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Réflexions de Gentz sur la déclaration des iilit

PUISSANCES CONTRE NaPOLÉON, DU 13 MARS 181")

Le 13 mars, le Congrès de A'ienue publiait sa célèbre Déclaration : Napoléon Bonaparte s'étail placé hors des relations civiles et sociales, il était Tennemi et le pertui'hateur du repos de l'Europe, il se livrait à la vindicte publique, et les puissances signataires du traité de Paris s'engageaient à employer tous les moyens pour garantir la paix générale. Gentz, le grand publiciste allemand, commenta et justifia cette Déclaration par un article qui fut inséré le 16 mars dnn?, VOeslerreichischcr Beohachter ou « Observateur autrichien (]) ». Cet article n'est pas, si l'on peut dire, très réussi ; il est lourd, chargé de mots et d'incidentes, et Gentz n'y a pas déployé son esprit et sa verve; il a néanmoins un certain intérêt historique et il mérite d'être connu.

Pour apprécier complètement la déclaration solehnelle des puissances sur la dernière entreprise de Bonaparte, il faut la juger d'abord du point de vue du droit qui faisait le fondement principal d'une telle mesure, puis du point de vue du sentiment dans lequel elle fut résolue.

i) Voir le texte de cet article Ueher die Deklaralion der ackt Mdchie fiejen Napoléon vom 13 Mârt 1HI-~j , dans les Schriften de Gentz, Il (fdrinere Scltfifl,-n, I . j). ;!(j'i-3.(S.

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Le droit était incontestable. Bonaparte avait, par son acte d'abdication et par le traité conclu le 11 avril 1814 avec les puissances alliées, renoncé formellement à la souveraineté de la France, de l'Italie et de tous les pays qu'il gouvernait. Son retour en France à la tête d'une troupe armée annulait les droits que ce traité lui avait conférés, puisque, par son propre fait libre et réfléchi, la convention était rompue et anéantie, et il ne pouvait lui assurer de droits nouveaux, puisqu'aucun droit ne peut résulter d'un crime public. Bonaparte est donc mis, dans le sens le plus strict du mot, hors le droit et hors la loi ; il n'appartient plus à l'ordre civil et social, et il s'est livré lui-même à la proscription que les participants immédiats du traité de Paris, au nom de toutes les puissances de l'Europe, ont prononcée contre lui avec pleins pouvoirs et la publique adhésion de tous les contemporains.

Le sentiment d'où est sortie cette mesure, est suffisamment justifié et loué si l'on considère que c'est le même sentiment auquel l'Europe doit sa délivrance, le même sentiment auquel la grande alliance — où la France elle-même, animée de semblables vues, entra plus tard — doit son origine, le même sentiment auquel le siècle présent doit sa gloire et son éclat. Les auteurs et membres de l'alliance ne pouvaient observer le silence en face d'une entreprise — si peu qu'on eût à la redouter — qui semblait défier le résultat de leurs brillantes victoires et le repos de l'hu-

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inanité assuré par tant d'elforts et de sacrifices. Ce n'est pas contre les moyens, contre les forces personnelles de Bonaparte, contre le premier essai, si impuissant qu'il soit, de relever son odieux système qu'a été dirigée la déclaration des puissances. Luimême, ombre sans réalité, ne peut plus faire trembler l'Europe, et aucun de ceux qui sont plus ou moins familiers avec la situation intérieure de la France, les dispositions actuelles de ses habitants et les ressources de son gouvernement, aucun, dis-je, ne tient pour possible que Bonaparte puisse troubler sérieusement et longtemps le repos de ce pays.

Mais l'esprit qui respire dans ce nouveau forfait, ne peut être négligé avec mépris ; il doit, aussi souvent qu'il s'exprime en actions, être traduit devant le tribunal de l'Europe et solennellement stigmatisé. Du reste, on a beaucoup de motifs de croire que de vains bruits de désaccords imaginaires entre les grandes cours ont été le premier sujet de la tentative insensée de Bonaparte, Il était donc parfaitement conforme à la dignité des souverains et ministres rassemblés à Vienne de convaincre le monde par une démarche publique et imposante que les principes de 1813 et de 1814 n'ont pas cessé un instant d'être la règle suprême de leur conduite, et qu'ils sont fermement résolus à achever, à consolider, à maintenir leur œuvre, qu'ils sont prêts à combattre à armes communes, comme un ennemi commun, quiconque voudrait menacer la paix

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ji,énérale de l'Europe par de nouvelles révolutions ou (le nouvelles guerres.

Considérée de ce point de vue, la déclaration du 13 mars — lors même que son occasion immédiate aurait déjà disparu, lors môme que le sort de Bonaparte qu'il s'est attiré lui-même, serait déjà décidé — restera comme un digne monument dans riiistoire et fera le durable honneur de l'esprit du Congrès, de la concorde et de l'esprit magnanime des soiiverains, de la sagesse de leurs ministres.

o9-Gl. De.mam^es i»i': service

A peine Napoléon était-il aux Tuilei'ies que les lettres aflluaient : adhésions, protestations de dévouement, demandes d'entrer ou de rentrer au service. Voici trois de ces demandes : celle du colonel Hazard, celle du capitaine Christ, celle de l'Ardennais Jacquemart.

ol). Le colo.nel IIazard

Louis-IIenry-Josepli Ilaznrd, ne à Lille en 17'/L élève sous-lieutenant d'artillerie eu 1792, lieutenant en 1793, capitaine en 1795, chef d'escadron au 4*^ régiment d'artillerie à cheval en 1802, lieutenant-colonel en 1803, colonel en 1811, était un ami de Courier, et lorsque Paul- Louis écrit au major Griois pour annoncer sa démission : « Adieu, dit-il, adieu, major, adieu, Hazard, et tous mes camarades connus et inconnus ! «'Hazard était un fervent i< napoléoniste >^, il qualifiait la premièi'c Restauration de catastrophe, et il écrivait au ministre de la guerre en date du 27 mars :

A la suite de la catastrophe qu'on a appelée Restauration, j'ai été mis hors d'activité. J'aurais pu réclamer contre cette injustice, mais sans chercher à en connaître le i^rovocateur, je m'y suis soumis |3arce

'.yiO LiiTTIlES DE iHl-'i

que, profondément dévoué à rEmperour, il me répugnait de servir un autre gouvernement que le sien.

Il fut chargé d'une mission à Perpig-nan pour l'armement, puis nommé directeur d'artillerie à Rennes. La seconde Restauration le mit à la demi-solde et — le 2 février 1820 — à la retraite.

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