‹ Lettres de 1812Chapitre 29 sur 98 · Margaiuta a Golincajip · texte numérisé non relu

Margaiuta a Golincajip

Moscou, octobre i8ia

Marg;arita sait, comme Bâcler d'Albe, que l'Empereur prendra la route de Kalouga, et il pense même qu'il faudra, avant d'entrer à Kalouga, livrer un violent combat, que la garde, cette fois, sera forcée de donner et qu'elle donnera bien, puisqu'elle n'est pas fatiguée. Il donne, du reste, d'intéressants détails sur la prochaine évacuation de Moscou et sur les dispositions du « militaire », qui « désire la paix fortement ».

Sa Majesté se porte fort bien et a toujours été d'une excellente santé.

On a ordre de se tenir prêt àYartir au premier moment ; une partie des équipages de S. M. est déjà parlie sur la route de Kalouga.

On attend le retour d'un courrier, qui a été expédié à Pétersbourg- au sujet de la paix, pour la proposer. S'ils refusent, on doit évacuer Moscou et détruire toutes les provisions en farines, vins, fourrages et autres, que l'on ne pourra pas emporter, afin de ne

(i) Colincamp était, comme Margarita, directeur des estafettes de l'Empereur et se trouvait alors à Tolotchine,

laisser aucune ressource aux habitants qui resteront. L'on distribue aux corps d'armée de l'eau-de-vie pour trois mois ; l'on doit donner de la farine à tous ceux qui auront des moyens de transport.

Le militaire est furieusement fatigué, désire la paix fortement. Cependant il doit y avoir encore une affaire avant d'entrer à Kalouga, car nous n'y sommes pas, et l'on présume qu'elle sera très forte, car S. M. a passé toute sa garde en revue et il paraît même qu'elle sera forcée de donner. Du reste, elle ne doit pas être fatiguée, car elle n'a pas encore donné une seule fois. Il n'y a que les carabiniers qui ont donné à l'affaire du 7.

Lisez et brûlez de suite.

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