Au MATIÉCIIAL !MaSSKNA, A MARSEILLE
Embrun, 7 mars, S heures du malin.
J'ai l'honneur de vous rendre compte que l'avantgarde de Buonaparte est arrivée à Gap le 5 mars, à 9 heures du soir. Il est arrivé en personne vers les 1 1 heures du soir, et n'est reparti qu'hier à 1 heure et demie de l'après-midi. Son escorte n'était que de 300 hommes ; mais l'on attendait hier soir, à Gap, un bataillon de flanqueurs fort, dit-on, de 300 hommes. Ne connaissant point la marche qu'il devait prendre et n'étant pas sûr de la lidélité du pou de troupes que j'ai sous mes ordres, je me suis borné à garantir les places de mon département de toute surprise. J'ai une nombreuse artillerie, mais pas d'artilleurs. Je suis sûr, maintenant, qu'il se dirige sur Grenoble, et, de la rapidité avec laquelle il marche, il doit arriver demain. Je fais un choix dans les troupes d'environ 600 hommes, sur lesquels je peux le plus compter et marche sur ses derrières et si, comme j'ai lieu de le croire, il éprouve une forte résistance de la part de M. le lieutenant-général comte Marchand qui commande à Grenoble, je lui cou})0 la retraite et ne lui laisse aucun moyen d'échapper. J'ai cru devoir vous instruire de ces mouvements alin que vous preniez les mesures ([ue vous jugoiw. nécessaires.
LETTP.ES DR l81o 71
2^). Au soi.s-PRKi'ET d'Embrun
Embrun, 7 mars.
.lai riionneur de ^■()us prévenir que je viens de donncu' le coniniandemenl supérieur de la place d'Embrun à M. Dariès, colonel au 39'' régiment de ligne. Je vous prie de vous entendre avec cet ofllcier supél'ieur pour ce qui re<^arde le bien du service de Sa Majesté. Je lui donne l'ordre de faire faire le service à la jjarde nationale conjointement avec la troupe de lig-ne.