Un ami a Schon
Cette letti'e d'un correspondant de Schôn renferme quelques traits saisissants sur les malheureux Français arrivés à Marienwerder : Eugène et Victor ne peuvent avoir de sentinelle devant leur porte ; on ne trouve qu'à grand peine un tambour pour rallier les soldats, etc. (1).
Mari^werder, 3o décembre 1813.
Depuis le 2o de ce mois le vice-roi d'Italie et le maréchal Victor se trouvent ici avec plusieurs milliers de malades, de blessés, d'hommes gelés ou souffrant du froid, de convalescents de tous grades, de toutes armes et de tous numéros. On voulut, dès leur arrivée, donner au vice-roi et au maréchal une sentinelle, on ne put la trouver, et ce n'est qu'avant-hier qu'ils ont pu avoir chacun pour factionnaire un convalescent.
Les hommes bien portants devaient être convoqués sur le marché par un roulement de tambour, puis être passés en revue et comptés. Mais le commandant répondit gravement : « Nous n'avons pas de tambour »,
(i) Staoemam», Briefe, I, p. a 58.