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inént à s’éiployés dans nt les rennes ler lesquels car Dickson ents dans le mployer les uffisante de 6, je devais Ilir des renens. J'étais re si je le
Groënland Dickson, ce expédition rois jeunes des renseiini lesquels
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du globe; du basalte e de Disko,
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pourra peut-être amener plus tard à une théorie tout à fait nouvelle du mode de formation de la terre. Les grands blocs furent rapportés, l’année suivante, par deux navires de guerre envoyés exprès au Groënland par le gouvernement suédois et commandés par le baron von Otter.
» On fit une excursion de quelque étendue sur le glacier, partout sillonné par de profondes crevasses, qui occupe l’intérieur du Groënland et qui venait d’être exploré pour la première fois, en exCeplant une tentative peu importante faite en 1728 par le Danois Valager. J’eus là l’occasion d’observer la nature d'une formation qui, pendant la durée d’une grande période géologique, couvrait une grande partie des pays civilisés de l'Europe. Cette matière, bien qu'ayant donné lieu à une importante polémique dans toutes les langues, n’avait Jamais jusqu'à présent été examinée par aucun géologue.
» Mes préparatifs pour ce voyage étaient très incomplets, parce que tous ceux auxquels j’en parlais le déclaraient impraticable : il était donc à leurs yeux inutile de faire des préparatifs. Je fus en conséquence forcé de revenir plus tôt que je n'aurais voulu, D’après nos premiers projets, le docteur Théodore Nordstrom aurait dû m'accom- Pagner dans cette excursion sur la glace, mais il était encore trop faible par suite d’une maladie qui l'avait atteint pendant notre voyage en mer. À sa
place, le docteur S. Berggrem, qui fit partie de l'expédition du Groënland de 1870, m'accompagna.
» Il commença par plaisanter sur les recherches d’un botaniste dans le seul pays du globe où il n'avait aucune chance de rencontrer une plante. Il se trompait : car, sur la glace même, il eut l’occasion de faire une découverte botanique inattendue fort remarquable. Son œil exercé observa bientôt que la glace de l'intérieur était partout couverte d’une rare végétation d'algues microscopiques. Cetie plante, bien que clairsemée, a certainement, par sa couleur noire, contribué puissamment à limiter l'extension des glaciers et converti les glaciers de la période glaciaire en vertes vallées et en plaines de la période actuelle.
» Pendant que le savant docteur étudiait soi- £neusement la flore du nord-ouest du Groëland, M. P. Oberg faisait de riches collections d’animaux marins et moi je réunis plus de mille ustensiles en pierre, plus ou moins parfaits, datant de l'age de pierre du Groënland, etc.
» Quant à la question propre pour laquelle s’6tait organisée l'expédition, j’arrivai à conclure que les chiens ne pouvaient pas être employés avec avantage dans les longues expéditions en traineau, là où l’on ne rencontrait pas de gibier.
» Pendant la même année où j'étais au Groënland, deux jeunes Suédois M. H. Nathorst et M. H. Wilander visitèrent le Spitzberg pour le compte de
LD
fit partie de ccompagna.
les recherdu globe où une plante.
quelques négociants de Stockholm. Ils devaient y examiner quelques dépôts de phosphate et se rendre compte s’il y aurait avantage à les exploiter. Le
résultat fut favorable et une compagnie de nego-
iants se forma à Stockholm et à Gothembourg
, il eut l’ocjue inatten-
pour exploiter ces dépôts. Dans ce but nous résollümes de tenter au Spitzberg la formation d’une
‘cé observa Sécolonie. On essaya de l’établir au cap Thordsem. lait partout Pendant l'été de 1872, deux navires y furentenvoyés s microsco- avec des mineurs. Un petit chemin de fer fut étae, a certai- Bbii depuis le rivage jusqu’au dépôt de phosphate. é puissam- La même année l’entreprise fut abandonnée et la et converti compagnie liquida.
vertes val- » Comme fils d’un noble suédois, j'eus droit, sitôt À après ma naturalisation, de voter et de siéger à la udiait soi- SSChambre des nobles. J ’assistai en cette qualité aux Groëland, Mieux dernières réunions des États, sans cependant ons d’ani- prendre une part active aux travaux. J'étais naturille usten- “rellement un apôtre zélé du parti libéral et je pris , datant de Pune part active dans l’agitation pour un changement dans la représentation. Après l'introduction quelle s’6- Ddu nouveau système, je me présentai à diverses iclure que lreprises comme candidat libéral à Stockholm. De Dyés avec lcette façon, et en raison de la part active que je traîneau, prenais aux idées lihérales, je m'attirai pendant quelques années beaucoup de désagréments de la iu Groën- » part des cercles conservateurs de la ville. C’est et M. H. } peut-être en raison de cela qu’en 1869 on me dési-
ompte de
ee | gna comme candidat du parti libéral. Après une
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scouts: à nn eme : - RRE nt nl ee SRE PES SFR M TS
lutte assez vive, je fus élu. Je devins ainsi le repré- &
sentant de la capitale de 1869 à 1871.
» La nouvelle expédition polaire, depuis longtemps en préparation, se mit enfin en route en 1872, L'état de la glace sur la côte nord du Spitzberg était moins favorable cette année qu'il ne l’avait été depuis longtemps. Trois jours après que nous
eûmes débarqué nos rennes, Ces animaux s’échap- À
pèrent. Quelques heures avant le moment fixé pour le départ des deux navires qui avaient apporté nos approvisionnements, ils furent pris dans
la glace dans la baie de Musoel. Le stock des pro- | visions destinées à l'expédition devint par consé- À
quent insuffisant, De plus, nous fûmes obligés de
LJ . . . La a secourir et de recueillir un nombre considérable
de pêcheurs naufragés.
» À la fin de janvier tous nos navires furent en danger de périr dans une violente tempête. Cette expédition fournit néanmoins d'importants résultats scientifiques. Je mentionnerai parmi ces résultats la découverte sur la glace polaire même d'une poussière d’origine cosmique contenant du fer métallique nickellé. Le docteur Kjellmann ñi des recherches sur le développement des algues pendantla nuit polaire qui, au point où nous étions, avait quatre mois de durée. Des recherches sur l'aurore boréale et sur son Spectre furent entreprises par le docteur Wijkander et par le lieutenant Parent de la marine italienne. On fit aussi des
Où Ed D = ee
IOLD BIOGRAPHIE DE M. NORDENSKICLD 53
recherches sur la réfraction horizontale pendant le fioid intense. On réalisa des observations météorologiques et magnétiques sur ce point le plus rapproché du pôle où on ait encore fait des études de ce genre. On recueillit de nombreux spécimens de la flore polaire pendant les époques géologiques reculées. M. Palander et moi fimes une excursion en traîneau dans des circonstances très difficiles, afin de relever la partie nord-est du Spitzberg et nous fimes de plus un voyage très intéressant au point de vue scientifique à travers les glaces de l’intérieur, etc., etc.
» L’emprisonnement dans les glaces des navires de transport causa un grand surcroît de dépenses qu'on n'avait pas prévu en projetant l'expédition et qui a été supporié exclusivement par M. Oscar Dickson. Quand on apprit en Suède que trois fois
| plus d'hommes qu’on n’avait prévu étaient obligés » d’hiverner, M. Dickson mit cent mille couronnes
rinsi le repré- & depuis long- À route en 1872, du Spitzberg il ne l’avait rès que nous aux s’échap- À moment fixé MN | avaient apeut pris dans M ock des pro- | | par consé- À 8 obligés de >onsidérable À
es furent en Me ipête. Cette tants résul-
parmi ces à (137,500 fr.) à la disposition du baron von Otter, laire même | si celui-ci croyait possible de venir immédistentenant du ment nous porter secours. Von Otter considéra ellmann ñi } celle proposition comme irréalisable et la refusa. des algues à » Cet insuccès et le surcroît de dépense consious étions, dérable de l'expédition de 1872-18,3 ne diminua erches sur en rien l'intérêt que M. Dickson apportait à ce rent entre- » genre d'entreprise. Il me déciära, au contraire, peu le lieute- |
de temps après mon retour, qu’il était prêt à continuer, Un nouveau voyage arctique fut résolu à la
it aussi des
mer de Kara et aux twusouchures de l'Obi et de l'Iénisséi, Nous partimes de Tromsoe en juin 1875 dans un petit navire à voile.
» Cette fois j'arrivai presque à réaliser de point en point le programme qui avait été formulé avant notre départ, Cela est un résultat assez rare dans les explorations des mers du Nord. Nous nous engageâmes là dans un champ de recherches encore vierge, et nous réusstmes à rapporter un très riche butin sur la faune et la flore des régions que nous explorâmes, Avec mon petit navire à voile, j'arrivai sans difficulté à l’em bouchure de l’Iénisséi et j'espère avoir ainsi ouvert au monde civilisé une roule commerciale nouvelle et importante.
