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mesures qui pourront être nécessaires. Veuillez bien, je vous prie, général, faire connaître aux troupes que vous commandez, cette nouvelle marque de l'intérêt ({ue Sa Majesté prend à leur bien-être et leur prescrire de faire former les états qui devront servir au paiement de la gratification dont il s'agit.
oO. UNE AFFAIRE DE POLICE
Au milieu de l'cmoi du gouvernement et de la cour de» Tuileries se produisent d'absurdes dénonciations, de ridicules vexations, et il y eut alors une singulière et comique affaire de police. Ou assura que le général Dalesme, l'ancien gouverneur de l'ile d'Elbe, qui demeui'ait à V^ersaille^, avait, de concert avec un autre général qui logeait chez lui et le commissaire des guerres Flandin, médité un complot. On assura que le général Robert, qui logeait à Paris, rue Saint-Dominique, avait des relations avec un personnage moustachu qui lui avait demandé de se porter avec lui au-devant de l'Empereur. On assura qu'un chef de bataillon, Renaud de Saint-Amour, envoyé en mission par le ministre de la guerre, donnait à son retour, dans la nuit du 13 au 14 mars, les marques de la joie la plus vive et qu'il était évidemment satisfait des succès de Napoléon. Sur quoi, Dalesme, Flandin, Robert, Renaud de Saint- Amour furent arrêtés. On dut les relâcher aussitôt. Leur interrogatoire prouvait que les dénonciations si bénévolement accueillies par la police étaient fausses de point en point. Voici le rapport que le ministre de la guerre reçut sur l'affaire. Pauvre police! Pauvres Bourbons !
RAPPORT AU MIiNISTRE
Une lettre du ministre de la maison du roi avait annoncé que le général Dalesme et un autre officier
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général logé avec Im tenaient tous les soirs à Yevsailles des coiiciliabules avec le commissaire de» guerres Flandin, faisaient des enrôlements et excitaient les soldats à la désertion.
Une note envoj'ée par la direction générale de la police avait fait connaître qu'un homme à moustaches et enveloppé d'un manteau aurait dit au général ou au colonel Robert, logé rue Saint-Dominique : « Nous venons de savoir que l'Empereur est à Ghalon : notre rendez-vous est-il toujours à Saint-G^'r? »
Enfin, une note sans signature avait représenté M. Renaud, logé rue Saint-Dominique, n" 26 à Paris, comme un agent employé à des voyages par M. le maréchal duc de Dalmatie et comme ayant eu une figure rayonnante lors de son retour à Paris dans la nuit du 13 au 14 mars.
Ces différentes personnes ont éfcé conduites et se trouvent à la prison militaire de 1" Abbaye à Paris, à l'exception du général qu'on avait dit être logé avec M, le général Dalesme qui assure ne connaître personne dans sa maison.
Voici le résultat des interrogatoires et des renseignements transmis sur chacune d'elles par M. le lieutenant général comte Maison.
1* M. le lieutenant général Dalesme. L'état de solitude dans lequel il vit a pu donner lieu aux habitant» et aux autorités d'en rechercher la cause. Mais il paraît qu'on doit l'attribuer à linconduite de sa femme
qui lui a donné un enfant pendant une absence de cinq ans. On a trouvé chez lui quinze lettres ou ordres relatifs à la remise qu'il a dû faire de l'île d'Elbe à Bonaparte en mai 1814, et qui ne sont d'aucun intérêt pour l'Etat.
2" M. Flandin, commissaire des guerres. Ses manières brusques et sa prétention à tout faire mieux qu'un autre, l'empêchent d'avoir des amis. « Frondeur « par caractère, dit le rapport de l'ofïicier supérieur (( qui l'a interrogé, il a frondé tous les gouvernements « sous lesquels il a servi et n'a pas plus épargné le « gouvernement actuel que tous ceux qui l'ont pré- « cédé. Cependant je n'ai pu acquérir aucune preuve « ni même aucun indice qui atteste qu'on ait à lui « reprocher plus que des inconséquences. »
3° Le maréchal de camp Robert. Il est président du conseil de liquidation de l'arme des grenadiers de France. Ses papiers, peu nombreux, n'ont rien oiïert qui pût faire soupçonner sa conduite. Son air de franchise et de loyauté a fait penser à l'interrogateur qu'il ne pouvait sérieusement causer d'inquiétude. Il croit qu'on aura voulu désigner un colonel qui porte son nom et qui est neveu de M. le lieutenant général comte Belliard. L'interrogateur fait rechercher l'adresse de ce colonel.
4° M. Renaud de Saint- Amour, chef de bataillon. Il a répondu être attaché à l'état-major du ministère de la guerre et avoir été envoyé trois fois en mission :
1" auprès de M. le maréchal duc de Dalmatie, en avril 1814 ; 2° auprès du baron Martial Thomas à qui il avait, en octobre suivant, porté des fonds à Bialystok en Pologne, pour les prisonniers revenant de la Russie ; 3'^ à Dijon, Besançon, Bourg et Grenoble d'après un ordre du ministre de la guerre du 6 mars. Ces missions sont justifiées par des ordres et récépissés saisis chez M. Renaud, 11 déclare qu'en revenant de sa dernière mission il a voyagé avec M, Bernon, gentilhomme attaché à la maison du Roi, dont le plaisir de revoir sa famille se peignait d'avance dans ses traits ; ce qui aurait fait dire que lui, Renaud, avait un air de gaîté, erreur qui aurait pu être facilitée par la ressemblance de nom et par la circonstance que M. Bernon se proposait d'abord de loger avec lui (1).
Dans ces circonstances on pense qu'il convient de faire rendre à M. le général Dalesme et à M. Renaud les papiers qui leur appartiennent et qu'il n'existe pas de motif de détenir plus longtemps ni les uns ni les autres.
Seulement il paraîtrait convenable de faire rappeler M. Flandin, commissaire des guerres, à une plus grande circonspection dans sa conduite politique.
Si Monseigneur approuve ces propositions, il est prié de signer les lettres ci-jointes pour M. le comte Maison et celle pour M. le comte de Blacas.
(ij Ce liernon n'est autre que Montélégier, »lor» général de Lrigailu.