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Macdonald — lisons-nous dans ses Souvenirs — avait reçu Tordre de se rendre à Nîmes et il arriva le 9 mars au 8oir il Lyon. Monsieur, ou le comte d'Artois, était là : il confia à Macdonald le commandement des troupes cl hii annonça qu'on ne pourrait, non seulement pousser sur Nîmes, mais même jj^arder Lyon. Le maréchal représenta qu'il fallait, avant d'abandonner Lyon, voir au moins les troupes le lendemain matin et leur parler : ce qu'il fit. Le lendemain matin, 10, il vit les troupes sur la place Bellecour, il les harangua, et, dit-il dans ses Souvenirs, il était très animé. Mais elles ne répondirent à son cri de Vive le roi que par le plus morne silence. Même accueil des olliciers. Ils vinrent tous dans ses appartements et il leur pai'la deux heures durant; ils lui répliquèrent qu'ils no tireraient pas sur leurs camarades. Il n'y avait plus ii compter sur aucune espèce de résistance ; Macdonald supplia Monsieur de s"éloi,^Mer,ct Monsieur y l'onscnlil. a]n\-: avoir charj^é le maréchal d'envoyer des contre-ordres aux troupes qui s'acheminaient sur Lyon pour qu'elles ne fussent pas en contact avec les soldats qui venaient et de l'iKd'Elbe et de Grenoble. Tout cela est rapidement cxpo-<c dans la lettre que Macdonald envoie, le 10 mars, au ministre.
LliTTRliS hK ItSlo lO.'i
2(j. AU mimstiil: ue la guerre
Lyon, lo inari^i,'), ; i heures du malin.
Je suis arrivé ici hier soir pour apprendre la triste défection des troupes de la 7*^ division militaire. Celles de cette ville nont pas un meilleur esprit ; j'en ai passé la revue ce matin ; j'ai péroré les soldats, les corps d'ofliciers en particulier, mais sans succès. On ne veut pas se défendre et il est plus que probable qu'à l'apparition des éclaireurs de Napoléon, les ponts de Lyon leur seront livrés.
Dans cet état de choses, j'ai supplié les princes (1) de partir, leur présence étant inutile et pouvant les compromettre. Son Altesse llovale Monsieur m'a remis le commandement après être convenu d'un rassemblement à ^lotdins. Dans ce but, on fait rétrograder les troupes en marche sur les trois directions de Besançon, Màcon et le Bourbonnais pour se concentrer à Moulins. On tâchera d'y conduire la garnison de Lyon avant le contact de Napoléon.
Macdonald.
P. -S. — Un officier de la maison du roi vient de passer à Vienne ; il a trouvé deux escadrons du
(i) Monsieur et le duc d'Urléitns.
196 LETTItES DE 1815
4^ d'hussards montant à cheval pour se porter sur Lyon.
Envoyez du canon à Moulins.
Les trois lettres suivantes sont écrites par Macdonald an ministre de la guerre coup sur coup, à une demi-heure de distance, le matin du 1.3 mars. Le maréchal vient d'arriver à Paris. II a dû s'échapper de Lyon à travers la foule au milieu des cris de Vive r Empereur qui éclataient de toutes parts, dit-il dans ses Mémoires, jusqu'à l'étourdir, et à la vue de ses propres soldats qui « se précipitaient pour introduire les survenants dans la ville >>. Il avait deviné juste dans sa lettre du 10 mars : dès que parurent les éclaireurs de Napoléon, les ponts de Lyon leur furent livrés. On trouve d'ailleurs dans les trois billets du 13 mars les mêmes particularités que dans les Souvenirs : rencontre à Savigny du général Simmer et à Tarare de Monsieur qui donne place dans sa voiture à Macdonald et au général Digeon. Mais, écrits en toute hâte par un homme qui ne s'est pas déshabillé depuis cinq jours, destinés à infoi'mer le ministre et de l'événement de Lyon et des dispositions prises pour la retraite des troupes, les trois billets du l.'i mars n'olTrént pas le même luxe de détails que les Mémoires. On les lira néanmoins avec intérêt.