» De l'embouchure dé l’Ténisséi, notre navire fut renvoyé en Norvège sous le commandement de M.Kjellmann tandis que, accompagné de M. Lendstrom, du docteur Stuxberg et de trois matelots, je remontai le fleuve, dans une embarcation que nous avions apportée avec nous exprès, jusqu’à Dudino, où nous rencontrâmes un bateau à vapeur, A partir de ce point notre voyage fut continué à bord de ce steamer jusqu’à Iénisseïsk. De là je regagnai la Suède en passant par Ekaterinebourg, Moscou, Pétersbourg, Helsingfors et Abo. Pendant ce Voyage, mes compagnons et moi fûmes reçus avec enthousiasme dans les grandes villes ; on nous donna fête sur fête ; c’est ainsi que les sociétés géographiques et Commerciales de la Russie 8a-
LD l'Obi et de n juin 1875
ser de point rmulé avant z rare dans us nous enches encore er un très "égions que ire à voile, le l’Iénisséi civilisé une te.
e navire fut dement de > M. Lendsmatelots, cation que s, jusqu'à Là vapeur.
ontinué à De là je inebourg, ), Pendant nes reçus ; on nous > Sociétés tussie sa-
luèrent la nouvelle route que nous venions d'ouvrir. » Bien des esprits sceptiques affirmaient pour-
D tant que le succès du Prœven ne dépendait que de
l’état extraordinairement favorable de la glace pendant cette année dans la mer Polaire sibérienne. Cela amena la nouvelle expédition que nous entreprimes l’année suivante, en 1876, dans le double but de continuer nos recherches scientifiques commencées l'année précédente dans la mer de Kara et le long de l’Iénisséi et de prouver que le succès de 1875 n'était pas dû à un heureux hasard. Les frais de cette entreprise furent supportés uniquement par MM. Oscar Dickson et Alexandre Sibériakolf. L'expédition fut couronnée d’un succès Complet malgré les conditions mauvaises que présentèrent les glaces cette année.
» Avant d'entreprendre ce voyage dans les mers
(polaires, j'avais pris part, à titre de membre du
jury, à l'exposition de Philadelphie de 1875-76 ; je revins d'Amérique le 1° juillet et je m’embar-
} quai de suite à Trondhjem sur le navire affrété pour l'expédition. Le 15 août, j’arrivai à l’Iénisséi bien pque j'eusse fait halte plusieurs fois en route. Nous étions convenus d’avance que je devais rencontrer
jprès de l'embouchure du fleuve une expédition
qui s’y rendrait par terre sous la conduite de
M. Theel. Je l’attendis en vain pendant 17 jours, et
y MON Voyage ayant été couronné de Succès, je re- "vins er Europe,
» Aujourd’hui (juillet 1877), je m'occupe pour le compte de M. Sibériakoff d’expédier jusqu’à l'Iénisséi le bateau à vapeur le Fraser, acheté par lui spécialement dans ce but. Ce navire partira chargé d’une cargaison de marchandises et dans le but d'étendre plus à l’ouest, même si c’est possible jusqu’au détroit de Behring, les explorations polaires commencées dans les dix dernières années. S. M. le
roi Oscar prend un vif intérêt à cette entreprise et Mn y a largement contribué de sa bourse. L’excédent Mi
des dépenses sera à la charge de MM. Oscar Dick- M son et Alexandre Sibériakoff. J'espère obtenir du ministère de la marine, pour cette entreprise, le même appui qu'il a déjà si généreusement prêté M aux expéditions de 1868 et de 1872-73. » :
Stockholm, le 20 juillet 1877.
A.-E. NoRDENSKIOLD.
LD
cupe pour le jusqu’à l'Iéheté par lui rtira chargé ns le but d'’éle jusqu’au M c dires com. M PLAN DE L'EXPÉDITION cs. S. M. le
ntreprise et a
L’excédent Ps
Oscar Dick- M re obtenir Mi ntreprise, le M ment prêté LM
Les expéditions arctiques parties de la Suède dans le cours de ces dernières années, ont acquis Qune importance vraiment nationale. Partout, en Suède, elles ont été accueillies avec le plus vif intérêt. L'État et principalement les particuliers de tont consacré des sommes considérables. Elles ont servi d'école pratique à plus de trente naturalistes suédois, fourni d'importants résultats scientifiques Let géographiques, et nos musées en sont devenus Mes plus riches du monde en collections des régions harctiques. |
| A ces résultats scientifiques viennent s’en ajouler d'autres d’une portée plus spécialement praique, qui se sont réalisés déjà, ou se réaliseront À ans un avenir plus ou moins ‘prochain, Ces expéditions ont recueilli des matériaux nouveaux pour
NSKIOLD.
(1) Rapport adressé au gouvernement suédois par M. Normn denskiold et communiqué à la Société de géogr #4 M. Daubrée, de l'Institut,
IN
aphie par
la météorologie et l’hydrographie, fourni des renseignements précieux sur la chasse des phoques
et des cétacés, fait connaître aux pêcheurs les
richesses en poissons que recèlent les parages du Spitzberg. Elles ont amené la découverte, à Beeren Eïland et au Spitzberg, de gisements abondants de houille et de phosphates qui seront un jour ou l’autre d’une valeur considérable pour les pays voisins. Quant aux deux dernières de ces expéditions, elles ont inauguré des voies maritimes nouvelles en pénétrant jusqu'aux embouchures de deux des grands fleuves de la Sibérie, l’Obi et le Iénisséi.
Mais de si heureux résultats doivent être une incitation à poursuivre ces entreprises, surtout depuis que les deux expéditions précitées ont ouvert l'océan Sibérien, dont l'exploration promet des résultats non moins importants au point de vue de la science aussi bien qu’à celui de lutilité pratique.
En plein dix-neuvième siècle, à l'époque du télégraphe et de la vapeur, on rencontre ici un champ d’exploration tout à fait vierge, d’une immense étendue. L’Océan qui borde la côte septentrionale de l’Asie depuis l'embouchure du lénisséi jusqu'à Tehaunbay, c’est-à-dire, du 82° au 170°de longitude, n’a jamais, à l'exception des voyages côtiers entrepris, il y a plus d’un siècle, sur des embarcations plutôt fluviales que maritimes, été Sillonné per la quille d’un navire, ni vu la fumée d'un bâtiment à vapeur.
Ce sont ces considérations qui m'ont amené à
| des renphoques heurs les irages du à Beeren ndants de | jour ou les pays :eSs expénaritimes ‘hures de "’Obi et le
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recueillir, si possible, les fonds nécessaires pour une ‘expédition appuyée de toutes les ressources scientifiques et nautiques de notre époque, dans le but d'explorer la géographie, l'hydrographie et l'histoire naturelle des mers arctiques entre le lénisséi et Beh ring. J’aila conriction que depuis les voyages du céièbre capitaine Cook, très peu d’expéditions ont eu en Perspective des explorations plus importantes et plus étendues, dans de plus vastes régions. Le succès est à la condition, toutefois, que les glaces permettent de Pénétrer dans ces mers au moyen d'un bateau à vapeur convenable. Pour être à même de faire un jugement sur ce point, il est nécessaire de jeter un coup d'œil rétrospectif sur les tentatives qui ont été faites Pour se frayer un chemin par la voie que l’expédition aura mission de suivre.
Le port suédois d’où partira l’expédition sera probablement Gothembourg. L'époque du départ est fixée au commencement de juillet 1878. La première partie de la route se fera par les côtes occidentales de la Norvège, le cap Nord et l'em-
Matotschkin en Nouvelle-Zemble.
L'ouverture, en 1553, d’une communication mMaritime entre le reste de l'Europe et ces Parages par sir Hugh Willoughby et Richard Chancelor, fut le fruit de la première expédition envoyée d’Anglelerre dans le but exprès de faire des découvertes maritimes. Leur Voyage est, en outre, la première tentative de découverte d'une route ‘maritime entre l’Europe et la Chine par la voie du nord-est.
S'ils n’atteignirent pas ce but, ils eurent au moins le mérite d’ouvrir des communications par mer entre l’Angleterre et la mer Blanche, et leur expédition fut le point de départ d’une ère nouvelle pour le commerce anglo-russe aussi bien que pour le commerce en général. Cette première tentative se termina toutefois d’une manière fatale. Sir Hugh Willoughby et tout l'équipage de.son navire périrent pendant leur hivernage sur la presqu'île de Kola. Quant aux quatre navires de l'expédition, Bona Esparanza, Edward Bonadventura, Confidentia et Philip and Mary, ils firent naufrage très peu de temps après. De nos jours, des milliers de navires fréquentent sans danger ces parages.
