‹ Lettres de 1812Chapitre 15 sur 98 · YORCK A Macdonali · texte numérisé non relu

YORCK A Macdonali

On sait la défection de Yorck qui commandait le corps prussien. Hogendorp qui Ta intimement connu, assure qu'il était ennemi déclaré des Français, qu'il ne cachait pas son aversion pour eux, et à la fin du mois d'octobre, Macdonald remarquait déjà dans la correspondance de Yorck un grand « refroidissement et qui croissait avec les malheurs de la Grande Armée ». Voici pourtant trois lettres où Yorck avait, au mois de septembre, félicité Macdonald des succès de l'Empereur : il exprime la joie que lui causent la marche rapide des Français, les brillants avantages qu'ils obtiennent et la victoire complète qu'ils ont remportée à la ^loskova ; il applaudit à cette campagne dont le résultat n'est pas douteux et dont le caractère est « tout à fait particulier»; il admire ces Français qui triomphent partout, au Nord comme au Midi, et dans ces trois lettres de Yorck ce ne sont que louanges, ce ne sont qu'hyperboles.

Peterhoff, 9 septembre 181 3.

Monseigneur, les nouvelles très intéressantes que Votre Excellence a bien voulu me transmettre dans sa lettre du 4, nous ont tous beaucoup réjouis. La

rapidité avec laquelle S. M. l'Empereur poursuit ses opérations et la fuite continuelle de l'adversaire, sans se battre, avec des forces considérables et dans des positions avantageuses, donnent un caractère tout à fait particulier à cette campagne dont le résultat n'est plus douteux.

lo

Peterhoff, i5 «eptembro i8ia.

Monseigneur, je reçois dans ce moment, 5 heures du soir, la lettre que V, E. m'a fait l'honneur de m'écrire le 14 de ce mois et par laquelle nous sommes informés de la victoire complète que S. M. l'Empereur vient de remporter sur l'armée russe à Mojaïsk. Je m'empresse de vous exprimer notre joie unanime de cet événement important et je ferai exécuter avec plaisir vos ordres en célébrant avec toute la solennité digne à l'olijet ce nouveau succès brillant des armes françaises.

Peterhoff, 27 septembre 181 a

Monseigneur, la nouvelle de l'événement heureux qui a suivi immédiatement le succès brillant des armes françaises sur la Moskova, nous a plus réjouis que surpris. De quoi les témoins des glorieux exploits de l'Empereur pourraient-ils encore être étonnés ? La postérité aura de la peine à croire que l'aigle français plane en même temps sur les champs de Moscou et sur ceux de l'Espagne, que des beaux climats du Midi l'armée s'est portée avec la rapidité de l'éclair aux frimas du Nord, renversant devant elle tout ce qui s'opposait à sa marche victorieuse. Si le corps prussien a des regrets à faire, ce sont ceux de ne pas avoir été appelé à partager, conduit par vous. Monseigneur, tous ces triomphes, 11 n'a pu que les célébrer, et faire pressentir à l'ennemi, par le tonnerre du canon qui lui annonce les victoires, la destinée qui l'attend. Que le moment ne se fasse plus attendre où notre inaction cesse et où les troupes pourront prouver à Son Excellence leur entier dévouement ! Je me glorifie d'en être

l'organe et d'ajouter pour mon particulier les sentiments du plus profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur.

D'YoucK.

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