‹ Lettres de 1812Chapitre 8 sur 98 · Mauet a Macdo.nald · texte numérisé non relu

Mauet a Macdo.nald

Maret, ducdeBassano, ministre des relations extérieures, resté à Vilna, donne le 5 septembre des nouvelles à Macdonald et lui transmet les instructions de l'Empereur. Il retrace la marche de Tarmée dont Eugène et Poniatowski forment les ailes, et il reproche aux Russes l'incendie de Viasma, leur reproche leur système de destruction — et on sait que les troupes avaient marché depuis Smolensk, constamment entourées de flammes. Maret, lui aussi, croit à la bataille prochaine : l'ennemi, commandé, non plus par Barclay de ToUy, mais par Koutouzov, voudra couvrir Moscou ; mais il sera battu (1), et, dans ce cas, Macdonald, de concert avec Saint-Cyr, devra tomber sur Wittgenstein ; au reste, dans les circonstances présentes, l'Empereur lui laisse carte blanche.

Vilna, 5 septembre 1812.

Le quartier général de l'Empereur était le 31 à Viaî-ma que les troupes occupaient depuis le 29. L'armée marchait sur trois colonnes.

La gauche, formée par le vice-roi, se dirigeant par Kokouchkino, Znamenskoïé, Koslerechkovo et No-

(i) « Nous aurons bientôt la paix, disait Maret aux Lithuaniens, car M. KoutouzoY a le talent de se faire bien battre. »

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voie ; le centre, formé par le roi de Naples, les corps du prince d'Eckmûhl, du duc d'Elchingen et la garde, marchant sur la grande route; et la gauche, par le prince Poniatowski, marchant sur la rive gauche de rOsma par ^^olotchek, Loujki, Pokrovskoïé et Sloukino.

L'ennemi continuait à tout brûler sur son passage. Il avait mis le feu à la ville de ^'iasma. Nous sommes parvenus à en sauver les transports. Elle était abandonnée aux Cosaques qui nont pas eu le temps d'en achever le pillage. Nous y avons trouvé une certaine quantité d'approvisionnements et beaucoup d'eau-de-vie. On ne conçoit rien à cette rage qui prononce la destruction d'une ville de 15.000 habitants, ornée de trente-deux églises et enrichie par les siècles. Il paraît que c'est un des détails de ce que M. Barclay de Tolly appelle son système et il est à espérer que le système changera, s'il est vrai, comme on le croit au quartier-général, que le général Koutouzov a pris le 28 le commandement en chef de l'armée russe. Tout paraît se préparer pour une grande bataille et l'on croit qu'elle peut avoir lieu d'ici au 12 ou 13. Les habitants de Moscou ne semblent pas disposés à se laisser abandonner, brûler et piller par les Cosaques.

S. M. m'ordonne, monsieur le maréchal, de vous écrire que dans l'état actuel des choses, la probabilité étant que l'ennemi livrera bataille pour couvrir Moscou, si nous la gagnons et si nous entrons dans cette

ville, les affaires se trouveront prendre un caractère très décidé ; qu'en conséquence, il serait convenable, vu siu-tout la saison avancée, que le siège de Riga fût ajourné et qu'avec tout ce que vous avez de disponible, vous débouchassiez surWittgenstein, de concert avec le maréchal de Saint-Cyr, et que vous poussassiez le général ennemi à quelques marches de la Dvina. S. M. ajoute dans sa lettre que, dans les circonstances présentes, elle ne peut que vous laisser carte blanche là-dessus.

Je n'écris rien à ce sujet au maréchal de Saint-Cyr. Votre Excellence lui fera connaître sa détermination.

Le duc de Bellune est ici depuis deux jours. Le mouvement général de son corps d'armée et des autres troupes qui entrent sous son commandement, a pour objet de pouvoir, au besoin, appuyer le maréchal de Saint-Cyr et les opérations du prince de Schwarzenberg en ^ olhynie.

J'ai l'honneur d'offrir à Votre Excellence les nouvelles assurances de ma très haute considération.

Le duc de Bas sang.

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