À M. OSCAR DICKSON DE GOTHEMBOURG
À bord du Véga, mouillé dans le Port Dickson à l'embouchure du lénisséï, le 7 août 1878,
Monsieur,
Le Véga, le Fraser et l'Express sont à l'ancre ici depuis hier. La Léna est restée en arrière pour une raison que j'expliquerai tout à l'heure, mais nous l’attendons d'un moment à l'autre. Le Véga est en train de charger autant de charbon que possible amené par l'Express qui, vous vous en souvenez, s’en était approvisionné à Londres pour les besoins de: l'expédition. Dès que ce iransbordement sera terminé, les navires qui ont voyagé de conserve jusqu'ici se sépareront : le Fraser et l’£xpress remonteront le fleuve à quelque distance, afin d'y faire leur cargaison de céréales et de suif et repartiront ensuite pour l’Europe vers le 15 Septembre, tandis que le Véga et la Léna vont immédiatenient reprendre leur route vers le nord et l'est. Je profite donc de l'occasion qui m'est offerte pour vous envoyer par le Fraser quelques
RG
rt Dickson août 1878,
ancre ici re pour re, mais Le Véoa bon que vous en res pour ansborvoyagé raser et istance, et de vers le na vont le nord | in’est 1elques
LETTRE PREMIÈRE 95 détails sur la marche de l’ex jour.
Notre voyage, vous vous le rappelez, a été lent à ses débuts. La tempête et le vent Contraire nous retinrent à Mäso jusqu'au 25 juillet : ce ne fut que le soir de ce même jour que nous pûmes enfin lever l'ancre. Pour éviter la mer extrêmement houleuse qu'avait Soulevée la rude tempête des jours précédents, nous fimes route d’abord par le détroit de Magero et doublâmes Nordkyn. De là
NOUS SouUvérnâmes sur le Goucinoï Nos (Gaskap), situé sur la côte Occidentale dela Nouvelle-Zemble. Quoique je me fusse proposé, ainsi que j'ai eu précédemment l'honneur de Vous en informer, de pénétrer dans la mer de Kara par le détroit le plus méridional qui y donne entrée, le Yougorski Char, nous mîmes le cap plus haut vers le nord. En effet, l'expérience l’a démontré, les glaçons qui, souvent bien avant en été, flottent dans la baie formée entre la côte occidentale de l’île de Vaïgatch et la
ierre ferme, entravent singulièrement la naviga-
tion Gans ces Parages, si l’on ne remonte pas jusque vers le Goucinoï Nos pour longer ensuite la côte occidentale de la Nouvelle-Zemble et de l’île de Vaïgatch jusqu'au Yougorski Char. Mais cette précaution était inutile cette année, car nous attoignîmes le détroit de Yougor sans voir de glace. Après une navigation rendue difficile par un vent violent et une mer extrêmement tourmentée, nous eûmes ja Nouvelle-Zemble en vue dans Ia nuit du 28 au 29%. Le ‘emps devint magnifique. Nous fimes Vapeur le long de la côte jusqu’au
Pédition jusqu’à ce
Yougorski Char, où nous mouillâmes dans l’aprèsmidi du 30 près du village samoyède de Chabarova. A l'entrée du détroit, nous rencontrâmes le Frgser Qui était allé à notre recherche, dans la pensée que la tempête nous avait Peut-être forcés de jeter l'ancre dans un port de la côte ouest de Vaïgatch autre que celui qui avait été convenu près de Chabarova. Le Fraser et l'Express avaient quitté Vadso le 13 et étaient venus mouiller à Chabarova dès le 20. Eux non plus, ils n'avaient pas aperçu de glace. La Zéna manquait encore au rendez-vous et nous ne laissions pas que d’être un peu inquiets, en pensant aux difficultés contre lesquelles le petit bateau à vapeur avait eu à lutter dans l& mer tourmentée qui l'avait assailli dès qu'il eut doublé Nordkyn. Nous nous rappelions comme une fois alors une lame s'était abattue sur le pont du Véga
it brisé une des Caisses qui y étaient amarrées — chose singulière !
thermomètres et aux flacons, eic., qui s’y trou- | Vaient emballés. Nos craintes n'étaient Cependant pas fondées : le 31, la Zéna vint jeter l’ancre à côté des trois autres navires. Son retard était dû à une déviation du COMPaS qui, par suite du peu
d'intensité horizontale du magnétisme terrestre à ces hautes latitudes, avail été plus considérable que ne l’avaient indiqué les recherches faites à cet effet avant le départ de Gothembourg.
