Berthier au duc de Feltre
La guerre, comme dit Berthier dans cette lettre, n'est pas commencée, et déjà, de Danzig, le 10 juin, le majorgénéral demande desi^enforts au duc de Feltre : il lui faut mettre des commandants dans les places que la Grande Armée laisse derrière elle, et plutôt que de prendre dans les troupes d'actifs et vigoureux officiers, Berthier appelle de France de vieux colonels et chefs de bataillon.
Danzig, le lojuin 1812.
Monsieur le duc de Feltre, je suis obligé de mettre des comniandants d'armes dans presque toutes les places que nous laissons derrière nous. La guerre n'est pas commencée, et déjà je suis obligé de placer pour commandants d'armes des officiers supérieurs que je suis forcé de prendre parmi les officiers les plus actifs et les plus en état de faire la guerre. Il devient donc très nécessaire que Votre Excellence veuille bien m'envoyer en poste vingt à vingt-cinq officiers destinés à des commandements d'armes de 3^ et de 4® classe. Je pense que vous en arez beaucoup en France qui at-
tendent d'être placés. Je vous prie de désigner de suite un colonel pour commander à Altona oi^i il remplacerait le colonel Dupuis que j'y ai mis et qui rejoindrait le quartier-général. J'invite votre Excellence à m'envojer par avance au moins une douzaine d'otïiciers, tant colonels que chefs de bataillon. Ce nombre suffirait pour le moment, et je vous demanderai ensuite les autres que vous pourriez désigner à l'avance. Je prie Votre Excellence de recevoir l'assurance de ma haute considération.
Le prince de Neuchâtel, major-général, Alexandre,