bles po qui da verte p céder le leur pas J'appre la musi Diane d simple p et j'oserd J'aurais porte.
Prése je leur e cœur à p mienne e pris. To PS, — de tabac.
M. B* que tu au rôles pou Scapin.
mes acteu
prend ne l'encontre folies du
aintenant ?
ise, j'ai été is à écouter ‘Tiens, v'là \ c't'heure il n capot de ; catalognes.
petite Paritre d'école, ai pas voulu la résolution dûment acnn m'indique e ferme pour lé a cherché bout d'expéeut-être tous it : le sort ne
prendre, que sujet fécond, dis et fais. Je en que mal.
it qu’il ferait s'occuper de s. Le vieux ers, c'est de ds hommes bnde esclave de grandes et affecte le onde-là. Je ité! pauvre penseurs | cinquièmes
alanteries ?
ais auprès
| a LRTTRES D'UN ETUDIANT 77
miel couleards parle-
b. raient plus tendrement encore. Je leur dirais qu’elles sont plus belles
que la corolle de l'iris et de la violette que l'aurore a touché de sa baguette d'or. Je dirais qu'elles ont le regard de Cythère,les appas de Didon, le sourire des anges, l'innocence et la beauté de Dahida. Je dirais que les nymphes, les naïades, les dryades, les néréides se sont rendues invisibles pour rendre hommage à leurs charmes. Je dirais que les vierges qui dansaient autrefois sur les bords des fleuves, celles qui foulaient la verte pelouse des champs de la Grèce et de l'Italie, ont disparu pour leur céder leur place, Je leur dirais que les arbres, les rochers s'émeuvent à leur passage, et que l'écho est enchanté de répéter leur voix si douce. J'apprendrais alors des accents nouveaux, ma voix serait puissante comme la musique, mes regards seraient ceux d'Endymion lorsqu'il rencontrait Diane dans la forêt, Que ne suis-je dans l’âge d'or ! Que ne suis-je un simple pasteur de ce temps regretté! Alors, je prendrais un chalumeau et j'oserais bien dire, en présence de toute la nature, mes inspirations. J'aurais l'air drôle avec un chalumeau, au pied d’un hêtre chevelu, n'importe. Qui empêche ?
Présente à la famille de M. P** et à celle de M. B** les sentiments que je leur exprime d'ordinaire. ‘Ta mère et ton frère t'embrassent dé bon cœur à plusieurs reprises. Moi, le vieux Robidoux, j'ai ta main dans la mienne et je n’ai rien de plus à dire : nous nous sommes de suite compris. Ton ami très fidèle...
P. S. — Je viens de semer mon tabac. Je vais avoir un joli petit carré de tabac. dans un coin du terrain. J'aimerais à avoir des fleurs.
M. B** doit être sur le point d'arriver de la ville. Ecris-moi aussitôt que tu auras la moindre nouvelle, nous sommes à sec. J'ai donné deux rôles pour mon prochain examen, dont l’un est échu à X**; c'est tiré de Scapin. Je n'espère pas grand’chose, Il y a peu de ressources dans mes acteurs.
Saint-Louis de Gonzague, 18 mai 1854.