Grâce à la connaissance que l’on possède actuel. lement des glaces de la mer de Mourmane, — nom donné, sur les anciennes cartes, à la mer située entre Kola et la Nouvelle-Zemble, — on peut, pendant la plus grande partie de l'été, se rendre de la mer Blanche au détroit de Matotschkin sans avoir à redouter le moindre obstacle des glaces. Cependant, il y a quelques dizaines d'années, les circonstances étaient bien différentes, car on ignorait l’époque de l’année propice à la navigation dans ces parages et la route qu'il y fallait suivre. On n'a qu’à lire, pour s’en convaincre, le récit des difficultés et des périls auxquels fut exposé le célèbre navigateur russe, comte de Lutke, dans ses expéditions réitérées pendant quatre étés de suite le long de la côte occidentale de la ‘Nouvelle- Zemble, A l'heure actuelle, un bon pêcheur de morses peut, avec un navire tout ordinaire, faire
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au moins
par mer leur expénouvelle | que pour tentative Sir Hugh vire périsqu’iîle de xpédition, ’onfidentia ès peu de le navires
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en un seul été des excursions plus vastes sur ces mers, que n'en fit alors, en un temps quatre fois plus long, une expédition équipée avec toutes les ressources dont disposait un chantier de la marine militaire.
De la mer Mourmane, les quatre routes suivantes s'offrent pour entrer dans celle de Kara :
1° Le détroit de Jugor, le Fretum Nassovicum des anciens Hollandais, entre l'île de Vaigatz et la terre ferme ;
2° La porte de Kara, entre la Nouvelle-Zemble et l’île de Vaigatz ;
3° Le détroit de Matotschkin ;
4° Le chemin par le nord de la Nouvelle-Zemble.
Le chemin par le nord de la Nouvelle-Zemble n'est ouvert, dans la règle, qu’au commencement de septembre. Il ne peut donc servir à une expédition dont l’objet est de pénétrer dans la partie orientale de ces mers. Le détroit de Jugor et la Porte de Kara, libres de bonne heure de la glace solide, sont remplis, en revanche, de masses considérables de glaces flottuntes, charriées par les courants variables qui se font sentir entre les golfes des deux côtés des détroits. De plus, ces deux passages, ou tout au moins celui de Jugor, manquent de bons ports, ce qui présente de graves inconvénients pour les navires qui veulent pénétrer par l’un ou par l’autre dans la mer de Kara. Le détroit de Matotschkin, au contraire, forme un canal étroit, mais profond, d’une longueur de près de 100 kilomètres. La glace solide ne le quitte, il est vrai, que dans la dernière moitié de juillet,
mais, d'un autre Côté, grâce à la forme de ses ri- À vages, il est moins encombré de glaces flottantes : que les détroits méridionaux. I possède en outre D de bons ports à son embouchure orientale. Dans d les années 1875 et 1876, le détroit aussi bien que b les mers situées en dehors se trouvaient parfaite- gi ment libres à la fin d'août; mais, à une date bien
antérieure, la glace était suffisamment dispersée, même sur la côte orientale, pour qu’un navire pût ‘ Sans danger se frayer un chemin entre les blocs É épars de glace flottante. La partie de la Nouvelle- 6: Zemble que les baleiniers aCcostent la première au d printemps, est très souvent la côte occidentale au M a! voisinage de Matotschkin. D:
Dans le cas où des circonstances météorologiques exceptionnelles ne se produiraïent pas dans ces a Parages pendant l’été de 1878, comme par exemple de des vents du sud persistants qui chasseraient de de bonne heure Ja glace flottante des côtes de la 15 terre ferme, je crois que la route la plus sûre ns pour l'expédition sera celle du détroit de Ma- ca totschkin. pt Un navigateur ne doit toutefois pas espérer li jo pouvoir, dès le commencement d'août, se rendre fa:
directement de Matotschkin à l'embouchure du lénisséï, 11 faudra se préparer à un détour consi- BU cr dérable vers le sud, afin d’éviter les masses de = £
lé:
glaces flottantes que la mer de Kara charrie jus- | qu’au commencement de septembre. Au reste, un M | qu retard éventuel de “quelques jours fournira à l’ex- la Pédition les loisirs d’explorations scientifiques et
hyd rographiques, précieuses pour l'étude du canal
me de ses rices flottantes ède en outre entale. Dans ISSi bien que ent parfaitene date bien it dispersée, n navire püût tre les blocs la Nouveilepremière au cidentale au
orologiques as dans ces Jar exemple seraient de côtes de la , plus sûre oit de Ma-
as espérer Se rendre achure du [our consimasses de harrie jusu reste, un ira à l’extifiques et e du canal
profond de 200 brasses qui borde la côte orientale de la Nouvelle-Zemble. A cette exception près, la profondeur de la mer de Kara n’est pas considérable, et varie entre 10 et 30 brasses, sans bancs ni récifs sous-marins. C’est le profond chenal signalé ci-dessus qui contient la vie animale la plus riche, et les deux dernières expéditions en ont rapporté de nouveaux types d'animaux très curieux et très intéressants au point de vue Scientifique. L'expédition de l’année prochaine devra donc essayer de parvenir d'assez bonne heure au détroit de Matotschkin pour avoir le temps de consacrer au moins quelques jours à l'exploration de ces parages.
Le trajet même de la mer de Kara ne présente : aucune difficulté d’après l'expérience acquise ces dernières années. Il ne faut pas S’attendre, cependant, à toucher à Port Dickson avant le 10 ou le 15 août. En 1875, je l'atteignis, le 15 août, sur un navire à voiles, après avoir été fort retardé par des calmes. Avec un bateau à vapeur, le port aurait pu être atteint, cette année-là, dès les premiers jours du mois. En 1876, l’état des glaces fut moins favorable par suite d’un été froid et de vents persistants du nord-ouest. Mais, même alors, j’attei- & nais, avec un bateau à vapeur, l'embouchure du Ténisséi à la date du 15 août.
Mon intention est de mouiller, tout au moins pour quelques heures, à Port Dickson, afin d'y déposer la correspondance sur l’une des îles voisines pour le cas, fort probable, où je ne rencontrerais pas de navire envoyé de Ilénisseïisk, où un pêcheur nor-
végien, par lequel des nouvelles de l'expédition pourraient être expédiées en Euroro,
Nous manquons encore de toute observation directe sur l’'hydrographie des parages entre l'embouchure du lénisséi et le ap Tscheljuskin :
Comme je l'ai déjà Signalé, ils n'ont Jamais été par- Courus par de véritables navires, On sait de même excessivement peu de chose sur les courses en bateau le long des Côtes; dans tous les Cas, il est ipossible de tirer de tentatives manquées pour Pénétrer dans ces mers, des conclusions défa- Vorables sur leur nävigabilité à certaines époques de l'année. Si, avec la notion du peu de ressources que possède encore aujourd'hui Ja Sibérie, pour l'équipement d'expéditions maritimes, on essaye de se rendre Compte de ce qu’étaient les expéditions russes envoyées, avec une rare persévérance, sur des chemins différents, le long des côtes septentrionales de ln Sibérie, entre les annees 1734 et 1743 (1), on comprendra sans peine ce qu'il y a de juste dans l'appréciation qui précède, On est donc en droit d'espérer qu'un bateau à Vapeur équipé avec tout le soin possible, sera à Mmêmê de pénétrer bien au delà du point auquel ces ex péditions furent forcées de s’en retourner avec leurs petites embarcations, le plus souvent ConStruites de planches
(1) On trouve un COMpte rendu détaillé de ces expéditions dans l'ouvrage : Reise des kaïserlichen ; ussischen Flotien- Lieu. lenants Ferdinand von Wrangel lanas der Nordküste von Siberien und auf dem Eismeere, 1820-1821, Bearbeitet von G. Engelhardt, Berlin. 1839, et dans G.-P. Müller, Voyage et découvertes faites par les Russes le long des côtes ds la mer Glaciale, etc., Amsterdam, MDCCLXvI.
IOLD
de l'expédition
re.
ute observation ages entre l’em- » Tscheljuskin:
| jamais été par- 'n sait de même les courses en 1s les cas, il est manquées pour iclusions défa.
laines époques : de ressources Sibérie, pour 10S, On essaye les expéditions sévérance, sur côtes septeninnées 1734 et ce qu'il y a de . On est donc apeur équipé è de pénétrer ditions furent etites embarde planches ces expéditions en Flotien-Lieulküste von Sibeitet von G. En-
ler, Voyage et v0tes de La mer
réunies par des liens d’osier, chargées d'un nombreux équipage, trop fragiles pour résister à la glace, et incapables de tenir le large dans une tempète.
On ne connaît, au reste, que trois expéditions maritimes, où pour mieux dire, côtières, dans cette partie de la mer de Kara, toutes les trois sous la direction des contremaîtres Minin et Sterlegoff. La première eut lieu en 1738, sur un sloop double mesurant une longuenr de 70 pieds, une largeur de 17 pieds et ayant un tirant d'eau de 7 pieds 1/2, construit à Tobolsk, et conduit au lénisséi, par le lieutenant Owzyn. Avec ce navire, Minin descendit le lénisséi, jusqu’au 72° 53’ de latitude nord. Il envoya de là une péniche vers le nord, mais elle dut, par suite du manque de vivres, rebrousser chemin avant d’être parvenue au point de l’embouchure du lénisséi auquel j’ai donné le nom de Port Dickson. L'année suivante eut lieu une nouvelle tentative, dans laquelle on ne dépassa pas, touierois, le point d'arrivée de l'été précédent. Enfin, l'on réussit la troisième année à atteindre,
avec le sloop, le 75° 15’ de latitude nord, après
avoir été exposé à de grands périls par une tempête, à l'embouchure même du fleuve. Le 2 septembre (1), précisément à l'époque la plus favorable à la navigation dans ces parages, on s’en retourna « parce que la saison était trop avancée »,
On possède encore deux données, fondées sur
(1) Dans les relations originales, les dates sont données d'après l'ancien Style. Je les a
ai changées en styie nouveau.
