NOTICE SUR BENJAMIN CONSTANT XXXIZ
avaient été fort utiles, offrit,avec une grâce pleine de délicatesse, et au nom de la liberté, à Benjamin Constant, la somme nécessaire pour rembourser M. LafQtte. On connaît la réponse qu'il fit en acceptant : a Sire, j'accepte; mais la liberté passe avant la reconnaissance : je veux rester indépendant, et, si votre gouvernement fait des fautes, je serai le premier à rallier l'opposition. — C'est bien ainsi que je l'entends, répliqua le roi. > En effet, Benjamin Constant ne tarda pas à prouver son indépendance en combattant sur divers points le premier ministère de Juillet. Les ennuis de la vieillesse aidant, les dernières paroles de Benjamin Constant à la tribune furent empreintes d'amertune et de découragement. Un récent échec éprouvé dans sa candidature à l'Académie française, échec auquel il avait été fort sensible et dont le public s'étonna et s'irrita comme lui, entra pour beaucoup aussi dans la tristesse de ses derniers jours. Il se mit au lit vers la fin de novembre 1830, et mourut le 8 décembre de la même année, après avoir écrit la veille le bon à tirer du dernier volume de son grand ouvrage : De la religion considérée dam sa sourcCf ses formes et ses développements.
J'aurais voulu parler avec détail de cet ouvrage qui n'a peut^tre pas toute la réputation qu'il mérite; mais il me faut absolument abréger. J'en veux citer au moins ces belles paroles : « Laissons la religion à elle-même ; toujours progressive et toujours proportionnée, elle marchera avec les idées, elle s'éclairera avec l'intelligence, elle s'épurera avec la morale, elle sanctionnera, à chaque époque, ce qu'il y a de meilleur.