Dès notre arrivée à Chabarova, le docteur Stuxberg alla au large avec le bateau à drague et rapporta de nombreux Spécimens de la faune du
au
dans l’aprèsle Chabarova.
âmes le FranS la pensée rcés de jeter de Vaïgatch près de Chaquitté Vadso arova dès le Ççu de glace.
lez-vous et eu inquiets, Iles le petit & mer toureut doublé ne une fois nt du Véga isé une des singulière !
image aux L S'y trou- Cependant l'ancre à était dû à e du peu errestre à ISidérable tes à cet
ur Stux- > ei rapaune du
détroit : il faut nommer entre autres des silicéponges grandes comme des éponges de toilette, nombre de mollusques, ete. Nous achetâmes aux indigènes des Corégones, des $aumons, des pleuronectes, des chabots, qui constituent une fort jolie collection. Le docteur Kjellman recueillit de nouveaux contingents à la flore de j’endroit et porta Spécialement son intention Sûr la morphologie et l’histoire du développement des plantes phanérogames qui se rencontrent dans les régions arcliques; ce sujet a été peu étudié jusqu’à présent, mais les recherches entreprises ici par M. Kjellman révèlent le haut intérêt de celte question et la nécessité de l’examiner à fond pour avoir une notion exacte de la flore arctique. Le lieutenant Nordqvist se mit en quête d'insectes, très rares en ce lieu, tandis que le docteur Almqvist examina les Samoyèdes Par rapport à leurs sens pour les couleurs en se servant de la méthode Holmgren : il le trouva en général normalement développé. Le lieutenant Palander essaya Son appareil photographique et M. Hovgaard ses instruments magnétiques.
En un mot, nous cherchâmes tous à employer aussi bien que possible le peu de temps qu’il nous était accordé de Passer en cet endroit. Pour comparer la marche des chronomètres pendant ce Voyage et celui de 1875, où nous nous arrêlâmes aussi quelques jours dans ce village, le lieutenant Bove et moi nous mesurâmes la hauteur du soleil au point où j'avais fait mes premières observations
il ya trois ans, c'est-à-dire à la petite église du
lieu. J’achetai des costumes et des ustensiles,.ete., aux Samoyèdes et les payai des prix passablement élevés, car le commerce proprement dit semble ici n’avoir lieu que par échange de marchandises et la plus petite unité. de monnaie en usage paraît être uniquement le: rouble papier.
Entre autres: objets, je demandai s'il. n'y aurait Pas moyen d'acheter des dieux. On commença par me répondre d’une manière évasive, mais à la fin une vieille Samoyède consentit à m'en montrer quelques-uns. Elle les tira d’un sac où ils étaient empaquetés avec beaucoup de Sein dans des bottes de peau de renne. A force d'éloquence, Je réussis enfin à amener la vieille à: me vendre plusieurs idoles au prix de sept roubles: Chacune d’ellès avait une destination etun aspect différents : l’une, par exemple, se composait d’une. pierre que de beaux chiffons transformaient en une espèce de poupée, une autre était une marionnette dont une blaque de cuivre formait le visage, une autre encore était en fourrure ornée de boucles d'oreilles et de perles; En général, ces objets de la vénération et de l’adoration des Samoyèdes ressemblaient aux poupées que nos paysans fabriquent parfois avec des chiffons, sans avoir recours aux ressources des villes pour les orner.