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des observations 4e visu, relativement à ja cond ition des glaces de cette côte. Lor: de son célèbre voyage d'exploration dans 1: Sibérie septentrionale, l'académicien Middendortt atteignit, le 25 août 1 843, par les voies de terre les côtes de la mer, au golfe de Tajmur, sous le 75° 40 de latitude nord, « trouva la mer ouverte aussi loin que la vue pou-! vait s'étendre des hauteurs dominant le rivage (1). Middendorff raconte, en outre, d'après la Jakoute Fomin, qui avait passé un hiver au golfe de Tajrour, que la glace se détache de la terre dès la première moitié du mois d'août, et que les vents du sud la poussent au large, pas assez loin, toute. fois, pour que le bord n’en soit visible des hauteurs qui longent la côte,
La terre entre Tajmur et le cap Tscheljuskin à été relevée en 1742 parle contremaître Tschel juskin, aumoyen decourses entraîneau. Ilest parfaitement acquis à l’heure actuelle qu'il découvrit, en mai de la même année, la pointe la plus septentrionale de À l’Asie. Alors la mer était naturellement recouverte de glace, et il n’existe aucune observation sur la condition de la glace durant l'été et l’automne dans les parages immédiatement à l’ouest du cap Tscheljuskin. Nous possédons heureusement deux données précieuses, tout indirectes qu'elles soient, sur la navigabilité de cette mer dans la saison d'automne. Le 1‘ septembre 1736, Prontschischeff fut près d'atteindre dans des eaux ouvertes, sur des navires
(4) Th. von Middendorff. Reise in den aussersten Norden und Osten Sibiriens, t. IV, pt 21 e. 508 (1867)
LD
t à ia condition > son célèbre septentrionale, le 25 août 1843, mer, au golfe
tude nord, et * la vue pou. |
le rivage (1) ès la Jakoute au golfe de la terre dès que les vents Z loin, toute.
des hauteurs
scheljuskin à lscheljuskin,
parfaitement R
it, en mai de ntrionale de à t recouverte ation sur la automne dans | cap Tscheleux données ient, sur la d'automne.
eff fut près des navires
ersten Norden
côtiers venant de l’est, le cap Tscheljuskin que l’on plare généralement sous 77° 34’ de latitude nord et 105° de longitude est, et des buleiniers norvégien ont, à plusieurs reprises, navigué, pendant l’automne, à l’est de la pointe septentrionale de ja Nouvelle-Zemble (77° latitude et 68° longitude est), sans rencontrer de glace.
Il résulte évidemment de ce qui précède, que ; nous D’avons pas jusqu'ici une connaissance complète, basée sur des observations effectives, de l'hydrographie de la côte qui s'étend du iénisséi au cap Tscheljuskin. Je considere, toutefois, que dès le mois de septembre et peut-être dé, à dans la dernière partie d’août, l’on peut s'attendre à trouver ici une mer libre ou tout au moins un large chenal, ouvert, le long de la côte, par des masses considérables d’eau fortement échauffée pendant le mois d'août, qu’apportent sur ce point des côtes sibériennes les fleuves descendant des steppes de la haute Asie, l’Obi, l’Irtish et le Iénisséi, tirant leurs eaux d'un bassin supérieur à celui de tous les fleuves réunis qui se jettent dans la Méditerranée et la mer Noire.
Entre Port Dickson'et Bjelo Ostrow (l’île Blanche un immense courant d’eau douce s’avance de la sorie vers le nord. L'influence que la rotation de la terre exerce, dans ces hautes latitudes, sur les courants qui suivent à peu près la direction du méridien, est très considérable, et imprime une déviation orientale à ceux qui viennent du sud. Par suite, l’eau de l’Obi et du Iénisséi devra se tenir comme enfermée dans un chenal
la Inn Aa le TT IV MUR 2
terre de Tajmur, jusqu’à ce qu’au delà du cap Tscheljuskin le courant puisse s’avanser sans obstacle vers le nord-est ou l’est, Environ sous le 74° de latitude nord, j’ai trouvé, dans l’eau de ce Courant, une température de + 9° 4 (centigrades) à l'embouchure du Ténisséi (17 août 1875) et de + 8° à celle de l’Obi (10 août de la mème année). Ce courant du sud produit ses deux phénomènes Ordinaires : d’un côté, un sous-courant froid que les tempêtes mêlent à l’eau de la Superficie en la refroidissant ; de l’autre côté, un contre-courant froid charriant des glaces flottantes détachées du bassin polaire. La rotation de la terre imprime à Ce dernier courant une direction occidentale, et c’est à lui qu'on doit les masses flottantes bloquant, pendant l'été, la côte occidentale de la Nouvelle- Zemble. Suivant mon expérience personnelle, et d’après les déclarations unanimes des pêcheurs de Inorses, cette glace se fond aussi presque totalement avant la formation de la glace nouvelle. Pour fixer approximativement la distance à laquelle le courant qui vient de l’Obi-Iénisséi est à même d’écarter les glaces flottantes, il faut se rappeler que même un Courant très faible n’en possède pas moins une force sutfsante pour influer e la glace, et que, par exemple, le Courant du Rio de la Plata, dont la masse d’eau ne S’élève probablement pas à celle de l'Obi-Iénisséi, est encore sensible à la distance de 1,500 kilomètres de son em bouchure, c’est.à-di re à environ trois fois la distance Séparant Port Dickson du Cap Tschel- Juskin. Le seul golfe maritime qui puisse être com-
delà du cap ivan‘er sans Environ sous ns l’eau de ce (centigrades)
1875) et de ième année).
phénomènes nt froid que erficie en la itre-courant étachées du > imprime à identale, et 8 bloquant, 1 Nouvelleonnelle, et ‘écheurs de que totaleveille, distance : à nisséi est à iut se rapn'en posur influer *emple, le 8 d’eau ne -Ténisséi, ilomètres trois fois p Tschelêtre com-
paré à la mer de Kara au point de vue de la grandeur du territoire sillonné par les cours d’eau 8e déversant dans ce golfe, est celui du Mexique (1). Or considère que ses eaux contribuent puissam-
M ment à la formation du gulf-stream.
Les vents même qui, dans ces régions, soufflent souvent du nord-est, doivent également avoir pour effet de maintenir un large canal à peu près libre
D de glace vers les côtes en question.
Ce que nous connaissons de l’hydrographie de la mer à l’est du cap Tscheljuskin, est basé sur les observations des expéditions envoyées, avant le
: milieu du siècle passé, par le gouvernement russe
le long des côtes septentrionales de l'Asie. Tout en reconnaissant le courage, la remarquable persévé-
} rance, la résistance extraordinaire aux fatigues et
aux difficultés de tout genre qui ont toujours distingué les voyageurs russes dans les mers arcti-
? ques, il faut se rappeler, pour l’appréciation cor. q PP PI
recte de leurs expéditions en général et de celle-ci en particulier, qu’elles se faisaient sur de petits navires à voile, d’une construction qui ne leur permettait ni de naviguer au large, ni de lutter contre les glaces flottantes du bassin polaire. Ils manquaient ensuite, je ne dirai pas de la vapeur, ce puissant auxiliaire de notre époque, mais même d'un gréement convenable pour croiser contre les vents contraires. En dernier lieu, le gros de leurs équipages se composait de. matelots des eaux
(1) Cf. v. Middendorff, Reise in Norden und Osten Sibiriens,
t. I, p. 5 et 59 (1848). — Mémoire de v. Baer, Ueber das Klima des Taÿmurlandes.
douces de ia Sibérie, qui n’avaient jamais vu les eaux de l'Océan, n'avaient jamais été exposés aux vagues de la mer, n’avaient Jamais tenté la navigation entre des glaces flottantes. En tenant compte de toutes ces circonstances; les remarquables voyages dont je vais rapidement esquisser les péripéties et les résultats, me paraissent démontrer que l’on doit également s’attendre à rencontrer ici une mer navigable pendant l’automne.
Les expéditions le long des côtes à l’est du Cap Tscheljuskin eurent pour point de départ la ville de Iakoutsk, située au bord de ja Léna, sous le 62° degré de latitude nord, à 1,500 kilomètres de l'embouchure du fleuva. Ce fut aussi dans cette ville que furent construits les navires employés aux expéditions.
