‹ Lettres de 1815Chapitre 21 sur 82 · A Kerverseau · texte numérisé non relu

A Kerverseau

Embrun, 6 mari.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 3 de ce mois. Je m'empresse de vous informer que Buonaparte est arrivé hier, à 10 heures du soir, à Gap, suivi de 800 hommes. L'on prétend que le reste doit arriver aujourd'hui (l'on n'en détermine pas la quantité), et qu'il se dirige sur Grenoble et Lyon. Des personnes de sa suite ont même dit qu'il serait à Paris le 20 de ce mois : chose impossible ; je crois que Grenoble sera le nec plus ultra. J'attends de nouveaux renseignements sur la marche de Napoléon ; sitôt qu'ils me seront parvenus, je m'empresserai de vous les communiquer. En attendant les événements, soyons tranquilles et taisons notre devoir. Faites partir de suite, je vous prie, un homme de confiance de Briançon pour Grenoble en passant par la petite route pour voir comment les choses se passeront lors

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de son arrivée scms les mursde cette place, et, s il pouvait y entrer, la rc'cej)tion qu'on lui fora ; fournissezlui tous les moyens possibles pour accélérer sa marche ; il doit y être demain. Méfiez-vous des proclamations : il pourrait s'en introduire dans votre place, car il en a été répandu en très grand nombre à Gap (1).

11). Ai: COMMANDANT d'aUMKS A MoM-DaUPHIN

Embrun, 6 mars.

J'ai 1 honneur de vous informer que Buonaparte est arrivé hier à 10 heures du soir à Gap, suivi de 800 hommes. L'on prétend que le reste doit arriver aujourd'hui, l'on n'en détermine pas la quantité. Il dirige sa marche sur Grenoble, Lyon, etc., et des personnes de sa suite ont même dit ({u'il serait à Paris le 20 de ce mois. Je crois que Grenoble sera son nec plus ultra. Veillez, monsieur le commandant, à la désertion qui peut avoir lieu dans la place et les forts que vous commandez, ainsi qu'à l'introduction des proclamations qui ont été répandues avec profusion à Gap.

(i On répandait dans le public, depuis plusieurs jouro, que les Autrichien* étaient en force à Fénestrelle et dans la vallée de Pragclas ; dea partisans de Buonaparte faisaient courir les'bruits les plus absurdes sur l'accord qui régnait entre lui et la maison d'Aulrichc ; quarante mille honimes de c«tte nation devaient U joindre à Grenoble. • (Note de Koslollant .

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