‹ Lettres de 1812Chapitre 20 sur 98 · Dedem a Berthier · texte numérisé non relu

Dedem a Berthier

Moscou, 2 1 septembre i8ia.

Monseigneur; quelque pénible qu'il soit pour moi de quitter le commandement de ma brigade composée du 33® régiment de ligne, je me vois forcé de prier

Votre Altesse Sérénissime de me faire obtenir que je quitte la division de M. le comte Priant.

Je ne sais ce qui a pu indisposer le général Priant contre moi. Mais depuis trois mois j'éprouve de sa part les traitements les plus extraordinaires et d'autant plus pénibles à supporter, ^lonseigneur, qu'ils ne sont point mérités. J'en appelle au témoignage de toute la division. Je n'ose point répéter les expressions dont le général Priant s'est servi envers moi publiquement.

Pour comble de mortification, le général Priant a donné le commandement de sa division, lorsqu'il a été blessé, au général Dufour, moins ancien que moi.

Ne connaissant que le bien du service de l'Empereur, je ne me suis point permis aucune récrimination, étant devant l'ennemi, et le général Dufour me rendra certainement la justice de convenir que je lui ai obéi avec tout le zèle possible.

Qu'il me soit permis, Monseigneur, de soumettre cependant à votre Altesse Sérénissime toute la peine que me cause cette humiliation. Je crois avoir fait constamment mon devoir, et il est malheureux pour moi d'avoir à souffrir de l'antipathie que M. le général Priant me témoigne, puisqu'elle me déconsidère auprès des troupes que j'ai l'honneur de commander, et auprès de toutes celles qui composent la division.

Quoique souffrant beaucoup d'une chute que j'ai

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faite avec mon cheval devant Smolensk et d'un mal de poitrine violent, je n'ai cependant point quitté im instant ma brigade, et si j'ai passé quelques jours à Moscou avec la permission de Sa Majesté le roi de Naplcs, c'est par un besoin absolu de repos. Depuis longtemps ma santé est fort altérée et les fatigues de la campagne y ont porté une nouvelle atteinte. Personne ne regrette plus que moi, Monseigneur, de ne pas pouvoir être à mon poste pour le moment.

Je supplie votre Altesse Sérénissime d'avoir égard à ma demande et de vouloir bien me faire obtenir un changement quelconque.

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