SON cher ami. — Qui peut prévoir les événements? Sait-on ce qu'on doit dire lorsqu'on hasarde, à travers l’espace, he M des paroles à un ami? Est-on sûr que le ton que l'on prend ne le blessera pas, et que notre langage ne sera pas à l'encontre de sa situation? Ma dernière lettre était un tissu de folies du commencement à la fin, je croyais devoir être gai et
re mere
j'avais fait tous mes efforts pour l'être. Je me suis bien trompé ; je ne savais pas qu’une tombe était béante, qu’une victime était menacée ét que j'allais me mêler parmi le deuil et les angoisses avec une figure riante et aussi mal assortie que celle d'Héraclite. Hélas! dans ce réceptacle de misères où nous vivons, nous ne devrions savoir que les accents de la douleur, nous ne devrions pas apprendre d'autre son que le.cri que nous échappons lorsque la vie nous apparaît pour la première fois. Si au moins dans nos communications nous gémissions toujours, nous serions toujours plus assurés d’être ensemble en harmonie et de toucher la même corde qui vibre dans notre cœur. Mon cher ami, la nouvelle que tu nous a annoncée nous a entièrement bouleversés, Mme T*“* et moi. Je relis ta lettre encore une fois pour ne pas en douter. Personne ne pouvait s'attendre à une disgrâce telle et si subite pour une famille que nous estimons. ‘Tu ne nous as pas encore écrit que la mort avait frappé ; notre anxiété redouble à chaque jour que le postillon arrive. Peut-être tout est-il accompli au moment où je t’écris. Hâte-toi de nous écrire à tout événement ou dis-nous s’il y a encore de l'espoir. Je comprends la tristesse qui doit t'environner, toi qui n'as pour monde que ces deux familles intéressées au salut de M. P**. Ta position se trouvera probablement changée bientôt : il y a bien des choses renfermées dans la vie d’ün homme. Je pensais aller à Russeltown cette semaine. Un obstacle singulier s’est présenté. Chez tous les marchands de Saint-Louis, il n’y a pas moyen de se pourvoir d’une coiffure convenable. Je me trouve donc, à l'heure qu’il est, seulement avec mon casque de loutre pour sortir ; par conséquent, je ne vais pas bien loin. On m'a promis de me faire venir un chapeau ; j'attends. Si je me trouvais éguippé la semaine prochaine, je partirais. Cependant, comme il est une affaire urgente concernant le commerce de Mme T** qui m’attire, dans l’impossibilité de faire autrement, j'enverrai quelqu'un. Quant au présent que: tu fais à la bonne femme—je n'ai pu le lui cacher pour lui causer une surprise : elle a trouvé la révélation instinctivement dans ta lettre—elle t'en remercie bien des fois. En retour, elle t’annonce qu’elle t’enverra par la première occasion une belle chemise à laquelle j'ai joint un beau mouchoir de mallemolle, qui me donne à moi un air trop jeune, attendu qu'il ne me convient pas, dit la mère, de faire le damoïiseau.
Une multitude de sentiments se choquent dans mon cerveau-ét se uisputent le passage. Je voudrais te parler de toutes les épisodes qui viennent varier mon héroique carrière depuis plusieurs semaines. Ils sont entremêlés de triste, de comique, de lugubre, de plaisant, de simple et d'étonnant, d’intéressant et d’assommant. Je te ferais explorer des
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profondeurs dans l'esprit humain que tu soupçonnes à peine ; je te ferais toucher du doigt des secrets qui sont cherchés dans toutes les études philosophiques, politiques et physiques. Je suis toujours ici d’une humeur conforme aux idées de deux philosophes les plus sages et les opposés dell’antiquité. Je ris d’un œil, je pleure de l’autre. D'ailleurs, il y a des choses dans les âmes intelligentes que je remue toujours avec peine.
Tu m'as parlé de G** et de D**, Si je ne change pas, G** ne viendra pas de sitôt me confier ses amours avec Mlle Rose L**, Pour D**, je lui veux moins de mal, maisil ne m'a pas répondu encore. Je vais me reposer à mon tour. Je suis tellement bête malgré moi, que je fais toujours des bêtises. En revanche detoutes ces mauvaises affaires, J** D** m'a écrit lundi dernier, ou plutôt vendredi dernier. Trois bandelettes de papier double de soie étaient consacrées à sa lettre dont je suis tout à fait content. Que de choses il m'a annoncées! Il m’a dit qu’il étudiait le droit dans un bureau anglais; que là, étant sous le patronage du secrétaire de la “ Building Society”, il avait ££o à gagner en tenant les livres pendant trois quarts d'heure par jour, qu’il avait encor la liberté d'écrire aux enquêtes, ce qui lui rapportait £20 par année ; tocal : £100 pour cette première année. N'est-ce pas beau ? N'est-ce pas hümiliant-: pour nous? Il promet qu’il me cherchera une place ‘sinon meilleure, au moins aussi bonne que la sienne.” N'est-ce pas courtois et-flatteur ? Il me donne des nouvelles ‘de sa famille et de la mienne. Ils sont maintenant dans leur maison de briques, rue Visitation, où il jouit, d’une belle chambre à lui appartenant, où il peut étudier et méditer à loisir. D'ailleurs, sa lettre est si originale en son entier, qu’il me tarde de te la communiquer. Il finit ainsi: ‘“ Tu présenteras mes saluts au sieur John-Charley de la T**, seigneur de Formose, ton confrère et collègue.” Il se fait tard, je vais finir plus tôt que d'habitude. J'ai été interrompu pendant cet entretien par un jeune homme, un jeune marchand du nom de P** qui vient me déranger tous les soirs pour se faire enseigner l'anglais. Il a beaucoup de facilité, est bien aimable en conversation. Heureusement cela ne durera pas, je souffre d’être captif. Mon gr:nd plaisir de ce temps-ci est d'aller à la pêche. Je me suis muni d'une belle ligne avec un beau manche que j«. coupé dan: le bois. Chaque jour, à quatre heures, je me dirige vers le rivage de notre limoneux Achéron. Je tends ma ligne, et je demeure des heures entières l'œil sur le bout du
levier, la pensée au Flatt ou ailleurs. Le poisson mord souvent que je ne m'en aperçois pas; souvent je reviens avec ma,lione et mes vers. Depuis quinze jours, j'ai pêché seulement deux barbottes, un petit.
poisson blanc et un crapet tout petit. Les autres, je les ai manqués. Lapointe est toujours Lapointe.
\dieu, ta mère t'embrasse ; nous offrons nos condoléances à tous ceux qui ont besoin de consolations. Assures-les de la part que nous prenons à tout ce qui les touche. Ecris ce soir même. Ton ami affectionné..
Saint-Louis de Gonzague, 29 mai 4854.
Son cher ami.—Je désirais aujourd’hui t'écrire plus longuement ÿ que jamais, mais je préfère retarder, parce que je ne suis pas EÆS certain si tu n'es pas à Montréal. J'ai pris un moyen ingénieux de te taire parvenir un mot à bon marché. Pour t’écrire de nouveau, il faudra que tu me parles de ton voyage—fait ou manqué. Peutêtre alors iraï-ie te répondre personnellement, comme tu l'as fait toi-même dans un beau jour du mois d'avril.
Le peu de temps que j'ai—je t’écris en sortant de ma classe, à midi— et le format de ce billet me pressent et m'embarrassent. Je ne te dirai rien encore de l'effet qu’a produit sur moi ta dernière lettre plus gonflée qu’aucune autre d'événements frappants. J'aurai plus tard des choses à me faire expliquer en détail au sujet de G**, de D**, de Mlle V. S**, etc. Par un caprice étrange de la fatalité, j'ai reçu en même temps que ta lettre, une letire.. devine de qui? Ça me coûte de te le dire ; trois fois j'ai pris la plume, et trois fois ma plume s’est brisée en voulant former ce
nom. Jete le dirai cependant ; j'ai reçu samedi dernier, 20 mai 18654,:
une épître de S** G**, Le flegme anglais et toutes les qualités vaporeuses de G** sont empreintes dans son écrit d’un bout à l’autre, C'est un monument que nous visiterons encore quand tu m'auras fait pénétrer dans ceux que tu possèdes. De D**, rien encore.
X*%* est arrivé samedi matin en même temps que ta lettre ; je ne sais pas pourquoi j'ai oublié jusqu'à présent de te parler de lui. D'ailleurs tu as tout compris et approfondi avec ta sagacité ordinaire. Maintenant, X** est tout entier au commerce et à la pêche. Il m'a apporté des nouvelles de la maison paternelle qui m'ont diversement impressionné. Ton voyage à Montréal dans ce moment m’a fait encore pester contre toi. Comme deux électricités homogènes, nous nous repoussons sans cesse quand il faut marcher ensemble. N'empêche, tu vas avoir un peu de plaisir, et je te suivrai en espnt. Adieu, bon voyage. Rends nos devoirs à Mme. P**, à M. B**, etc ; parle partout où tu iras de la moisson de fleurs que nous avons cueillie tous deux dans les savanes de notre gracieux comté. Ta mère et ton frère t’embrassent. Ton ami affectionné.…
l’auras lu Si tu t notre sor comme à
me deman de moi, si désir tout Qu'est-ce q demande } caprices ; j m'ennuie, j le désir et ] régulière et par-ci, vert bien vite de réfugier si i du vieux J* longue et 52 de la mort | il passe en :
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dieux dome: lisant tes let autres, parc que j'apport reprenais el d’autres par en face de T
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mai 1854.