La première partit en 1735, sous le commandement du lieutenant de navire Prontschischefr. Après avoir descendu le fleuve et franchi, le 12 août, l'embouchure orientale de la Léna, elle doubla le vaste delta que celle-ci forme à son entrée dans la mer, Le 7 septembre, l'expédition n'était pas encore arrivée à l’embouchure de l’Ole-
nek. Il avait donc fallu trois semaines pour parcourir une étendue qu'un bateau à väpeur franchirait en un jour. On vit de la glace, mais elle n’Opposa &ucäin Obstacle à la navigation. La marche fut toutefois gênée par des vents contraires, et probablement par des vents du large, qui auraient facilement pu jeter le navire à la côte, s’il s’était imprudemment aventuré en haute mer. La saison avancée amena Prontschischeff à hiverner sur ce
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point (72° 54’ de latitude nord), près de quelques yourtes d'été construites par des chasseurs de fourrures. L'hiver se passa. heureusement, et l’année suivante (1736), Prontschischeff se remit ea route dès que les glaces du golfe d’Olenek le lui permirent, Ce qui n'eut toutefois lieu que le 15 août. On navigua le long de la côte vers le nord-est. On rencontra çà et là des glaces flottantes, mais on avança toutefois rapidement, et, le 1er septembre, l’expédition atteignit le 77° 29’ de latitude nord, au voisinage immédiat du cap Tscheljuskin. Des masses serrées de glaces la forcèrent à retourner, et elle remit le cap sur l'embouchure de l’Olenek, où elle arriva le 15 septembre. Peu de temps auparavart, l'habile commandant du navire était mort du scorbut, et quelques mois plus tard il avait été suivi par $a jeune femme, qui l’accompagnait dans ce pénible voyage. Comme ces cas de Scorbut ne se produisent pas pendant l'hiver, mais immédiatement à la fin de l'été, ils fournissent un élément remarquable pour l'appréciation de l'équipement des expéditions arctiques de l'époque.
Une nouvelle expédition eut lieu en 1739, le long des mêmes côtes, sous le commandement du lieutenant de marine Chariton Lapteff. On quitta la Léna le 1° août, et le 2 septembre, on atteignait le Cap Thaddæus, sous le 76° 47’ de latitude nord, après une navigation qui n’avait été gênée par leg slaces flottantes qu'en dehors du golfe de la Khatanga. Le cap Thaddæus n’est situé qu'à 100 kilomètres environ du cap Tscheljuskin. Ici, l’on dut
obstruaient la route. Comme la saison paraissait très avancée aux navigateurs sibériens, ils allèrent
hiverner au fond du golfe Khatange, qu'ils attei- À gnirent le 8 scptembre. L'année suivante, Lapteff |
essaya de retourner à la Léna, mais son navire fut écrasé par les glaces flottantes en dehors de l’embouchure de l’Olenek. Après bien des peines et
bien des dangers, tout l'équipage réussit à gagner |
les quartiers d’hiver de l’année précédente. De là, quelques hommes se rendirent sur des traîneaux au Jénisséï. Les années suivantes, Lapteff, son second, le contremaître Tscheljuskin, et le géodète
Tschekin exécutèrent plusieurs expéditions en traf- 4
neau pour relever la pointe nord-ouest du conti. nent asiatique.
Les voyages de Chari‘on Lapteff sont les dernières tentatives qui aient été faites pour se rendre par mer de la Léna vers l’ouest. La pointe nordouest de l’Asie, qui fut explorée en 1742 par une expédition en traîneaux, sous Tscheljuskin, Pun des membres les plus énergiques des précédentes expéditions, n’avait pu être atteinte par la voie de mer, et l’on avait encore moins réussi à naviguer de la Léna au Iénisséi. Malgré les mauvais navires
à leur disposition, Prontschischeff n’avait cepen- |
dant rebroussé chemin qu'à quelques minutes, et Lapteff, qu’à 50’ environ de cette pointe. Parmi les obstacles qu’ils rencontrèrent sur leur chemin, des vents contraires et violents paraissent avoir joué un
rôie aussi considérable que les glaces flottantes. De |
crainte de ne pouvoir atteindre une station d’hiver fréquentée par les indigènes, on revint, en outre,
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presque toujours à l’époque de l’année où les mers polaires sont le moins encombrées de glace. En ayant égard à toutes ces circonstances, on peut
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e, Laptef D mettre sans hésiter qu'un bateau à vapeur équipé navire fut D expressément en vue de la navigation dans les mers 8 de l’em- D orctiques, n'aurait probablement pas rencontré, PES EE cos années-là, de difficultés sérieuses à doubler le Là gagner D D Tscheljuskin.
te. De là, On possède des renseignements bien plus nomtraineaux D eux et beaucoup plus complets sur la mer entre ï, SON S6- D |: Léna et le détroit de Behring, que sur les parages e géodète D ontre la Léna et le Iénisséïi. L’espérance de lever sen tra D des impôts sur les tribus sauvages habitant cette du conti | côle, ou de faire avec elles un commerce lucratif, excita, dès le milieu du dix-septième siècle, des les der- baleiniers russes (Promy ‘hlenis) à entreprendre de se rendre nombreuses excursions maritimes le long des côtes. nte nord- Sur une carte annexée à l'ouvrage de Müller; basé | par une sur des rechercheg" dans les srchives de la Sibérie, kin, Pun une voie maritime est indiquée Le long des côtes, cédentes avec la Kgende : Route anciénnément fort fré- 1920 de quemtée. Voyage fait par mer en 1648 par trois DONgHer vaisseaux russes, dont un est parvenu jusqu'à 8 navires D Kamtschatka (1). | t cepen- Il est regrettable que les détails relatifs à la plunutes, € D part de ces voyages soient parfaitement oubliés. Si ’armi les min, 649 (1) La carte porte le titre : Nouvell: carte des découvertes Joue un lailes par des vaisseaux russéens, ete, dressée sur des mémoires ntes. De Æ authentiques de ceux qui ont assisté à ce” découvertes, et sur : d'hiver d'autres connaissances dont on rend raison dans un mémoire
séparé. Saint-Pétersbourg, à l'Académie Impériale des n outre, Sciences, 1758,
D ZO nservés à la mé- à moire, à des procès ou à d’autres circonstances D de ayant amené l'intervention des autorités. C’est, l'é enire autres, le cas de la plus célèbre de ces expé- tre ditions, celle du Cosaque Deschnef, à l'égard de co! laquelle quelques renseignements n’ont été con- Ka Servés que parce qu un litige s’éleva entre lui et oc l’un de ses Compagnons relativement à la décou- l’er Verte d’un banc de morses sur la côte orientale du bli: Kamtschatka. Cette expédition était Cependant un SCO véritable voyage de découvertes, entrepris avec À I l'approbation du 80Uvernement, d’un côté pour Kol aller à la recherche de quelques îles de la mer (la- vers Ciale à l'égard desquelles une foule de récits avaient des COUrS parmi les pêcheurs et les indigènes, et, de de & l’autre, Pour étendre ]
Pôts russes une dans les régions encore i Deschneff partit de K
navi
olyma le 1° juillet 1648, | la ç
comme chef de l’un des Sept hoéshis (1), chacun D Jan équipé de trente hommes, dont se Composait l’expé- den dition, Tous les renseignements Manquent sur le ayan Sort de quatre des Tavires. Il est probable qu’ils à Ia] Sen retournèrent bientôt et non qu'ils Périrent, cieus Comme l'ont SUPposé divers auteurs. Il du:
d plat, assez larges, longs de 12 toises, Ils pour ment manœuvrés à la
ame. L'on ne se ser: les m vait de voiles qu'avec vent arrière (Wrangels Reise P. 4). On que 1 trouve. le dessin d'un kotshi dans Nicolaes Wiisen, Noort à * 00$ler gedeelte van Asia en Europe, Amsterdam, 1705, t, II de Te P. 150. ,
Apr
nnées sur esque touarquables s à la mé- :Onstances és. C'est, ces expél'égard de été conire lui et la découentale du ndant un ris avec té pour mer Glaavaient , et, de russes -est.
L 1648, chacun l'expé- | Sur le » qu’ils rirent,
ises. Ils se ser:
4), On
Noort &. IE,
Trois navires, commandés par les Cosaques Deschneff et Ankudinoff, et le chasseur Kolmogorzoff, parvinrent heureusement à Tchutskojnos, et, à ce qu’il paraît, dans des eaux parfaitement libres de glaces, le navire d’Ankudinoff fit naufrage, mais l'équipage put se sauver, et fut réparti sur les autres navires, qui bientôt se séparèrent, Deschneff continua sa route le long de la côto orientale du Kamtschatka jusqu’à l’Anadir, qui fut atteint en octobre. Aukudinoff paraît même être parvenu à l'embouchure du fleuve Kamischatka, où il s’établit au milieu des indigènes et finit par mourir du Scorbut.
L'année Suivante, 1649, Staduchin, partant de Kolyma, navigua de nouveau pendant sept jours vers l’est jusqu’au voisinage de Tchutskojnos, dans des eaux libres, autant que le récit très incomplet de son voyage permet d’en juger. On peut se faire
une idée de l’opinion qu'avait Deschneff sur la navigabilité de la mer entre la Léna et Bebring, par la circonstance qu'il fit réunir, sur les bords de l’Anadir, du bois de charpente pour la construction de nouveaux kotshis; le navire qu’il commandait ayant fait naufrage. Son intention était d'envoyer à Iakoutsk, par ces navires, le tribut des précieuses fourrures qu'il avait levé sur les indigènes.
