Le 1" LANCIEHR
Ce que lit le l*"" lanciers à la nouvelle du débarquement (le Bonaparte, nous est brièvement raconté dans la note suivante par un de ses chefs d'escadron, iVI. deTrentinian. l'élève de l'Ecole royale militaire de Tournon en 1782, cadet aux chasseurs des Alpes en 1785, sous-lieutenant aux chasseurs bretons en 1791, Trentinian avait émigré et lait les campagnes de l'armée de Condé. Puis il était rentré dans l'armée nationale où il avait rapidement reconquis ses {grades : fourrier en l'an X, sous-lieutenant en l'an XI, lieutenant en l'an XII, aide du camp du général Thiébault en 1807 (Thiébault, Mém., lu, p. 313), capitaine en 1809, chef d'escadron en 1813. Il passait pour brave, actif, et il était en 1810 « cité dans la ville d'Agen comme un des officiers qui s'étaient le plus prononcés pour la cause royale » .
Note du chef d'escadron Trentinian.
Aussitôt cjue le l*^"' régiment de lanciers du roi eut appris la nouvelle du débarquement de Bonaparte, il s'empressa de renouveler son serment de fidélité au roi. Ayant reçu ordre de se porter sur Fontainebleau, ils furent instruits, à leur arrivée, que les troupes auxquelles ils devaient se joindre, s'étaient rangées du parti de l'usurpateur. Le maréchal de camp Colbert
SOUS les ordres duquel était le i*""" régiment de lanciers, ne recevant aucun ordre et craignant que les soldats ne suivissent le coupable exemple de leurs camarades, décida de se retirer sur Paris. Arrivé à Brunoj, le l^*" de lanciers lut arrêté par un régiment qui passait à l'ennemi. Près d'Essonnes, l'infanterie et l'artillerie les arrêta de nouveau. Mais, voulant absolument rejoindre l'armée royale qu'on disait campée dans la plaine Saint-Denis, le l®"" de lanciers se jeta sur sa gauche et alla prendre poste à Montlhéry . Le colonel, connaissant le dévouement du sieur Trentinian pour le roi, l'envoya à Paris pour s'informer où se trouvait l'armée royale et où était le roi. Là, il apprit le départ de S. M. et l'arrivée de Bonaparte aux Tuileries. Il retourna rendre compte de sa mission. Mais déjà le général Colbert avait reçu ordre de se rendre à Vincennes ; l'armée était soumise ; M. de Trentinian suivit son régiment.