nguement je suis pas oyen ingée de nouué. Peutt toi-même
, à midi— e dirai rien flée qu’auhoses à me . S** etc.
ps que ta ; trois fois former ce mai 1854, es qualités t à l’autre.
auras fait
je ne sais D'ailleurs aintenant, porté des ressionné. ontre toi.
sans Cesse r un peu . Rends iras de la avanes de
Ton ami
P. S. — Excuse l’impromptu qui précède, et écris-moi aussitôt que tu l'auras lu.
Si tu trouves quelque chose à Montréal qui puisse prépondérer sur notre sort, annonce-le au plus tôt. Si tu ne trouves rien, nous ferons comme à l'ordinaire.
Saint-Louis de Gonzague, 10 juin 1854.
Son cher ami.—Quand un homme sent une démangeaison, il ne » réfléchit pas, son premier mouvement est de se mettre la main sur l’épiderme ; de même, si ma comparaison est juste, sans me demander si la chose est à propos, si tu attends ce soir quelque chose de moi, si tu seras content de cette nouvelle égwippé, en éprouvant le désir tout instinctif de parler avec toi, je saisis la plume et je t’écris. Qu'est-ce qu’il y a à dire? Ça doit être quelque chose pressé, Ne le demande pas, ne t’en inquiète pas : il faut que tu plies devant tous mes caprices ; je n’ai rien à dire d’intéressant, mais il faut que je parle. Je m'ennuie, je brûle de te faire rager, toi, mon refuge habituel. Je n'ai pas le désir et la force d'élaborer mes pensées, ce ne sera pas une lettre régulière et en forme, ce sera un impromptu fait de toutes pièces, jaune par-ci, vert par-là. Tu l’excuseras, mais tu le liras, et tu t'empresseras bien vite de le jeter au feu. Une des principales raisons qui me font réfugier si inopinément vers toi, c’est pour faire diversion aux gloseries du vieux J**, occupé en ce moment dans la pièce voisine a faire une longue et savante dissertaticn sur les causes occasionnelles et efficientes de la mort prématurée de son poulin, mort hier avant de naître. De là, il passe en même temps que ma plume à parler des étalons, du croisement des races pour avoir des animaux noirs ou gris. Tu me cries trève, ne veux-tu pas partager un peu les horreurs de ma situation ? (Réponse à ta lettre.) Tu m'avais dit en partie le contenu de ta lettre, mais je ne fus pas moins ravi de la recevoir ét de la dévorer aussitôt que j'eus salué mes dieux domestiques. Millions de fois merci! J'ai été ému souvent en lisant tes lettres, mais celle-ci m'a fait plus d’effet encore que toutes les autres, parce que tu avais écrit avec autant d'âme que ja:aais et parce que j'apportais mes impressions de voyage. Je l'ai lue et relue, et je la reprenais encore craignant d'oublier quelque chose, et croyant que d’autres paroles allaient se former. J'étais comme le jeune Télémaque en face de Thermosiris ; il l’écoutait encore lorsqu'il ne parlait plus. Je
82 LETTRES D'UN ETUDTANT
fus heureux dès les premières lignes, lorsque je vis que mes paroles du fond de la solitude avaient été bien reçues par une famille affigée. Je ne suis pas comme l’oracle de notre siècle, je ne suis pas un grand atome; ma voix est bien faible, elle n’est bonne qu'à effleurer le néant, mais si elle peut se faire un écho en passant dans plusieurs âmes, je bénis le ciel qui m'a fait au moins quelque chose. Tu me parles de l’affiction de Mme P** d’une manière attendrissante ; ce tableau de son état journalier m'a d'autant plus touché que dimanche dernier, aussitôt que nous partimes l'après-midi pour notre excursion dans les champs, Mme P** en se trouvant seule, commença à donner un libre cours à ses larmes et passa ainsi le temps que nous fûmes au dehors. Lorsque le malheur a frappé une fois à la porte, tout réveille des souvenirs douloureux et poignants, on ne peut parler sans y faire allusion ; c’est une douleur de tous les instants. J'en fus encore convaincu lorsque le soir, pendant que nous nous entretenions, je vis couler deux larmes rürtives sur la joue d’une , jeune fille. C’est elle que tu cherches à distraire tous les soirs par des paroles amies et des sujets éloquents. Je ne puis dire ma satisfaction de m'être trouvé quelquefois en passant, au milieu de ces entretiens. Si j'aitoujours eu de l'estime et de l’attachement, pour toute cette famile qui m'a donné si souvent déjà l'hospitalité, c’est surtout maintenant que l’infortune l’a rendue sacrée à mes yeux.
