i8. Ney a Bektiiier
Ces six lettres de Ney concernent ses mouvements du 20 et du '11 octobre : sur l'ordre de Napoléon, et sans se soucier des Cosaques qui le harcèlent, il se porte sur Borovsk, puis sur \'ercya, (lorodok-Borissov et Mojaïsk.
Borovsk, :>6 octobre 1812, 3 heures du matin.
Je reçois à l'instant la lettre que V. A. S. m'a fait l'honneur de m'écrire en date de ce jour pour me prescrire de prendre position à Borovsk. Cette disposition étant remplie, j'établirai aujourd'hui les postes et détachements nécessaires sur les communications de Vereya et environs pour être à l'abri des insultes de l'ennemi.
Borovsk, aÇ octobre 1S12, 10 heures du malin.
Monseigneur, j'ai l'honneur de rendre compte à V. A. S. (pi'environ 200 Cosaques avec 2 obusiers et 2 pièces de six que l'on présume être françaises, se sont présentés ce matin devant mes troupes en posi-
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tion sur les hauteurs de la rive gauche de la Protv; derrière Borovsk. Après avoir échangé quelque; coups de canon, j'ai fait avancer le 46" régiment e une brigade de cavalerie légère, et l'ennemi s'est aus sitôt retiré. Nous avons eu un officier et quelque.' hommes blessés.
Tandis que je faisais poursuivre l'ennemi vivement on a aperçu une tête de colonne d'infanterie sur k grande route à Mitiveva ; c'étaient des traîneurs de tous les corps d'armée qui s'étaient réunis, faisaieni bonne contenance et attaquaient les derrières de l'ennemi.
J'ai reçu dans ce moment un officier portugais qui m'a remis la lettre ci-jointe et celle à l'adresse du grand écuyer ; il m'a annoncé trois estafettes qui arrivent avec M. de Longuerue sous l'escorte d'un bataillon d'infanterie et de cinquante chevaux. M. de Longuerue est parti de Moscou le 19. J'ai envoyé au-devant de lui pour le tranquilliser et l'engager à presser sa marche ; il a passé la nuit dans les bois et sur les hauteurs en arrière de Fominskiya.
De nouvelles dispositions que je viens de prendre pour l'emplacement des troupes ne permettront plus aux Cosaques d'approcher de Borovsk. J'ai fait mettre le plus d'ordre possible dans les voitures du parc général ; elles sont placées de manière à pouvoir déboucher soit sur Yereya, soit sur Malo-Iaroslavets.
L'incendie cesse et l'ordre se rétablit dans la ville e Borovsk.
Borovsk, ïG octobre i8i2, niiJi.
Monseigneur, je reçois la lettre que V. A. S. m'a lit l'honneur de m'écrire ce matin. Conformément ux ordres qu'elle contient, tous les bagages, le trésor, î quartier-général de l'intendance, les équipages mitaires, le parc général et les autres parcs d'artillerie, t le bataillon des voltigeurs de la garde, se mettent Q marche pour se rendre à Vereya, escortés par la 0^ division, la division Claparéde et la 14° brigade e cavalerie légère, sous les ordres du général de diision comte Marchand. Ce convoi arrivera demain à [ojaïsk. Je ferai l'arrière-garde avec le reste des oupes sous mes ordres.
Le général de brigade Coibert, avec sa cavalerie 'gère et un régiment d'infanterie du l^"" corps, conser- 2ra la position qu'il occupe en avant de ]]orovsk jusu'à l'arrivée de la division Morand.
Je me conformerai très exactement au:, instructions înfermées dans votre lettre.
Vereya, 27 octobre 181 a.
Monseigneur, j'ai reçu ce matin la lettre que V.A.S.
m'a fait 1 honneur de m'écrire hier à G heures du matin. Les dispositions qu'elle contient, avaient été à peu près exécutées, et la marche de tous les bagages depuis Borosvk jusqu'ici a eu lieu sans obstacle. Le régiment (|ue le général de division Roguet a^ait laissé au trésor, est resté à la disposition de M. le maréchal duc de Trévise.
Vei'e^a, 27 octoLie 1S12.
Monseigneur, conformément à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire hier à 9 heures du soir, j'ai cherché, aussitôt mon arrivée à Vereya, à connaître s'il existe une autre route par la traverse qui conduit de ce lieu à Viasma. Mais le petit nombre d'habitants que j'ai pu faire interroger, n'ont pas assez de lumières pour qu'il soit possible d'en tirer de bons renseignements, en sorte que je ne puis répondre positivement à la cjuestion que vous me faites. Toutefois, si l'Empereur veut le permettre, je prendrai cette direction et je crois que je parviendrai à passer.
J'ai vu ce matin ici le prince Poniatowski qui se rend à Egorevskoïé. Les 10'' et 11'' divisions d'infanterie sont placées en avant de Vereya, de manière à couvrir les débouchés de Borovsk et de Médjne.
Conformément à vos ordres, le trésor, le quartier-
général de riiitenJaiice et les bagages filent sur Mojaïsk, et j'attends ici que V. A. S. me fasse connaître les intentions de l'Empereur.
Vereya, i-j oclohi-e iSiii, a heures du soir.
Monseigneur, l'Empereur vient de m'ordonner de me porter sur Gorodok-Borissov. La 10'' division arrive seulement ici. La 1 1® division et les brigades de cavalerie légère étaient campées depuis une heure et demie et les hommes commençaient à faire la soupe et à fourrager. Ainsi, pour remplir les intentions de S. M., la lO*" division continuera sa marche sur Borissov, les brigades de cavalerie légère et mon quartiergénéral s'y établiront également, et la 11" division se rendra à Mitiveva, et s'il est possible, jusqu'à Borissov. Demain, au point du jour, toutes les troupes se mettront en marche sur Mojaïsk où le général Marchand couche ce soir avec le parc général. Je pourrai même dépasser cette ville en la laissant sur ma droite et me rendre à Borodino, si cela entre dans les vues de Sa Majesté.