‹ Lettres de 1812Chapitre 28 sur 98 · Bâcler e'Albe a labakonne d'Albe · texte numérisé non relu

Bâcler e'Albe a labakonne d'Albe

Le signataire de celle lettre est Bâcler d'Albe, chef du cabinet topographique de l'Jimpereur, celui qui préparait les caries où Napoléon suivait les opérations, qui plaçait les drapeaux ou sig-nes figurant les unités. Capitaine de canonniers dans un bataillon de volontaires, adjoint comme géographe-dessinateur en 1796 à l'état-major général de l'armée d'Italie, chef des ingénieurs-géographes au dépôt de la guerre en 1799, il était alors adjudant-commandant (depuis 1807), baron de l'Empire (depuis le 31 décembre 1809), et devait être nommé en 1813 général de brigade. On nous le dépeint comme un petit homme agréable, gentil, instruit, plein de talent dans sa spécialité ; mais, dit un acteur de la campagne, l'Empereur bouri'ait parfois ce grand topographe qui n'avait pas beaucoup d'esprit. D'Albe sait que Napoléon veut se retirer sur Smolensk par Kalouga et, sans révéler ce mouvement à sa femme, il écrit qu'elle ne doit pas, durant quelques jours, recevoir de nouvelles, que l'Empereur ne pourra pas envoyer d'estafettes; il prend un ton rassurant et gai.

Du Kremlin, octobre i8i2.

... Il reste encore quelques tablettes de bouillon, avec quelques jambons. Tu vois qu'avec tout cela on peut faire cent lieues dans un sens ou dans l'autre. Nous saurons probablement à quoi nous en tenir dans

deux jours. Il est très possible que notre mouvement soit tellement combiné et si singulier que nous serons pendant quelques jours sans recevoir ni envoyer d'estafettes. Connaissant ta bonne tête, je dois te prévenir de cela, parce que je ne veux pas que tu battes la campagne. Nous serons en bonne et nombreuse compagnie. Ainsi, sois sans inquiétude et ne t'étonne pas de notre silence. Aussitôt que je le pourrai, j'écrirai, et probablement nous serons plus voisins. Buvez à notre santé, en attendant, sans impatience ; tout cela fait du mauvais sang et il n'y a pas de raison d'en avoir.

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