Je n’a! rien reçu, je n’ai rien écrit; nous serons probablement seuls confidents jusqu’à ce que nous allions vair le monde. Ce voyage me tourmente, je ne fais qu'y rêver, je n’y vois que de l'or, c’est-à-dire de belles rencontres, de belles campagnes surtout plus souriantes et plus célestes que l'Orient apparaissant pour la première fois au compère Adam. Cette nuit encore je dormais bien, je me suis vu tout à coup en route à travers un beau paysage où je montrais à une gentille fillette appuyée sur mon bras toutes sortes de belles choses; seulement un petit dérangement venait se présenter à nos pas de temps en temps. Il y avait dans ce pays-là plus de quarante-cinq mares d’eau qu’on ne pouvait éviter, mais qui heureusement étaient parfaitement guéables. Je songeai de suite à un expédient que j'appris dans un voyage *1r les frontières des Etats- Unis. Il m'était impossible de laisser là ma belle compagne ; ciel! fallait-il y penser ? Je prenais chaque fois bien délicatement, comme une fleur, comme une feuille de camélia qu’on craint de froisser, la tendre vierge purpurine, je l'élevais dans mes bras à la hauteur de ma poitrine, et le cœur batiant sur cette enveloppe frêle et frémissante, angélique, je
marchais en la tenant suspendue sur l’abime. ‘La terre ne la possédait ! plus, le ciel ne ia possédait pas, moi seul je la tenais comme un conqué- à
rant et u
je portais mecum p4 rapporter mais au sont les des émoti de notre d nous n’av m'acheter pour lundi Adieu, d fois, pour 1 Je suis às renoté les moi. Arra toi, rafistolé jourd’hui e Je ne t maintenant nous à surp nous avons de trois pias Nous avons encore une | rait ; il était Par une jeun bientôt nos r très paisible je partis pou Adieu ! Ac P. S. — Je tain, les dem assez intéress chose de joli Michel sur la
roles du gée. Je À atome; ais sielle » ciel qui de Mme alier m'a partimes k** en 5€ s et passa r a frappé poignants, e tous les L qué nous joue d’une soirs par dire ma lieu de ces pour toute est surtout
ment seuls ge me toure de belles us célestes am. (Cette te à travers e sur mon érangement ait dans ce bviter, mais de suite à des Etatsone ; ciel! omme une , la tendre a poitrine, gélique, je
à possédait !
