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Le transport des troupes

Une partie des troupes de Napoléon fut transportée de I.yon à Chalon sur des bateaux. On trouvera quelques renseignements sur cette traversée dans une lettre que le général de brigade Martel écrivait plus tard à l'inspecteur en chef Boinod (qui avait rang et titre de général). Il résulterait de là que le temps fut mauvais et que les troupes que Napoléon croyait ménager, en les faisant voyager par eau, aimèrent mieux continuer leur marche parla voie de terre.

A M. l'ordonnateur en chef de la Grande Armée, l Inspecteur en chef Boinod.

Paris, G avril 181 5.

Général, voici le.s renseignements que je puis vous donner relativement au transport, sur la Saône, des Iroupes aux ordres de M. le lieulenant-g'éneral Jeannin, à leur départ de Lyon pour Chalon.

La force de cette divi.sion, à son embarquement, était d'environ 4.000 hommes de troupes, six bouches à feu avec huit colfrets ou caissons d'infanterie, et 45 chevaux, tant du train que de l'étal-inajor et des corps.

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Dix neuf bateaux de dilïérentes grandeurs, un coche compris, chacun, l'un dans l'autre, pouvant, au plus, contenir 250 à 300 hommes, furent et durent être employés ù ce service : 15 desquels pour la troupe, 2 pour le matériel d'artillerie et 2 pour les chevaux, lotal 19.

Ce convoi fut contrarié par le mauvais temps ; 4 bateaux seulement, transportant l'artillerie, une partie des chevaux et les bagages, continuèrent lovu- roulo jusqu'à Chalon ; 10 s'étant arrêtés à la Maison-Neuve, et o à Thoissey. Les troupes débarquées sur ces deux points conlinuèrcnt leur marche par terre.

Quant à la question de savoir à qui appartenaient les bateaux, je ne pourrais y répondre, ne m'en étant point assuré et ne voyant en dernier lieu dans ce service que les sieurs Richard, Chère et Compagnie, comme ceux qui venaient d'en être exclusivement chargés, et par conséquent les seuls à qui nous dussions avoir à faire, sauf recours contre eux de la part de ceux qui auraient ensuite à réclamer, comme propriétaires des bateaux employés par ces derniers pour le transport dont il est question.

J'ignore quelles peuvent être aujourd'hui les prétentions du sieur Picolet.Mais le fait est ({ue je me suis moimême convaincu du peu de crédit de cet homme et de l'insuflisance de ses moyens pour satisfaire à ses engagements. Je veux bien croire qu'il était parvenu à réunir un ceiiain nombre do bateaux ; mais encore

fallait-il les mettre en état. Les objets nécessaires lui manquaient, et ni les ouvriers ni les bateliers ne voulaient avoir à faire à lui.

Enfin, dans cet état de choses, l'artillerie seulement put être embarquée par les moyens du sieur Picolet, et l'on aurait infailliblement été forcé de renoncer au projet d'embarquer les troupes si l'on ne se fût adressé ù d'autres.

3o. Ney et Meumet

Le lieutenant-général Auguste Mermet avait reçu, le 16 janvier 1815, des lettres de service pour commander la 2* subdivision de la G'' division militaire. Le 3 mars, il arrivait à Lons-le-Saulnier où était fixé son quartier-général. Le surlendemain il appi'enait le débarquement de Napoléon et il prit aussitôt, de concert avec le préfet, toutes les mesures pour armer les gaixles nationales et animer l'esprit public. Le 1.3, Ney ordonnait à Mermet d'aller prendre, au nom du roi, le commandement de Besançon.

Lons-le-Saulnier, le i.'i mars i8i5.

Vous voudrez bien, mon cher général, partir demain matin pour vous rendre à Besançon et y prendre le commandement de cette place. La garnison est composée des 3*^" bataillons des 13*' léger, 60" et 77'' de ligne et du i" escadron du *)*' de dragons. Le 3*^ bataillon du 76" régiment que, d'après mes ordres, vous avez dirigé de Bourg sur Auxonne, se rendra également à Besançon ; j'écris pour cet effet.

Tous les officiers à la demi-solde qui se trouvent dans les quatre départements du 6° gouvernement ainsi f[ue tous les sous-ofliciers en congés limités et

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illimités, reçoivent l'ordre de se rendre à Besanlon.

L'inspecteur aux revues ne les fera payer que dans cette place, et ils seront placés pour l'ordre et la discipline, à la suite des 3*''* bataillons des régiments cidessus désignés.

Vous dirigerez sur Lons-le-Saulnier toutes les troupes qui arriveront de la o'' division militaire, en vous assurant que chaque sous-oflicier et soldat est pourvu de deux paquets de cartouches au moins, et sur Dijon tous les hommes isolés et les troupes venant de la 4* division. Vous aurez soin de me prévenir de leur marche et de l'itinéraire que le ministre de la guerre leur aura prescrit.

