Lettres d'un exilé à Victor Hugo
«Ecrivains, jurez tous, dans ce temps où nous sommes De ne point avilir l'art de parler aux hommes ; De faire devant nous marcher la vérité; De ne mentir jamais à la postérité!"
Càamfort.
2""- Edition.
i*rix SI nKrovizer oii "75 cent.
Port en sus pour l'Etranger.
Bal$«t, Editeur. Bornheimerstrasse 9, Francfort s. M. Edition Allemande chez le même. Sacré à Bruxelles et chez tous les libraires.
Adolphe S te in, Imprimeur. — Wiesbaden. 18 6 5.
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A mes Lecteurs.
'n areproclié, et on reproche encore avec tant d'aniertûme à Victor Hugo , d'avoir caressé toutes les opinions >ans en garder aurune, d'avoir chanté le sacre de Charles X, et la gloire impériale. Le nid des vautours et celui des colombes. Dénigré la révolution et célébré la République, tiatté les couvents et les évêques en leur prêtant des vertus imaginaires dans Les misérables: que nous le supplions pour lui, et pour nous qui aimons et admirons son talent immense, de ne plus tomber à l'avenir dans de pareils errements.
Le Satnson (TLsraël, ne doit plus charmer Dalila par les accords de sa lyre c'est le fouet vengeur de Jésus qu'il doit prendre désormais pour chasser les brocanteurs du temple!
Qu'il sorte de son nuage et lance le tonnerre de sa foudroyante parole, sur la race des Envieux, qiii, comme le crapaud se roule dans la fange pour en salir les hommes d'élite qu'elle ne peut supporter.
A ceux qui me reprocheraient d'avoir osé mettre mes vers à coté de la poésie du Maitre, je répondrai par deux raisons qui plaident en ma faveur les circonstances attenuan tes. — La première c'est qu'en écrivant à un Poète. J'ai cru devoir parler sa langue, — la seconde, que cette lettre a été écrite d'un seul jet, dans une nuit; et que ce n'est pas au milieu des ennuis de l'éxil qu'on a le courage de se relire et de châtier son style.
Je prie l'Illustre Ecrivain de ne pas s'offenser de ma hardiesse et de considérer que, de même, qu'il serait bon
.de dire la Vérité à tous les rois, si les rois avaient le bon esprit de vouloir l'entendre, de même nous avons cru devoir
• la dire à celui qui porte le sceptre de la poésie, au Maitre des Maitres, à Victor Hi*go le Prince des Poètes'
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