Ar r.ENÉRAl. Ro^TOI.I.ANT
(lap, 4 mars, !^ (ieuie« du -oir.
(]\cril j).n- Sonnet).
Ci-joint copie d'une lettre de M. le maréchal de caniji Loverdo que je re(,'ois à l'instant. J en adresse copie au comte Marchand et an général ?\Ioulon- Duvcrnet. Je ne sais si vous Tapprouverez ; mais j'ai engage M. le comte Marchand à vous envoyer quelques compagnies d'artilleurs du ï'' régiment à pied, en lui observant la position dans lacpielle vous vous trouvez, ayant une nombreuse artillerie .sans pouvoir vous en servir. Je lui obsei've cependant que ces compagnies, en passant par Gai), l^HU-raient fort bien rencontrer l'ennemi en roule : car, d'ajjrès l avis que M. le jiréfct à ipii jai coninumifpié celte lettre a rei^-u
LKITRES I»E 181.')
(le son collôg'uo du départeniont du Var et (jui ooulînno colle du gi'iu'ial Lovordo. il paraîli'ail ([uc Xapoléon serait ar^i^•é à l)ii;iu' aujoui'dhui dans la nialinre. Nous no m'avez pas donné dOidres pour vos jiapiors ; en cas de surprise, je les emballe cette nuit et ne ([uitterai la porte de Gap pour vous rejoindre que lorsque lennemi y entrera par lauti'e. .l'altends \(is ordres; où voulez-vous (jue la ^'cndarnicrii' se l'clirc à raj)pr(iclii' (!e !'enn<'nu ?
M. \\- l'UKim' i»i:s IlAiTKS-Ar.i'Ks,
Eni))rnn, f) mars.
D'après la copie de la lettre du jj^énéral Loverdo, commandant les Basses-Alpes, il n'y a pas de doute que Bonaparte arrivera aujourd'hui ou demain ;\ Gap. y.n conséquence, j(> vous invite à donner ordre au payeur de la guerre, M. Ruelle, et à M. le receveur ^•énéral Brochier et aux receveurs ayant dow fonds au i;x)uvernement. do les faire transporter ici pour être répartis dans les dilférentes places de ^-uerre tant ])our la solde des troupes que jioin- TaclKit dos denrées nécessaires aux approvisionnements f I ). Je vousinvite és^nlement à faire partir la î^-arde nationale aujorn^l'hui
(i) « Les ralssos sont parties de G^ip le "i ponr Emlirun, mais il n'y avait rien fleilans ; le payeui- et le receveur avaient en soin do les envovcr vides. » (Noh; do Piostellant.)
pour Embrun (1). Vous savez, monsieur le préfet, ceque vous avez à faire dans cette circonstance pour ce qui vous regarde. Je pense que vous feriez fort bien de quitter Gap et de vous rendre ici dans le cas que l'ennemi se dirigerait sur Gap, comme cela paraît assez vraisemblable (2). Je donne ordre à la gendarmerie de se retirer sur Embrun. Je vous prie également de prescrire à tous les olïîciers à demi solde et autres militaires en congés limités ou illimités de se rendre à Embrun pour y recevoir de nouveaux ordres (3). Je n'ai pas le temps de vous en dire davantage. Ce malheureux événement et votre attachement au service du Roi vous dicteront le reste.