Chabarova est habitée en été par neuf Russes qui, 41 printemps, viennent: de Poustosersk, où ils ont leurs femmes et enfants. Ils repartent en automne. Pendant leur séjour ici, ces Russes S'Occupent du commerce: par échanges avec les Samoyèdes etse livrent à] pêche; ainsi qu'à l'élève
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du renne. Les marchandises sont-transportées ici.et ramenées à Poustosersk, en traversant la toundra sur ces traineaux longs et légers, attelés de rennes ou de chiens, qu'on nomme nartes en Sibérie.
Une partie de ces Samoyèdes semblent être au service des Russes. Ces derniers habitent de petites cabanes de bois, basses et couvertes de tourbe, tandis que les indigènes ont des-tentes en peau de renne, semblables pour la forme à celles des Lapons. Les Russes ont formé une compagnie pour la pêche du dauphin blanc (Delphinapterus leucas) et sur les vingt-deux lots de la société, ils en ont réservé deux à saint Nicolas, afin que sa bénédic-
tion reposât sur l’entreprise. Malgré ce puissant
patron, les affaires n’ont pas été brillantes cette année, car la discorde s’est mise entre les associés et les plus pauvres d’entre eux ont refusé leur concours, de là la cessation des travaux.
Après avoir terminé nos transactions avec les
Samoyèdes, l’un des Russes nous invita à prendre
le thé chez lui. Dans le cours de la conversation, il me raconta qu'il se trouvait un autel de sacrifices samoyèdes de l’autre côté du détroit et il s’offrit à m'en montrer le chemin. Il ajouta que les Samoyèdes ont l'habitude de faire des vœux et d’aller en pèlerinage à ces tertres, bien qu’ils aient reçu le baptême et qu’ils prennent part au culte chrétien. Comme je lui demandai comment les Samoyèdes pouvaient conei’:r ce culte avec leur croyance aux sorciers (chamanes), mon hôte me répondit qu’ils considéraient leurs bo/vanes (idoles) à peu près comme les saintes images (icônes) des
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Russes, — et lui-même ne me parut pas tout à fait exempt de cette foi en la ve:tu des dieux des chamanes.
Vaïgatch est une tle assez régulière, qui mesure environ 90 kilomètres de long sur 40 de large ; elle constitue en général un plateau uni, qui se termine à pic dans la mer. Ce n'est que sur le rivage oriental qu’un exhaussement du térrain peut être considéré comme la du prolongement nord-ouest des monts Ourals. Le sol se compose, sur le bord occidental, de couehes Siluriennes de chaux et d’ardoise qui renferment de nombreuses pétrifications en plusieurs endroits. Relativement parlant, la plaine abonde en herbe et est regardée comme un bon pâturage pour les
rennes sont ramenés sur le Continent et sont alors forcés de
traverser à la nage le détroit libre de glaces à
ï . Depuis bien longtemps déjà, Vaïgatch paraît 14 été riche en autels de sacrifices, probablement Parce qu'ils s’y trouvaient à l'abri du zèle religieux Li de gens pensant différemment.
FE On rencontre déjà les idoles de bois de ces autels représentées dans les relations de voyages des
Hollandais et des Anglais sur la fin du dix-huitième siècle, et les viei
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Pays-Bas que les Samoyèdes vinrent reprendre les dieux que ses compagnons avaient enlevés d'un de ces autels et portés dans leur bateau. Nous-mêmes nous eûmes l’occasion de visiter en 1875 un de ces tertres dans la presqu'île de Yalmal.
Ces derniers vestiges d'un culte qui à jadis été répandu sur toute la terre, ont un si haut intérêt ethnographique et psychologique que je ne voulus pas laisser échapper l’occasion de visiter encore un autel de sacrifices samoyèdes avec un guide compélent. Aussi le 31, accompagné du docteur Almqvist, du lieutenant Hovgaard, de M. Nilsson, capitaine du Fraser, et de mon hôte russe, je partis en excursion de l’autre côté du détroit pour y voir le tertre en question. Nous fûmes favorisés par un temps splendide.