conqué- 2
LRTTRES D'UN ETUDIANT 83
rant et un triomphateur. Mon cher ami, en ce jour-là, mieux qu'Atlas, je portais le ciel même, puisque mieux que Bias je pouvais dire : ‘omnia mecum porto.” C’est là une tirade à la Lapointe. Enfin, qu’allens-nous rapporter de notre voyagc? Pas beaucoup de richesses, sans doute, mais au moins des souvenirs, et les souvenirs sont es trésors, et s'ils sont les miens, ils sont les tiens. Oh! promettons-nous du plaisir, des émotions, des scènes amusantes ; si nous avons peu, nous parlerons de notre désenchantement après : ce sera un lieu commun. Ainsi donc, nous n'avons qu'à gagner en voyageant ; voyageons un peu. Je vais m'acheter de nouveaux habits, et un chapeau de castor que je me promets pour lundi. Je vais être stiff comme un G**,
Adieu, des respects et des amitiés à tous. Des excuses, encore une fois, pour la malpropreté de mon écriture et des disparates de mon style, Je suis à sec plus que toi, et je voudrais parler encore, je t'ai peut-être renoté les mêmes choses. C’est le propre des oiseaux mélodieux comme moi. Arrange bien toutes choses pour le succès de nos affaires. Equipetoi, rafistole-toi, brosse-toi ; c’est de samedi prochain en huit ou d’aujourd’hui en quinze la Saint-Jean-Baptiste.
Je ne t'ai pas parlé des incidents de mon retour du Flatt. Ilest maintenant trop tard ; c’est dommage. ‘Tu sauras au moins que l’orage nous a surpris comme nous mettions pied sur ie territoire de Saint-Louis ; nous avons pris une course. J'avais les pieds en sang dans mes bottes de trois piastres et demie ; cours toujours, mais Eole nous en voulait. Nous avons été forcés d’entrer dans une maison agreste où l’on voyait encore une lumière. Je pensai ; que ia mère des quatre vents y demeurait ; il était onze heures du soir. Tout au contraire, nous fûmes reçus par une jeune femme qui nous accabla de prévenance, et nous fit étendre bientôt nos membres délicats sur une robe de cartiole. Je fis un sommeil très paisible jusqu’à neuf heures au matin, ou, pour couper au plus court, je partis pour arriver à la maison où tout était comme à l'ordinaire.
Adieu ! Adieu! ‘Ton ami...
P. 5. — Je t'ai envoyé ma Æwzhe dont tu serâs content, j'en suis certain, les demoiselles aussi. Je t'envoie cela dans le Moniteur qui est assez intéressant : avec la continuation de la vie de V. Hugo, et quelque chose de joli sur Lamennais. Aussi, tu admireras les réflexions de saint Michel sur la guerre.
Saint-Louis de Gonzague, 16 juin 1864,
on cher ami. — Je suis en classe, et comme je n'ai pas grand ch chose à faire, vu que la moitié de mes élèves s’est rendue au a À catéchisme à l’église, je prends une feuille de papier et je
. Je voulais le faire hier, mais un encombrement d’affaires qui
t’écris résulte surtout d'une visite que je fus obligé de faire avec le vieux L**, chez un galant habitant qui nous avait invité à manger du sirop, m'en empêcha. J'avais déjà pris la feuille de papier, lorsque le bonhomme me pressa de partir et m’entraîna. Je quittai à regret ta compagnie, quoique ce fut pour aller exhiber mes principes chevaleresques, attendu que notre hô:: étut pater des trois plus belles filles de Saint-Louis. Deux cavalier. * + trouvaient, débitant des compliments. J’en fabriquai comme je pus. en diable cependant d’avoir été conduit aux demoiselles sans leur être nommé ni annoncé. Je m'étais fait la barbe, mais je ne me proposais pa: :: jeur faire passer des mares d’eau ; ma passion n’a pas été violente et, à l'heure qu’il est, je m’excite en vain au sentimental ; je suis froid comme la glace. Au reste, je suis revenu bien content, ayant été poliment reçu et ayant mangé du sirop à foison. M'en veux-tu? Non; tu estimes trop le beau sexe. J'aurais juré mille fois, cependant, si j'avais été privé tout à fait de t’écrire.
J'ai reçu ta lettre mercredi soir ; tu as dû recevoir, le même soir, la mienne, portant la même date. Peut-être, celle-ci va-t-elle en croiser encore une autre de toi. (C’est une fatalité ; nous ne nous entendons jamais. Ce pauvre voyage, comment va-t-il se faire? Dieu le sait. Toi, tu as toujours quelque chose de travers à me dire, toujours des anicro ches. Comment veux-tu que nous fassions des affaires ensemble. Nous convenons tous deux, après avoir réfléchi mûrement et discute savamment, après avoir pesé avec notre judiciaire et notre intellect le pour et
le contre de chaque chose, nous convenons, dis-je, d’un jour de départ.
