Au CAPITAINE-COMMANDANT LA GENDARMERIE
DES Hautes- Alpes, a Gap
Gap, fi mare.
D'après l'avis que vous avez reçu et que vous m'avez communiqué, je vous recommande de nouveau de faire redoubler de surveillance la gendarmerie sur les personnes qui circulent dans ce département et de faire visiter leurs papiers avec le plus grand soin. Cette mesure est de rigueur pour empêcher toutes les tentatives que l'on pourrait faire contre le bien du service et l'intérêt du Roi. Je vous recommande aussi, monsieur le capitaine, de faire renforcer jusqu'à nouvel ordre les brigades de gendarmerie qui font le service des correspondances de Gap à Valence, à Digne, à Besançon et à Grenoble, si toutefois vous jugez qu'elles ne puissent suffire pour les fréquentes ordonnances que les événements nécessiteront d'expédier sur ces routes.
.". Ai; PRif;FET des Hautes- Alpes, a (>ap
(î:i}), '1 mars.
D'après l'avis qui nous a été floniu' co matin du di'- ])ar([Uoment do Buonapartc ot de la miarclioqu il paraissait \()idoir piondre. je viens vous inviter, monsieur le prél'et, de voidoir bien oi-donner les mesures ([ue \oiLS croirez nécessaires jjour empêcher la circulation dans ce département de tout pamphlet et [proclamation contraire à lintérct du Roi et au bien du scr\ice. .le \ iens d'écrire au capitaine de la gendarmerie de porter toute son attention sur les personnes (pu cii-culent, dans ce départenuMit. Ue votre côté, \iius [xnive/. donner vos instructions aux divers lonctionnaires civils à (pii vous le jugere/. nécessaire.
(>. Al- "Mi'.Mi:
Gap, '1 mars.
D'après la lettre qui vous a été comnniniquée du connnandant de la <i;eudarmerie du dt''[)artenu'ut, il paraît certain ([ue l>uonaj)ai'te a débaicpié au j^'oUV' Juan avec 1.20(1 lionnnes et (piil se diri^-c sur (lastcllanc. Digne et (iap. .le pense doiu'. monsiem- le préfet, (pic \dus tleve/. s;ius aucun retard, armer les gai-des nationales du déparlenu'ut et les mettre à ma disposition à la première demande (pie jaurais riionneur
LETTRES DE \SV) Ti.S
Je vou«» faire. Je vous prie, pour rintérèt du service ilu Roi. de travailler »u perfectionnemeni de son oi- «••anisation dans le cas qu'elle ne serait pas terminée. \'ous sentirez comme moi, monsieur le préfet, les euîbarras où nous allons nous trouver, si l'avi-s qui nous es! donné vient à se réaliser.
T. A Moi TON-DrvEP.NKT
(!ap, 'i mars.
Je viens décrire à M. le préfet d'armer la t^arde nationale du département et de la mettre à ma disposition à la première demande que je lui ferai. Je vous prie de voir M. le lieutenant-général Pernety, pour qu'il envoie dans les places de ce département quelques compagnies d'artillerie pour placer quelques pièces d'artillerie dans les ouvrages en cas de besoin.
S. A M0UT0N-DUVER>'ET
Hap, 'i mars, S heures du soir.
f]']cril par Sonnet, aidc-de-camp de liostollanl .
J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint copio- dune lettre qu'écrit le général Loverdo, commandant le département des Basses-Alpes, aujourd'hui à «» heures du matin.
Mon général est parti à une heure du matin pour visiter les places et forts sous ses ordres et les garantir de toute surprise. Je lui adresse cette lettre ainsi qu'à M. le général Marchand à Grenoble, afin qu'il prenne des mesures.
Mon général a eu l'honneur de vous informer qu'il n'avait pas un seul artilleur pour placer les pièces et les servir en cas de besoin. J'en instruis M. le lieutenant-général Marchand afin que, s'il le peut, il envoie quelques compagnies du 4° régiment d'artillerie à pied et les fasse partir en poste, en lui observant cependant que, s'il retarde et leur fait prendre la grande route de Grenoble à Gap, elles pourraient rencontrer l'ennemi ; car, d'après l'avis qu'a reçu M. le préfet de ce département, Buonaparte devrait être arrivé ce matin à Digue.
J'ai reçu l'ordre de mon général de ne pas quitter Gap afin d'y recevoir les dépêches qui peuvent arriver ; je n'en partirai que lorsque l'ennemi sera aux portes de la ville.
P. S. Mon général a eu l'honneur de vous informer qu'il avait invité M. le préfet de mettre la garde nationale à sa disposition lorsqu'il la lui demanderait ; mais ce n'est pas une telle troupe qui peut garantir des tentatives de l'ennemi. 11 vous a aussi rendu conqjte que les routes de Gap à Valence et à Grenoble étaient découvertes et qu'il ne pourrait distraire aucune troupe des places et forts jH)ur les garder.
LETTRES DK 1815 o7
9. Au LIKL'TEXANT (IKNÉUAL COMTE MARCHAND, COMUAN- DANT LA i'"'' SIRDIVKSION DE LA 1'' DIVISION MILI- TAI II E.
Gap, /| mars, 8 heures du soir.
(Ecrit par Sonnet).
Jai l'honneur de vous adresser ci-joint copie d'une lettre de M. le maréchal de camp commandant les lîasses-Alpes, datée d'aujourd'hui à .') heures du matin, faisant connaître la marche de Buonaparte qui est débarqué au golfe Juan le l*"'' de ce mois.
Mon général, d'après un avis de ce débarquement qu'il avait reçu ce matin, est parti sur le champ pour visiter et gai\antir les places et forts sous ses ordres de toute surprise. Je m'empresse de vous adresser cette copiequivous mettraàmêmede prendre les dispositions que vous jugerez convenables pour garantir les départements de votre commandement. J'en adresse également copie à M. le lieutenant-général baron ^louton-Duvernet en lui rendant le compte que mon général lui a déjà rendu, qu'il n'existait pas un seul artilleur pour placer et servir les pièces que l'on serait obligé de mettre en batterie pour la défense des places et forts de ce département. Je le préviens que je vous en donne avis en vous observant la position dans laquelle mon général se trouve, ayant une nombreuse artillerie sans pouvoir s'en servir. Je prends la liberté, mon
i^t'iicTal. de vous pricM-, si vous le pouN icz el le jug'iez convonable, d'envoyer dans ce dépaitonient quelques eompatrnies du 4*" rétriment dartillerie à pied qui se trouve sous vos ordres. Je vous observerai que, d'après l'avis que vient de recevoir M. le préfet de ce département. Napoléon devrait être arrivé à Digne anjourd'hui dans la matinée et qu'il faudrait, si vous vous décidiez à envoyer ces compagnies, quelles voyagent en poste et prenneul toutes les j)récauti(>iis convenables pour ne [)as se laisser surprendre.