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années, des relations plus fréquentes qu'intimes ramenèrent souvent le soir chez la jeune et belle amie de madame de Staël, pendant les séjours qii*il faisait à Paris. Mais, en 1800, madame Récamier apnt passé deux mois de suite àCoppet, Benjamin Constant l'apprécia mieux en vivant à côté d'elle dans Tenivrante existence que créaient à ses amis et à ses hôtes l'esprit éblouissant et la bonté de madame de Staël. Néanmoins, madame Récamier, confidente et souvent témoin des scènes orageuses qui parfois troublaient les échos de ces beaux lieux, n'était pour Benjamin Constant que l'objet d'une admiration fort à distance. La première lettre qu'il lui adresse est datée de
Ce n'est qu'en 1814 que commence entre eux une correspondance suivie. A ce moment, le premier Empire est tombé. Napoléon est à l'Ile d'Elbe. Les souverains qui ont formé la Sainte-Alliance, réunis en Congrès à Vienne, y discutent et doivent y régler le sort du monde.
Benjamin Const<int, marié en 1808 à mademoi-
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Belle Charlotte de Hardenberg, est récemment revenu en France après plusieurs années passées en Allemagne, où il a laissé sa femme.
Madame Rccamier rentre à Paris après trois an» d*un exil dont elle n'a jamais demandé la révocation.
Madame de Staël Ta précédée de quelques semaines. Elle revient usée par dix années d'une lutte héroïque contre le despotisme impérial, mais en possession d'un talent mûri et d'une célébrité européenne.
Le maintien des souverainetés fondées par Napoléon allait se discuter au Congrès de Vienne* Murât craignait d'être dépossédé de son beau royaume de Naples. La reine Caroline, sa femme, écrivit à madame Récamier pour la prier de ui indiquer un publiciste renommé auquel pût être confiée la rédaction d'un mémoire dans lequel les droits de Murât seraient défendus. La pensée de madame Récamier ne pouvait guère se porter que sur Benjamin Constant. Tout le désignait en effet : son talent et sa réputation littéraire» son brillant
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esprit, le rang cminent qu'il occupait pai^mi les écrivains politiques, enfin ses anciennes relations avec madame de Staël, el, par elle, avec la plupart des diplomates français ou étrangers.
Madame Récamier exilée, arrivant à Naples en 1813, avait reçu du roi Joachim et de la reine sa femme l'accueil le plus aimable et le plus cordial. Elle en conservait une vive reconnaissance et fut heureuse de trouver une occasion de la leur témoigner.
Elle s'empressa d'inviter Benjamin Constant à passer chez elle : c'était à la fin d'août. Il vint, il eut avec elle une très longue conversation. Ils s'entretinrent d'abord des destinées d'un rovaurae, puis d'anciens et chers souvenirs : mais lui, tandis qu'elle lui parlait, oubliant les graves intérêts politiques en question, ne voyait plus que celle dont la dcuoe voix le pénétrait tout entier.
Le sentiment qu'il conçut à partir de ce jour pour madame Récamier prit sur lui un empire étrange, absolu : dix-huit mois de rigueurs mêlées à un sincère intérêt eurent grnnd'peine à l'en
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guérir, et, comme il l'écrivait plus tard, à le rédxiire à Vamitié. Les lettres qu'on lira dans ce volume sont l'expression de cette passion, la der* nière et non pas la moins vive de celles qui ont ravagé la vie de Benjamin Couslant.