Cet autel de l’île de Vaïgatch est situé sur un promontoire qui s’avance dans l’entrée occidentale du Yougor. Le cap se compose d’un plateau cal- Caire silurien, couvert çà et là de gravier et de terre, mais néanmoins paré, pendant quelques semaines de l’année, d’une richesse extraordinaire de fleurs d’espèces et de couleurs différentes. Le plateau se termine par des falaises calcaires que ja gelée ou la débâcle au printemps ont creusées en quelques endroits, de manière à former de belles groties. La plus grande de ces cavernes est r'egardée comme sacrée par les indigènes, qui y avaient primitivement élevé leur autel ; mais un archimandrite, prêtre zélé, l’a détruit il y a quelque trente ans et aujourd’hui l’endroit, purifié par l’eau et par le feu, n’est plus indiqué que par une
CE TER trente her unes eu UNE } À if pr
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Croix grecque. Alentour ‘cependant, le sol est jonché ‘de débris d’ossements des victimes et on peut'encore y remarquer çà et là un morceau de fer brûlé et rouillé qui ‘fut apparement sacrifié aux dieux samoyèdes avec la proie du chasseur. Les indigènes ont laissé la Croix intacte, mais en revanche ils se sont choisi un autre autel dans le voisinage,
Là, une quantité de bois de rennes, encore fixés ‘Sur leur os frontal, se dressajent sur une éminence ‘du s0l relevé de trois à quatre pieds. Entre ces ramures se trouvaient insérées des baguettes dans lesquelles d’autres cornes de renne étaient fichées en Passant par un trou quadrangulaire percé dans l'os frontal, Un grand nombre d'autres ogsem ents, provenant surtout de. rennes et d'ours , étaient aussi amoncelés en cet endroit, ‘entre ‘autres le crène et les pattes d’un ours récemment abattu ; à Côté, sur une pierre, on voyait deux balles de plomb, évidemment celles qui lui avaient donné la mort. En outre , il y avait par terre une foule d'autres objets sacrifiés aux idoles, tels que ‘de la ferraille, des débris de haches hors de service, un bout d’une espèce de flûte, etc. Sur le côté sudouest du ‘tertre, on voyait dressées un grand nombre de petites images de bois, toutes pourvues de grossières Sculptures qui devaient représenter les yeux, le nez et la bouche. Tout auprès on re-
marquait les traces du foyer où se préparaient les
repas de sacrifices. Notre guide nous raconta qu’en Sacrifiant aux dieux, les Samoyèdes leur faisaient RON seulement goûter du sang des victimes, mais
» 16 801 est times et on rceau dé fer Sacrifié aux ässeur. Les mais en reitel dans :le
ncore fixés 16e éminence tre ces ra- 1ettes dans ent fichées percé dans 0ssementts, rs, étaient ‘autres le tabattu; à balles de t donné la une foule que ‘de la ervice, un côté sudun grand pourvues présenter ès on reraient les nta qu’en faisaient nes, mais
encore que, lorsqu'ils en avaient les moyens ‘et
qu'ils voulaient se mettre bien avec eux, ils leur
versaient de l’eau-de-vie dans la bouche.
Après que le lieutenant Hovgaard eut dessiné le
tertre, je pris des bois de rennes, des crânes d'ours et des morceaux ‘de fer qui avaient’été sacrifiés-et je les emportai dans ‘un sac avec quelques-uns des dieux qui gisaient sur le ‘sol, en les regardant comme de-bonne aubaine. Mais le tertre même fut respecté et je suppose que les pèlerins futurs ne rémarqueront guère la discrète imposition que subit leur riche-provision d'idoles. Bien que notre Russe se fût montré parfaitement sceptique hier à l'endroit de la puissance des dieux Samoyèdes et qu'il m'eût engagé à prendre autant d’idoles qu’il me plairait, il commença alors à se sentir assez mal à l’aise et ne Parut retrouver le repos que lorsque, Sur sa demande, jJ'apaisai les dieux outragés, en leur offrant moi-même mon tribut sous la forme de deux pièces d'argent enfoncées entre deux pierres du tertre.
