JuNOT A Bertiiier
Pendant les pi'emiers mouvements de la retraite, Junot occupe Mojaïsk. Mais il se plaint. Il n'a plus une seule voiture, et on ne trouverait pas un véhicule à dix lieues à la ronde. Il ne dispose que de très peu de monde : les Co- "^ iques voltij,'-ent autour de Mojaïsk, une nuée de paysans lenvironne, tous les jours il perd des soldats.
Mojaïsk, a3 octobre i8i3.
Monseigneur, je viens de recevoir la lettre de V. A. S. de Fominskiya du 22 octobre. Mes troupes étaient disposées pour partir ce soir et s'emparer demain de Vereva, comme j'ai eu l'honneur de l'écrire hier à V. A. Mais V. A. y est arrivée et je vais faire passer l'estafette par A ereya. J'occupe Borissov : ainsi notre communication sera très facile.
Je n'ai ici, Monseigneur, aucune troupe étrangère au 8^ corps ni convois d'aucune espèce. Je n'ai que <les caissons non attelés et qui paraissent destinés à être détruits. J'ai perdu 50 chevaux pour aller chercher cent de ces caissons au château Galitzine, route de Moscou.
J'ai l'honneur d'adresser à V. A. le dernier état de
100 T.KTTnES DE 1812
situation de l'hôpital. Nous avons évacué plus de 2.000 malades. Mais il ne nous est plus possijjle aujourd'hui de rien évacuer. Il ne nous reste pas une voiture et à dix lieues d'ici on n'en trouverait pas une.
Je vais donner l'ordre aux troupes qui étaient sur la route de Moscou pour les estafettes, de rentrer ; cela me fera du bien, car je suis bien faible.
Nous sommes ici entourés d'une nuée de paysans armés et mêlés de Cosaques ; ils nous enlèvent chaque jour quelques soldats au fourrage, au moulin, en détachement d'escorte, etc.
La position de Mojaïsk est la plus mauvaise que l'on puisse occuper, sans ressource aucune, et placée de manière que tout ce qui pouvait arriver de Smolensk en vivres ou en troupes était arrêté à Yiasma et à Ghjatsk. Nous n'avons eu que le fardeau de la localité. Les hôpitaux voisins ont rempli plusieurs fois le nôtre et il est de toute impossibilité que nous parvenions à l'évacuer, sans secours.
Le duc d'Abrantès.
— Il n'y point d'estafette arrêtée ici. Celle de Paris n'est pas venue hier. Dès qu'elle arrivera, je l'expédierai. J'envoie cependant mes lettres et celles qui sont au bureau par estafette.