Il dut toutefois abandonner ce projet, »’ayant pu,
Pour des raisons faciles à comprendre, £& procurer
les matériaux de Construction nécessaires. Il ajoute
que la mer n’est pas libre toutes les années autour
de Tchutskojnos.
Après la fondation de Nischni-Kolymsk, en
1644, une foule de voyages furent entrepris deg embouchures des grands fleuves de la Sibérie, par suite des récits qui avaient Cours, parmi les indigènes de la côte, sur l'existence, dans la mer Glaciale de Sibérie, de grandes îles habitées, riches en forêts, en fourrures, en dents de morse et en os de mammouth. Souvent révoqués en doute, soutenus d'autre part avec ténacité, grâce aux récits des Chasseurs, ces bruits se vérifièrent enfin partiellement par la découverte des tles de la Nouvelle-Sibérie, de la terre de Wrangel et des côtes de l'Amérique du Nord situées à l'est du détroit de Behring. Les conditions physiques du Continent américain avaient sans nul doute donné naissance à l’auréole légendaire dont la croyance Populaire entourait à tort les vraies îles de Ja mer Glaciale.
Si toutes ces tentatives faites mer des côtes de la Sibérie vers le nord n'eurent pas le succès désiré, il n'y a rien là qui doive sur- Prendre. Une mer cuverte était tout aussi dangereuse et même plus dangereuse qu'une mer remplie de glace, pour les Mauvais navires dont disposaient les hardis navigateurs Sibériens. Si le navire était écrasé par les glaces, on pouvait se Sauver sur elles dans la plupart des cas, et l'on n'avait alors à lutter que contre la faim, le froid et d'autres difficultés auxquelles la majeure partie de l'équipage était accoutumée dès l'enfance. Dans une mer ouverte, au Contraire, la frêle embarcation, mal Construite, Calfatée d’un mélange d'argile et de mousse, à planches réunies par des osiers, faisait eau par
Pour pénétrer par
pris des rie, par es indila mer ibitées, morse 1és en grâce fièrent s de la ot des est du 1ies du donné yYance a mer
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une mer insignifiante, et dans une grosse mer elle était perdue sans ressource, si elle ne pouvait atteindre promptement un port de refuge.
On préféra bientôt chercher à gagner les îles par des courses en traîneau sur la glace dans la saison d'hiver, et l’on découvrit enfin de celte manière le vaste groupe d'îles qui porte le nom de Nouvelle-Sibérie. Ces îles furent souvent visitées par les chasseurs, principalement pour y recueillir les nombreuses défenses de mammouth enfoncées dans les couches d’argile et de sable avec des os de mammouth, de rhinocéros, de mouton, de bœuf, de cheval, etc. Elles ont été complètement relevées plus tard par les expéditions d'Hedenstrôm dans les années 1809-1811, et par celles du lieutenant Anjou, en 1823. Hedenstrom se rendait aux îles avant la débâcle, sur des traîneaux attelés de chiens ; il y restait tout l'été et s’en retournait par
la glace en automne. Pour la question de la navi-
gabilité de la mer, ces expéditions, exécutées avec un Soin tout spécial, devraient présenter un grand intérêt par les occasions qu'elles offraient d'étudier la condition de la glace pendant l’automne. Malheureusement, le court récit qui en est donné aux pages 99-119 du voyage de Wrangel, la seule source que j'aie pu consulter, est muet sur cette question (1). Grâce, cependant, aux démarches de
(1) Les voyages de Wrangel furent eux-mêmes exécutés en hiver sur la glace, au moyen de traîneaux, et quelque intéres- Sants qu'ils soient à beaucoup d’autres égards, ils ne fournis-
sent pas de matériaux directs pour la connaissance de l'état
des glaces en été et pendant l'automne,
M. Sibériakoff, des renseignements d’une grande importance ont été fournis à son égard par les habitants de la Sibérie septentrionale qui se livrent sur l'archipeldelaN ouvelle-Sibérie, à la recherche,
des défenses de mammouth. Tous ces renseignements s'accordent sur le fait c
asiatique et l'archipel.
Un bourgois de Takoutsk, Sonnikoff, compagnon d'Hedenstrom, fit, en 1811, une découverte remar. quable, Il trouva, sur la côte Occidentale de l'ile tes d’une habitation d'hiver
ntée, au voisinage de la car- ‘une construction toute diffénavires sibériens. De cette ne foule d'engins et d'objets épars sur le rivage, Sonnikoff ira la conclusion qu'un chasseur de morses y avait été poussé par les vents depuis le Spitzberg ou la Nouvelle-Zemble. Une inscription que portait une croix funéraire ou
Volive placée au voisinage de la demeure, ne fut malheureusement pas déchiffrée.
Quelquestentatives en vue de pénétrer de la Léna vers l’est eurent aussi lieu pendant Ja « grande expédition du Nord » (1). La première, celle du lieutenant Lassénius, quitta, le 21 août 1735, le bras le plus oriental de l'embouchure de la Léna, Navigua 120 verstes (128 kilomètres) vers l’est,
(1) C'est la dénomination générale donnée aux nombreuses Expéditions russes envoyées, pendant les années 1733-1743,
versla mer Glaciale, au nord de la Dvina, de l'Obi, du Iénissér, de la Léna et du Kamstchatka.
gran hive:
Po douk teau:
juge:
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> grande par les à livrent herche, Seignelevient, la côte
Jagnon remarle l’île hiver a Cardiffécette )bjets usion é par mble.
‘e ou > fut
Léna inde du , le Na, est,
uses 743, sé,
mais rencontra des glaces flottantes qui la forcèrent à cherther un port à la côte. Elle y passa l'hiver avec ce malheureux résultat que Lassénius lui-même et 52 hommes, c’est-à-dire la majeure partie de l'équipage, y périrent du scorbut.
L'année suivante, 1736, ue nouvelle expédition fut envoyée du même côté sous les ordres du lieutenant Dmitri Lapteff, Au mois d'août, il essaya de pénétrer vers l’est sur le navire de Lassénius, mais rencontra bientôt beaucoup de glaces flottantes. Aussi rebroussait-il déjà chemin vers la Léna à l'époque où la navigation aurait dû commencer. .
En 1739, Lapteff entreprit un troisième voyage. Ayant pénétré jusqu’à l’Indigirka qui gela le 21 Septembre, il hiverna à l'embouchure de ce fleuve. L'année suivante, il s'avançait un peu au delà de l'embouchure de la Kolyma, jusqu’au cap Grand Baranoff, où sa marche vers l’est fut, le 26 septembre, arrêtée par la glace.
Après être revenu à la Kolyma, et avoir hiverné à Nischni-Kolymsk, Lapteff essaya, mais sans Succès, par suite des brouillards, des vents contraires et de la glace, de pénétrer vers l’est sur de grandes embarcations construites pendant son hivernage.
Pour ces voyages, on employa, en 1735, un sloop double construit à Takoutsk, et, en 1739, deux bateaux construits à Nischni-Kolymsk. Si l’on peut juger de la condition de ces navires par ceux qui trafiquent actuellement sur les fleuves dela Sibérie, il y a lieu de s’étonner que quelqu’un ait pu s’y risquer sur une mer véritable, plutôt que de voir,
80 LETTRES Dx NOKDENSKIOLD
dans ces expéditions plus ou moins avortées, des
Il me reste à mentionn qui ont été faites Pour pé le détroit de Behring.
er les quelques tentatives nétrer vers l’ouest depuis
g des côtes Septentrionales de la Sibérie. Sans doute
voyages heureux ers Septentrionales de la Sibérie, Les lapports officiels des expédition dues à
mentionnent même fré- Quemment Ja rencontre de pêcheurs ou de mMar- Chands qui NâViguaient dans
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| Léna à connue qu'à ce riennes que de septenentre- > trace, S allu- 'ureux la Silues à e frémarr leur . Ces iocre pédiloute st de fin le 729, inça id.)
PLAN DE L'EXPÉDITION 81 sur la côte septentrior.; 2 de l'Asie, quoique la glace
ne paraisse pas lu r fait obstacle, Près de cinquante ans plus tar 0k termina dans ces parages la série des brillantes découve il a
enrichi la science géographique. Après à vo: couru, en 1778, assez longtemps vers l’est, le long de la côte nord de l'Amérique, ilse urna vers l’ouest et atteignit, le 29 août, le 180° de longitude. La rencontre de la glace le força à revenir sur ses pas, et, en réalité, son navire n’était ni construit ni équipé pour un navigation arctique.
Depuis l’époque de Cook, on connaît trois expéditions entreprises du détroit de Behring vers l’ouest. La première fut l'expédition américaine du capitaine Rodgers en 1855. Il atteignit, à ce qu'il semble, dans des eaux libres, la longitude du Cap Jakan (176° long. est de Greenw.). La seconde fut celle du Capitaine baleinier anglais Long, qui, à la recherche de nouveaux Parages pour la pêche de la baleine, parvint en 1867, au nord du détroit de Behring, à une distance plus considérable vers l’ouest qu'aucun autre navigateur ne l’avait fait avant lui.