Notre guide nous indiqua un tombeau samoyède, situé au bord d’un étang qu'un petit isthme de Sable séparait de Ja mer. Je fis immédiatement amener une petite yole que nous avions prise avec NOUS et en quelques coups de rames nous fûmes à l'endroit en question. Le tombeau se composait d’un cercueil.en sclives assemblées avec beaucoup de soin et fixé au sol par des pieux. Devant, on VOyait un traîneau du pays sens dessus dessous. L'intérieur de la bière renfermait, outre le sque-
lette samoyède, des restes d'habii'ament, une pro-
RER anneau vanne ananas | 3 GE du Satan sr gs D se rar or nan cu l *
vision d'ustensiles qu’on considère comme néces-
saires dans l’autre monde, etc. co!
Pendant ce temps, le docteur Almaqvist fit une l’e:
belle moisson parmi les lichens presque inconnus rot
jusqu'alors de Vaïgatch et les nombreux phanéro- I
games de l’île. De plus, la situation géographique dar
du fameux cap fut déterminée astronciniquement. lén
Très satisfaits de notre butin, nousrevinmes le soir arr
à Chabarova où tous les vaisseaux se trouvaient mel
| mouillés. que
il Le lendemain matin, c’est-à-dire le 1° août, la peu ji petite escadre leva l’ancre et fit vapeur ou voile d'in vers l’est. Passant par le Yougorski Char, nous bloc entrâmes dans la mer de Kara, complètement ils n
dépourvue de glaces. Le temps était beau, le vent Une
d'ordinaire assez faible et même si pitoyable que véni.
le Fraser fut obligé de remorquer l'Express, ce l'obs
qui ne laissa pas que de retarder notre marche. des 1
a Pour tirer parti autant que possible du temps que Blan no nous perdions par là, ainsi que par les sondages nous à et les dragages que le lieutenant Palander, aidé en te il des lieutenants Bove et Brusewitz, faisait faire du Dè, À | Véga quatre fois par jour, je fis monter trois des glace [| membres de l'expédition, le docteur Almqvist, les mit & | lieutenants Hovgaard et Nordqvist, à bord de la abon Ni | Léna, en leur donnant ordre de prendre les devants terrir hi avec ce petit vapeur à marche relativement rapide, la ter de débarquer dans le détroit qui sépare l’île que 1
{| Blanche (Biély Ostrov) de Yalmal; de s’y arrêter d’avar a 36 heures pour s’y livrer à des études d'histoire entou En naturelle et de prendre ensuite la route qui leur d’aille semblerait la meilleure pour venir au port où nous jeter 1
1e néces-
st fit une inconnus phanéroraphique quement.
es le soir rouvaient
r août, la * ou voile ar, nous lètement 1, le vent able que cpress, Ce marche, emps que sondages der, aidé t faire du
"trois des :
1qist, les ord de la >s devants nt rapide, pare l’île "y arrêter d'histoire qui leur rt où nous
LETTRE PREMIÈRE 105 sommes mouillés aujour Pr de rendez-vous de tous les navires de
pédition, Les trois vaisseaux Poursuivirent {a roule qui avait été fixée précédemment.
Longtemps il sembl j i
à que j'aurais lieu d'écri dans mon journal que : À lénisséi sans rencontrer
d'hui et qui fut indiqué
2 n ARPRMEEN pas d’obstaele à notre navigation ne brume épaisse nous présenta plus d’incon-
motre joie, nous vimes bientôt le Fraser et l'Express venir chacun de son côté mouiller près du Véga.