Chacun doit se préparer en conséquence. ‘Tiens, voilà que toi, magister du Flatt — toi, dont le cabinet de physique est ouvert aux savants de! tout âge, de toute nationalité, de tout sexe et de toute condition, — tu viens me dire : J'ai changé l’ordre des choses ; je pars mercredi, arrange-A toi comme tu voudras. Encore une fois, ça me fait enrager. diable dans le corps? Tu ne me dis pas les raisons de ta capricieuséi décision ; je suis certain que tu n’en as pas. Maintenant, il est tard pou
As-tu le
faire d'a Que tu n j'ignore avec toi voyions
. Si tu pars Tâche do hélas ! je placeras, comme u quelque p laisse rien
Précipice,
danger imp ton mausol d'exister po aimer... ( blaguer un aventure qu lorsque, seul égayer mon m'ont amusé couces parol fait si je n’av commentaires Pour to Pit T#% il doit t manque de qu patience de fe cher des pipes feras raccomm refuge, quand
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ai pas grand st rendue au papier et je d’affaires qui e vieux L**, 1 sirop, m'en bonhomme
compagnie, ues, attendu Louis. Deux quai comme oiselles sans S je ne me sion n’a pas imental ; je ntent, ayant ix-tu? Non; nt, si j'avais
me soir, la en croiser
entendons e sait, Toi, des anicro-:
ble.
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)i, magister { savants dei ition, — tu di, arrange- 1
As-tu leg capricieuséi | tard pou#
Nous !
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Précipice, il fau
danger imprévu, tu te dévou
ton mausolée : « d'exister Pour lu aimer...
Commentaires dev Pour ta pi
refuge, quand tu auras besoi
fallu fre le curé.
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avec lui, parce qu'il que personne n
me je m'y attends ntréal, et que no Si tu pars mercredi,
S de la ville chez VOus P j de là que des &azettes, L le vieux 1,**, Je iui
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» Il faudrai Pas mercredi. Je t'ai
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“Ci-gît un h ne pas exister que i seul.” -C€ pas ? » Vivre, c’est approche, dépêchons-nous ; je voulais 1 Tu m'as Conté une .
l ri en plein Champ, je repassais tout ce qui pouvait
Or
: Ce pauvre . A Présent, Quand il ir recours ? Tout le Monde n’a pas une Viens, viens, mon TF$, siens en cher-
€ de culottes à te donner ; tu
Ent. Viens, viens, je suis ton ESOin de moi, viens me trouver.
Califourchon seulem
ci encore moins, je ne reçois
ve m'a fort intéressé, ainsi que ai lu aussi le numéro du Semen que j'ai apporté.
is, ensuite, il s'est mis avec Je CaMpägnard, et i] m'a Il est SCeptique ENragé ; s’il était iustruit, il rebâti- Amennais, Je suis assez heureux
est de bonne foi, t] à quelquefois des objections 1€ à débrouiller ce qu’il veut
a dernière Miner
à peur
mettre en évidence, cela vient de ce qu'il s'imagine que rien n’est réel dans le monde : il n’y a que des figures et des imaginations. Dieu seul est une vérité, et il base tout là-dessus,
Toutes les semaines, j'ai quelques disputes avec les habitants ; beaucoup murmurent contre moi,—les femmes surtout, —parce que je maltraite, Gisent-elles, leurs enfants. C’est ennuyant, il est temps que l’année finisse, jai écrit aux commissaires de Sainte-Martine pour voir ce qu'ils me répondraient, j'attends. Tout le mois de juillet, mes plus forts enfants vont manquer trois jours par semaine pour le catéchisme. Je ne ferai pas d'examen, c'est plus qu'impossible.
Je te parlerai à loisir et plus comme du monde un autre jour. Adieu. Salut à ton Jack. Des compliments à tous ceux qui parlent quelquefois de nous... Des adieux aussi de ta mère et de ton frère. ‘Ton ami...