Le 10 août, il atteignait déjà la longitude de Tschaunbay (170° est de Greenw.). Long avait pour objet la pêche de la baleine et non un voyage d’exploration. Il exprime, dansle court récitqu’ila donné de son voyage, la conviction de la possibilité d’un trajet par mer du détroit de Behring à l'Atlantique, et il ajoute que si même celte voie maritime n’est pas appelée à devenir d’un importance commerciale proprement dite, une communication par mer entre la Léna et le détroit de Behring aura toujours
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son utilité pour l'exploitation| des richesses de la Sibérie orientale (1). :
En dernier lieu, une expédition russe a été envoyée l'année dernière par ie détroit de Behring pour atteindre la terre de Wrangel. Suivant des Commmunications insérées dans les journaux, iles glaces l’auraient empêchée d'y parvenir, comme aussi de pénétrer bien avant du côté de l’ouest.
Je dois encore à l'obligeance de M. Sibériakoff quelques renseignements directs recueillis auprès des habitants de la Sibérie septentrionale sur la condition des glaces de la mer qui en baigne les eôtes. A l'heure présente, toutefois, la chasse paraît avoir tellement diminué dans ces régions, que quelques Personnes seulement furent à même-de donner une réponse aux questions posées.
Ainsi, à fakoutsk, il n’y avait qu'un seul homme (un prêtre) qui eût visité les côtes de la mer Glaciale. Selon lui, la mer devient libre quand le vent de terre souffle, mais se remplit de nouveau de
glace sous l'influence du vent du large.
Un autre correspondant mentionne que, suivant des observations faites pendant l’expédition de Tschikancowski, la mer.en dehors-de l’Olenek était totalement libre deglaceen 1875, maïs il ajoute que l'année était exceptionnelle. Non seulement en été, mais même pendant l'hiver, l'océan Septentrional est parfois libre, et, à une distance de 200 verstes de la côte, la mer ne gèle qu’exceptionnellement, sans que l’on sache cependant l'extension de la
(1) Petermann, Miliheilungen, p. 1 et 1869, p. 32.
esses de la
e a été ende Behring suivant des rnaux, les ir, Comme l’ouest.
Sibériakoff illis auprès sur la con- > les eôtes.
araît avoir > quelques Dnner une
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mer Gladd le vent uveau de
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Polynia, nom donné à la mer ouverte au nord de la Sibérie. Cette assertion est coroborée par les célèbres voyages de Wrangel sur des traîneaux attelés de chiens, dans les années 1821-1823.
Un troisième correspondant dit: « D'après les renseignements que j'ai obtenus, la côte nord de l'embouchure de la Léa à celle de l’Inaigirka est libre de juillet en septembre. Le vent da nord pousse la giace à la côte, mais pas en grandes masses. Suivant les observations des chasseurs qui se livrent à la recherche des défenses de mammouth, la mer est libre jusqu’à la partie méridionale de l’archipel de la Nouvelle-Sibérie. Il est probable que ce sont précisément ces îles qui servent de barrière contre les glaces au district de Wechnajansk. Il n’en est pas de même dans les parages de la Kolyma ; il est aussi possible de se rendre de la Kolyma à la Léna. »
Le fait qu’en été les vents du sud chassent la glace à une distance plus ou moins grande des Côtes, sans que cette distance soit assez considérable pour que la glace ne revienne plus ou moins abondante sous l'influence des vents du nord, est Confirmé par d’autres Correspondants, et me semble foumir la preuve que les îles de la Nouvelle-Sibérie et la terre de Wrangel constituent des chatnons d'un vaste groupe d'îles parallèle à la côte septentrionale de la Sibérie. Si, d’un côté, cette barrière empêche l'éloignement total de la glace des eaux intermédiaires, et favorise la congélation pendant l'hiver, de l’autre, elle protège la côte contre la glace polaire proprement dité, qui se
forme au nord des îles. Presque tous ces renseignemenis se rapportent aux mois d’été. De même que dans la mer de Kara, dont la réputation était encore si mauvaise il y a quelques années à peine, de même aussi dans ces parages, l& majeure partie de la glace fond sans doute avant l’automne, de sorte que l'on peut s'attendre à trouver une mer passablement libre à cette époque.
La plupart des correspondants auxquels on doit des renseignements sur les glaces de la mer polaire de Sibérie, mentionnent en ouire, tout en les combattant de la façon la plus catégorique, les bruits répandus en Sibérie que des baleiniers américains auraient été vus depuis la côte à une grande disvers l’ouest. Ces bruits reposent cependant en partie sur une base réelle, J’ai parlé moi-même à un baleinier qui, pendant trois ans, s'était livré,
sur un vapeur de pêche, au commerce avec les habitants de le côte entre le Cap Jakan et le détroit de Behring. Il était pleinement convaincu de la possibilité, dans certaines années, de passer du détroit de Behring à l’océan Atlantique. Dans l’une
de ses expédition il n’aveit quitté le détroit susmen- -ionné que le 17 octobre.
Il résulte de tout ce qui vient d’être dit :
Que l'Océan au nord de la Sibérie n’a jamais été parcouru par un navire réellement en état de tenir la mer, el encore moins par un vapeur équipé spécialement en vue de la navigation au milieu des glaces flottantes :
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Qu'ils ont presque toujours cherché un port d'hiver précisément à l'époque de l'année où la mer est le plus libre de glace, c'est-à-dire à la fin de l'été ou en automne ; Que, toutefois, la mer qui s'étend du cap Tscheljuskin au détroit de Beh ring aété souvent parcourue simême personne n’a réussi à faire tout ce parcours en une seule fois ; Que la glace formée en hiver le long de la côte, sans toutefois s'étendre au large, se brise chaque été pour donner naissance à de vastes champs de glace flottante qui tantôt sont chassés vers la côte per les vents du nord, tantôt sont refoulés au large par ceux du sud, d’où il semble probable que la mer de Sibérie est séparée de la mer polaire proprement dite par une série d’iles, desquelles on ne connaît actuellement que la terre de Wrangel et les grandes îles qui forment la Nouvelle-Sibérie. Me fondant sur l’ensemble de ces données, je crois qu’un vapeur, parfaitement équipé, pourra, sans rencontrer des difficultés trop grandes, parcourir ce chemin dans la saison d'automne, et par là non seulement résoudre un problème géographique posé depuis des siècles, mais encore, grâce aux ressources dont dispose actuellement la science, explorer, aux points de vue de la géographie, de l’'hydrographie, de la géologie et de l’histoire naturelle, une mer immense restée jusqu'ici presque vierge de toute exploration.
La mer, au nord du détroitde Behring, est actuel-
lement fréquentée par des centaines de baleiniers, et la route qui conduit de cette mer aux ports de l'Amérique et de l'Europe constitue désormais une ligne souvent parcourue. 11 n’en était pas ainsi il y a quelques dizaines d'années seulement. Les voyages de Behring, de Cook, de Kotze bue, de Beechey, etc., étaient alors considérés comme des expéditions hardies, favorisées par le sort, d’une grande imporlance au point de vue Scientifique, mais de peu d'utilité pratique. C'était aussi le cas, il y a un siècle et demi, du voyage de Spangberg du Kamtchatka au Japon (1739), par lequel les découvertes des Russes dans la partie septentrionale du Pacifique furent rattachées à celles des Hollandais et des Portugais aux Indes, aux îles de la Sonde et au Japon. Si notre expédition réussissait à atteindre l'isthme de Suez après une navigation autour de l'Asie, elle y rencontrerait dans l’œuvre de M. de Lesseps, la réalisation d’une entreprise grandiose, propre, plus que tout autre, à rappeler que ce que les hommes compétents déclarent impossible aujourd'hui, se trouve souvent être une réalité demain. La même chose pourrait bien arriy: à la circumnavigation de l’Asie.
J'ai de même la conviction que, si des circonslances trop défavorables ne concourent pas à l'empêcher, une navigation le long des côtes septentrionales de l’Asie non seulement est possible, mais encore qu’elle sera d’une importance pratique effective. Ce ne sera pas seulement à titre immédiat et par l'ouverture d’un passage nord-est pour se rendre de l’Europe en Chine, mais bien à litre mé-
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Si l'expédition échouait dans l’accomplissement du programme en son entier, il ne faudrait pas, cependant, la considérer comme inutile. Elle séjournera, dans ce cas, sur des points de la côte septentrionale de la Sibérie convenables à des explorations scientifiques. Chaque mille au delà de l'embouchure du lénisséi sera un pas de fait vers la connaissance complète de notre globe, but qui (Ôt ou tard doit être atteint au prix de sacrifices plus ou moins considérables, et vers lequel toute nation civilisée doit tenir à honneur de marcher.
Dans ces parages non ‘encore visités, le savant trouvera la réponse à une foule de questions sur la condition ancienne et présente des terres polaires, questions dont plus d’une est à elle seule suffisamment importante pour légitimer une expédition navale. Qu'il me soit permis d’en signaler quelquesunes.