Dans le courant de le journée, lorsque la brume
se fut un peu dissipée et que les sondages nécessaireseurent été effectués à bord d’un des sloops à vapeur, les trois navires allèrent mouiller à‘un autre endroit situé entre les îlots, dans un port spacieux, parfaitement abrité de tous les côtés et ‘cependant accessible de plusieurs : il est borné d’un côté par la terre ferme et de l’autre par une quantité d’ilots et de rochers plus ou moins 'considérables, Au point de vue de sa position naturelle, ‘ce port ne laisse absolument rien à désirer, à part de climät évidemment. Cet endroit, qui fut visité pour la première fois par un navire en 1875 et que j'appelai alors Dricksons hamn (Port Disckon), est certainement destiné à devenir le principale centre d'exportation pour les produits de la Sibérie, Comme port, il est préférable sous tous les rapporis aux ancrages qui se trouvent en amont.
Au point de v:: géologique, l'endroit n'offre pas beaucoup de variété, car tous les rochers sont composés d’une espèce de roche plutonienne analogue à celle qu’on rencontre en abondance au Snitzherg. La faune marine est aussi bien pauvre, à eu50 de l'eau qui est peu salée ici. En revanche, j'aime à espérer que les botanistes rapporteront un riche butin. Les plaines et les vallons entre les rocs sont
ornés d’une végétation de phanérogames très riches k
en ‘cu7s, qui porte déjà un cachet sibérien et les TOC AUrS eux-mêmes sont converts d’abondants
lichens, groupe de végétaux qui n’a presque pas
etl’£xpress du Véga.
e la brume ages nécesdes sloops uiller à ‘un ns un port les côtés et ést borné re par une moins Cconn naturelle, rer, à part x fut visité 1875 et que sckon), est ipale centre la Sibérie.
Jus les rap-
mont.
«n'offre pas rs sont COm- 1e analogue a Snitzberg.
, à ceuse de ié, j'aime à nt un riche es rocs sont
8 très riches à
érien et les l’abon dants
presque pas |
été étudié jusqu’à présent sur les côtes septentrionales de l'Asie et qui doit être d’un intérût spécial pour les naturalistes de notre pays, puisqu'ils seront désormais en mesure d'établir la comparaison avec les lichens si admirablement étudiés de la Scandinavie, du Groënland et du Spitzberg,
Dès notre arrivée ici, le lieutenant Palander abattait un ours énorme et singulièrement gras, qui fut suivi de deux autres pendant la journée, Un grand nombre de rennes sauvages paissent dans les prairies des environs. Mais nos tireurs ne leur ont pas fait la chasse avec succès. Le monde des oiseaux est pauvre, du moins en Comparaison avec celui que nous sommes habitués à rencontrer dans d’autres régions arctiques.
Au moment où j'écris ces lignes, j'entends qu’on crie sur le pont : « Voici la Léna! » tous les navires seront donc de nouveau réunis tout à l’heure dans le même port. Dès demain Cependant, le Fraser et l'Express nous quitteront pour se rendre à leur lieu de destination un peu en amont du Iénisséi. Le Véga et la Léna seront aussi prêts à partir alors. Mais je me propose de différer le départ jusqu’à samedi matin, afin que le lieutenant Bove puisse avoir le temps d'achever sa crie du port et que nos naturalistes puissent faire quelques excursions encore. Cela ne causera pas une perte de temps,
car les côtes nord de l'Asie ne doivent guère être libres de glaces avant la fin du mois.
Dans quelques jours donc, la question si contestée de savoir si le Cap Tchéliouchkine peut être
Fe Ut dt ns di di
ou non doublé cette année, sera résolue. Je conserve toujours les plus vives espérances que vient d’ailleurs confirmer le fait que la mer qui nous entoure est entièrement libre de glaces. Mais, il faut le recounaître, la glace est une puissance sur laquelle on ne peut compter, et, en cas qu'elle se montre par trop hostile, je m’efforcerai de faire en sorte que l'expédition de cette année, quoi qu’il en soit de son but principal, puisse occuper dignement sa place à côté des précédentes expéditions suédoises dans le haut nord, grâce à de sérieuses recherches scientifiques dans les régions qu’elle va explorer.
ie. Je conque vient 1i nous enais, il faut ice sur laqu'elle se de faire en oi qu’il en per dignexpéditions sérieuses ns qu’elle