\'ous choisirez parmi les officiers de l'état-major de la place celui que vous croirez le plus capable de bien remplir les fonctions de chef de l'état-major provisoirement.

A'ous communiquerez cette lettre au général Durand, commandant d'armes, et au général Mongenel, commandant de l'artillerie de la place de Besancon.

\ Ous rendrez compte au ministre de la guerre de Iciut ce qui peut intéresser le l)ien du service du lloi.

Je vous invite à donner l'ordre au colonel ïassin. commandant la gendarmerie, de faire établir des postes de correspondance de gendarmerie, de Besançon à Lons-Je-Saidnicr. i]^ maiiicre à ce (pic jf

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puisse recevoir dans le jour toutes les nouvelles qui pourraient métré de quelque utilité.

Le 14, au moment où Mermet allait partir pour se rendre à sou poste, Ney lui lit dire de rester parce qu'il avait d'autres ordres à lui donner, et l'aide de camp qui portait cet ordre, apprit à Mermet que le maréchal venait de proclamer Napoléon. Quelques instants après, Ney mandait IMermet et lui déclarait que la position de la France était changée: Mermet se rendrait à Besançon pour y commander au nom de l'Empereur, et Ney lui remit les instructions suivantes.

Il est ordonné au général de division Mermet de partir en toute diligence pour se rendre à Besançon et y prendi'e le commandement .supérieur de cette place. Il assemblera demain toutes les troupes dont cette garnison se compose ; savoir : les 3*" bataillons des lo^ léger, 60*^ et 77° de ligne, le i*' escadron du o*^ régiment de dragons, l'artillerie à pied et la garde nationale.

Il leur fera lecture du discours que j'ai tenu aujourd'hui à la troupe assemblée.

Le général de division Mermet aura eu soin de faire fermer les portes d'avance, de faire remplacer par un officier supérieur le maréchal de camp Durand, commandant d'armes, en l'invitant à sortir de cette place dans les 24 heures.

Il invitera le Conseil de i^réfecturc et les autorités

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civiles à se rendre à la municipalité à l'effet de procéder de suite au remplacement de M. le préfet comte de Scey. Le comte de Scey sera libre de rester ou de sortir de la place.

Le général Mermet recevra toutes les troupes qui arriveront des 4" et 5® divisions militaires ; il les conservera à Besançon jusqu'à ce que l'Empereur ait déerminé leur destination ultérieure. Le général Merme fera connaître à M. le maréchal duc d'Albufera, à Strasbourg, la détermination que j'ai prise de me réunir à Sa Majesté l'Empereur qui se dirige sur Paris.

Le général Mermet fera une proclamation pour le maintien de l'ordre et de la sûreté des personnes et des propriétés. Personne ne pourra être recherché ni arrêté pour les vœux émis et les idées qui ont été développées en faveur des Bourbons.

Le général Mermet se fera appuyer par la gendarmerie qui d'ailleurs continuera à faire son service comme par le passé. Il se tiendra en relation avec le général Pellegrin et le colonel du 7*^ d'artillerie à pied à Auxonne pour la prompte exécution des ordres que Sa Majesté l'Empereur pourrait lui transmettre.

Le général de division Mermet fera imprimer et afficher mon discours et enfin il adressera tous les jours im rapport à Sa Majesté l'Empereur à Dijon pour tout ce qui peut intéresser le bien du service de Sa Majesté.

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Merinet refusa d'obéir. Le maréchal menaça de le mettre en état d'arrestation et Mermet feignit de se rendre au poste qui lui était assigné. Mais, au lieu d'aller à Besançon, il se retira dans ses foyers. Il y reçut, à la fin de mars, l'ordre de garder les arrêts jusqu'à ce que Napoléon eût prononcé sur son sort.

Monloreaii, ao mars i8i5.

Il est ordonné au général de division Mermet de se rendre à Besançon où il restera aux arrêts simples jusqu'à ce que l'Empereur ait décide sur son sort.

Le Maréchal prince de la Moskowa.

Mermet resta ainsi sans emploi jusqu'au mois de juin. Mais, le 15 avril, il avait prié le ministre Davout de le nommer membre de la commission chargée de reviser lavancement accordé par l'ancien gouvernement. Le 13 juin, Davout lui ordonnait de se rendre à Libourne pour être attaché, comme inspecteur, au dépôt du 5" régiment de chasseurs à cheval, avec injonction de ne quitter Libourne que sur un ordre du ministre. Le 24, Mermet arrivait à Libourne où il trouvait une lettre qui le nommait inspecteur-général de cavalerie du corps d'armée des Pyrénées-Occidentales. La seconde Restauration le maintint inspecteur-général de cavalerie.

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