Si l’on exceptela partie de la merde Kara explorée par les deux dernières expéditions suédoises, on ne possède à cette heure, que très peu de données sur la flore et sur la faune de la mer qui baigne les côtes de la Sibérie septentrionale. Nous y rencontrerons probablement, à opposé de ce que l'on à admis jusqu'à ce jour, la même richesse animale et végétale que dans les mers: du Spitzberg,
Pour autant qu’il est possible d’en juger a priori, les formes de plantes et d'animaux de !a mer Sibérienne doivent constituer les épaves de l’époque glaciaire, ce qui n’est pas tout à fait le cas des mers polaire où le gulf-stream épanthe ses eaux et oùil amène et mêle aux vrais types polaires des types des régions plus méridionales. Or, une connaissance complète et certaine des types d'animaux d’origine glaciaire et de ceux d'origine atlantique, est d’une importance majeure non seulement pour la zoologie et la géographie animale, mais encore pour la zoologie des pays scandinaves et la connais. sance de nos couches quaternaires.
Il a été donné à peu de trouvailles scientifiques de captiver aussi puissamment l'intérêt des savants et du public, que la déconverte, dans le sol gelé de la Sibérie, de débris colossaux d’éléphants et par-
fois même d’éléphants entiers recouverts de leur cuir et de leur toison. Ces trouvailles ont été plus d’une fois les objets d’expéditions scientifiques et d’explorations minutieuses de la part de savants distingués. Il reste cependant encore bien des mystères à éclaircir sur une foule de circonstances relatives à la période du mammouth de Sibérie qui peut-être a été le comtemporain de notre période glaciaire. La connaissance des plantes et des animaux qui vivaient avec ce pachyderme est spécialement très incomplète, bien que l’on connaisse dans les parties les. plus Septentrionales de la Sibérie, d’un accès très difficile par la voie de terre, l’existence de petites collines couvertes d’os de mammouth et d’autres animaux comtemporains, ei que
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l'on y rencontre de vastes couches contenant des débris de la flore de ja même époque.
En général, l'étude aussi complète que possible de la géologie des régions polaires, est une condition sine qua non de la Connaissance de l’histoire géologique du globe. I suffira, pour s’en convaincre, de se rappeler l'influence qu’a exercée sur Ja géologie la découverte, dans les roches et dans les couches meubles de terres polaires, de magnifiques débris de végétaux appartenant à des périodes géologiques diverses. Même à cet égard, une expédition sur les côtes Septentrionales de la Sibérie devra donner une moisson abondante,
Peu de:‘sciences Promeltent de fournir, avec le temps, un aussi grand nombre de résultats pratiques que la météorologie, dont l'importance est si amplement prouvée par les sommes considérables affectées, dans tous les Pays civilisés, à la création de bureaux et d'observatoires météorologiques. Maïs le climat d’un Pays est dans une telle dépendance de la température, du vent, de la pression de l'air, etc., de régions situées Souvent à une distance considérable, que les lois de la météorologie de ce Pays ne peuvent être établies qu'en combinaison avec des observations faites dans les contrées les plus lointaines. La juste appréciation de cette cir- COnSlance a provoqué un certäin nombre d’entreprises météorologiques internationales, et les instituts météorologiques des divers Pays peuvent presque être considérés comme des sections difrérentes d’un bureau unique : par leur travail commun on parviendra quelque jour au résultat que
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l'on se propose d'atteindre. Mais, au delà des localités où il est possible d'obtenir des séries d’observations annuelles, il existe des régions de milliers de milles carrés totalement inconnues au point de vue météorologique, pour lesquelles on ne possede que quelques observations éparses. C'est dans ces régions, cependant, que l’on trouvera la clef de bien des problèmes météorologiques encore à ré- Soudre. Or, la mer Glacial» de Sibérie, avec les terres et les îles qui s'y trouvent, est précisément un de ces districts météorologiques inconnus. Il est de toute importance, pour la météorologie de l'Europe, d'obtenir des données certaines sur la répartition de la terre et de l'eau, sur les glaces, la pression de l’air, la température de cette vaste partie du globe.
On peut en dire à peu près autant des matériaux que ces contrées fourniront sans doute à la connaissance du magnétisme terrestre, des aurores boréales, etc. À ces divers sujets il faut ajouter l'étude de la flore et de la faune encore inconnues de ces pays, les recherches ethnographiques, les travaux hydrographiques, etc. |
Naturellement, je n'ai pu qu'indiquer ici les questions scientifiques qui s'imposeront à l’expédition pendant un séjour plus ou moins prolongé sur la côte nord de la Sibérie. Ce qui précède suffira toutefois à montrer que si même son but géographique n’est pas atteint, l'expédition doit pouvoir se rattacher dignement aux expéditions semblables parties auparavant de la Suède.
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à atteindrele détroit de Bebring sans trop d'obstacles et, par conséquent, après une navigation relalivement courte, Je temps qui pourra être, pendant le voyage, affecté à des recherches scientifiques dans l’océan Septentrional de !a Sibérie, sera, il est vrai, trop court Pour la solution de plusieurs des questions énumérées ci-dessus ; mais indépendamment du problème séculaire de navigation qu'elle aura résolu alors, notre expédition POurra, même dans ce cas, réunir des matériaux d’une importance essentielle pour la Connaissance de la géographie, de l'hydrographie et de l’histoire naturelle des Parages en question. Au delà du détroit de Behring, l'expédition visitera deg pays d’une natvre plus variée et plus riche, où d’autres questions, d’un intérêt peut-être moins spécial pour nous, mais non moins grand pour la science en général, appelleront l'attention de l’explorateur et le payeront largement de ses travaux et de ses peines.
Ce sont ces considérations qui ont servi de base au plan de l'expédition projetée.
Mon intention serait de quitter la Suède au toMmencement de juillet 1878, sur un bateau à Vapeur spécialement construit en vue de la navisation dans les glaces, approvisionné pour deux ans, portant, outre un état-major scientifique de quatre ou cinq personnes et de quatre pêcheurs baleiniers, un équipage Composé d’un officier de marine, d'un médecin, de quatorze sous-officiers et Matelots volontaires de la marine royale, Le Cap sera mis sur un port Convenable de la côte septentrionale de la Norvège pour y prendre du charbon.
De là, le navire se rendra directement au détroit du Matotschkin, en la Nouvelle-Zemble, où il attendra une Occasion favorable pour passer La mer de Kara. On se dirigera eusuite sur le Port Dickson, à l’embouchure du Iénisséi, que j'espère atteindre dans la première moitié d'août, Dès que les circonstan- . Ces le permettront, l'expédition continuera la route
jusqu’au cap Tscheljuskin, dans le chenal ouvert que les eaux de l’Obi et du Iénisséi doivent nécessairement former le long de la côte. Elle fera peutêtre ausssi quelques bordées vers le nord-ouest, pour s'assurer s’il n'existe pas des îles entre la Sibérie et la partie septentrionale de la Nouvelle- Zemble.
Au cap Tscheljuskin, l'expédition rencontrera le seul point de la route projetée qui n'ait pas été parcouru par un navire, et ce point est considéré, peut-être avec raison, comme la partié la plus difficile à franchir de toute la voie du nord-est. Puisque, en 1736, Prontschischeff atteignit, sur des embarcations construites avec des ressources insuffisantes, à quelques minutes de cette pointe extrême de l’Asie vers le nord-ouest, il semble que notre navire, muni de toutes les ressources de l'époque, ne devrait pas trouver des difficultés trop grandes à doubler le cap Tscheljuskin. Au delà Nous rencontrerons probablement des eaux plus ou moins ouverles jusqu'au détroit de Behring, que j'espère atteindre avant le fin de septembre.
Si le temps et les glaces le permettaient, il serait désirable que l’expédition pût pousser, pendant ce trajet, quelques pointes vers le nord, afin de s’assu-
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rer s’il n'existe pas de terre entre le capT. heljuskin et la Nouvelle-Sibérie, de même qu'entre cet archipel et la terre de Wrangel. Du détroit de Behring, l'expédition se dirigera en premier lieu, avec les arrêts que comporteront les circonstances, sur un port asiatique d'où elle sera à même d'envoyer des nouvelles au Pays, puis contournant l'Asie, elle se rendra à Suez, Dans le cas où il lui serait impossible de pénétrer à l'est du Cap Tscheljuskin, des éventualités qu’on ne saurait prévoir décideront son retour immédiat en Europe, Eu pareil cas le navire, son armement et son équipage pourraient servir immédiatement à une autre destination. Le navire pourrait aussi hiverner dans un port convenable des golfes du Tajmur, de la Pjäséne ou du lénisséïi. Dans le cas Où, le cap Tscheljuskin doublé, la glace empêcherait la continuation du voyage vers l’est, on chercherait un port sur la côte sep-
tentrionale de la Sibérie, d’où l'été suivant, l’on aurait l’occasion de faire des explorations importantes dans la mer Glaciale.
Dans le courant de l'été, il se présentera probabiement alors une Occasion favorable d'atteindre
le détroit de Behring, quand les vents du sud auraient éloigné la glace de la côte.