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Gap, 8 mars, 8 Leures du soir.
(Ecrit par Soniiel.) J'ai eu l'honneur de vous prévenir ce matin à
9 heures que mon général marchait sur les derrières de Buonaparte et qu'il devait être à Saint-Bonnet quelques heures après. Je reçois à l'instant une dépêche de lui qui m'annonce que les troupes de Grenoble, en présence avec celles de Buonaparte, n'ont voulu avoir aucune conversation ensemble. La nuit, le général de Buonaparte a fait retirer ses troupes à une lieue de La T^Iure. Les troupes royales (o^ de ligne), fidèles à leur serment, se sont retirées sur les hauteurs de la ville de ^'izille. Buonaparte ne peut plus avancer ; les portes de la ville de Grenoble lui sont fermées, et les autres passages, pour pénétrer en France, gardés, de manière qu'il ne lui reste pour toute ressource que de rétrograder sur Gap ou Briançon, par le Bourg d'Oisans. D'après ces différents rapports dont mon général me charge de vous faire part par ordonnance pressée, ainsi que de l'importante position de Corps qu'il doit occuper cette nuit ou demain matin, je présume, mon général, (pie vous dirigerez votre marche sur ce point. J'ai eu l'honneur de vous dire que mon général n'avait que 000 hommes qui n'avaient pas un très bon esprit ; mais il est à croire que cette circonstance les ramènera au devoir et à la soumission qu'ils doivent au Roi.
33. Au CAPITAINE DE GENDARMtlUE DES HaLTES-AlPES Saint-Bonnet, ç) niarâ, (J heures du malin.
Au reçu de la présente, voyez M. le maire. \'ous
lui demanderez de ma part qu'il mette de suite en réquisition douze chevaux bien harliacliés avec de bons conducteurs que vous ferez conduire sous l'escorte de la gendarmerie à La Bâtie, pour prendre les deux pièces d'artillerie et le caisson qui s'y trouvent. Cette artillerie me sera envoyée sur le champ à Corps. Cijoint l'ordre pour l'officier chargé de sa garde.
34. A l'officier chargé de la garde de l'artillerie A La Batie-Neuve
Saint-Bonnet, 9 mars.
Il est ordonné à M. l'otficier chargé de la garde de l'artillerie qui est restée à La Bâtie, de se rendre sur le champ, avec sa garde, ses pièces et son caisson, à Corps. M. le maire de Gap doit lui envoyer douze chevaux. 11 lui est enjoint de veiller à la sûreté de son artillerie par tous les moyens qu'il jugera convenables.
35 Au C0M3IISSAIRE DES HaUTES-AlPES, A GaP
Saint-Bonnet, g mars.
Le maréchal de camp, commandant les Hautes- Alpes, invite M. de Cressy, commissaire des guerres employé dans ledit département, à porter tous ses soins sur le service des vivres et transports. Il ne peut pas fixer le nombre des troupes qui doivent passer, mais il l'engage à tenir toujours un nombre de rations
sulïisant pour leur subsistance . Il m'enverra jusqu'à nouvel ordre 1.200 rations de pain tous les deux jours. Le maréchal de camp se repose sur son z.èle et son activité. Sil n'a pas assez d'ouvriers pour la confection du pain, il est autorisé à requérir de M. le maire ceux qui lui manqueront et tout ce qui ])ourra lui être nécessaire.