‹ Lettres de 1812Chapitre 44 sur 98 · Au GÉNÉRAL Lepin · texte numérisé non relu

Au GÉNÉRAL Lepin

Avant de quitter Moscou, j'ai fait détruire la poudre et le salpêtre qui s'y trouvaient et, après notre départ, lors de l'évacuation du Kremlin, on a fait sauter le grand magasin de l'arsenal oh. l'on avait rassemblé les poudres et les cartouches trouvées dans divers magasins extérieurs de la place.

î)8. Au 3IAJ0R POIREL

Smolensk, lo novembre 1812.

Nous sommes arrivés à Smolensk, mon cher major. Nous y avons trouvé beaucoup de munitions; il est inutile d'en envoyer davantag'c sur ce point. Conservez à Vilna tout ce que vous avez.

Ecrivez à Kovno pour que ce point reste bien approvisionné.

Vous devez continuer à fournir de ces deux dépôts aux consommations des 2", 9^ et lO*^ corps.

"S'ous n'avez pas besoin de nous envoyer des armes.

Ne nous envoyez plus de vin ; celui que nous avons trouvé à Smolensk nous embarrasse.

S9-60. Deux lettres de Duroc

Deux lettres de Duroc :

L'une, à Ghampagny, duc de Gadore, intendant général de la couronne, qui lui a donné des détails « fort intéressants » sur Tévènement du 23 octobre, c'est-à-dire sur la conspiration de Malet. Mais Duroc garde une réserve officielle. Il raconte que le temps s'est gâté dans les derniers jours et que la neige a rendu les routes difficiles. Toutefois il assure que l'Empereur a battu l'ennemi, que l'armée trouve de grandes ressources à Smolensk — tandis que Gastellane note dans son carnet que Smolensk « offre peu de ressources !» — Il ne prononce pas le nom de retraite. Stendhal-Beyle ne disait-il pas que dans cette fière armée impériale on prétendait ne pas reculer, mais opérer un mouvement de flanc ? Barbanègre ne disait-il pas, le 5 novembre, au témoignage du Hollandais Everts, et pour complaire à l'Empereur, et pour encourager les troupes, que la reculade de l'armée — qui, dit Everts, ressemblait à une fuite et avait lieu dans un désordre complet — était une belle, une remarquable retraite? De même, Duroc écrit que Napoléon est trop loin du centre de son empire, qu'il se rapproche donc de la Lithuanie et qu'il reprend l'offensive !

L'autre lettre, au comte de Montesquiou-Fezensac, grand chambellan de l'Empereur. Dans celle-là, Duroc reconnaît que Smolensk, ce Smolensk où l'armée doit trouver beaucoup de ressources, est brûlé comme Moscou,

et il ignore où seront les quartiers d'hiver. Il essaie d'amuser son correspondant, plus frivole sans doute et plus mondain que Champagny, en lui parlant du théâtre de Moscou qui n'a pas duré et de la <■<. troupe comique » qui suit l'armée : hélas ! que d'acteurs et d'actrices restèrent, comme dit Dui^oc, sur le chemin !

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