‹ Lettres de Champollion le jeune (volume 2)Chapitre 21 sur 78 · Cette feuille manque · texte numérisé non relu

Cette feuille manque

à la place de Méchir ^^^^^^J que demande mon tableau. Je te dirai du reste que cette correction est justifiée par le texte démotique; car je tiens aussi V analyse ù fond des noms de mois dêniotiqucs et liiéi-atiques, tracés d'après un système tout pareil, ainsi (lue je m'y attendais. J'ai tout compris à la fois et suis très content de cette récolte. Je t'enverrai prochainement le tableaa des mois en chiffres hiératiques et démotiques. Le tout est uniquement pour ton usage particulier.

Je vais rédiger un travail complet là-dessus. Ne montre le tout qu'à des personnes sûres. La chose est si simple, maintenant, qu'un seul coup d'œil suffit pour la saisir et timeo Danaos'. — Ta réponse au «grand tragédien» est bien molle, je commence désormais les hostilités en tout et partout. Je suis las de souffrir cette crétinique opposition. Au nom de Dieu, ma Première Lettre au Duc ! ! J'écrirai à Dubois dans le sens convenu.

Mes discussions avec les mois Egyptiens ont retardé le Pant/iéon, que je compte expédier aujourd'hui : ce sera

pour samedi. Le cartouche %^ tv J de la stèle

Thédenat-Cousinéri est celui de Mandou-Ftèp AiiiToirqTn (l'approuvé de Mandou), le .Mevo/,; de Diodore et le ^;jt£vo/;c des listes de Manétlion, le premier Roi de la XXP Dynastie Tanite. — La Reine ne voit personne, et M. de Coste' est

encore en Savoie Je linis à la hâte pour courir au Musée

où m'attendent le Duc de Noailles et sa femme

1. Dès sa treizième année, Cliainpollion savait par cnair ï Jùiridc de Virgile, et il la citait volontiers en parlant ou en écrivant i se3 amis.

2. Le comte de Costa avait pi-omis au comte de Balbo d'introduire Champollion à la Cour, mais des affaires de famille, dit-on, le retinrent en Savoie pendant tout le séjour de CliainpDllion à Turin.

HiiiL. Wivrr., 1. xx\.

AU MÊME

Turin, 27 novembre 1824.

On m'a apporté hier au soir, mon cher ami, ta lettre du 20 et en même temps la fameuse Lettre si longtemps attendue Les planches sont si jolies, sentent si bien leur

fruit et le fumet Égj^ptien, que je ne me lasse point de les regarder. J'en suis enchanté, quoiqu'il y ait quelques petites brioches qui proviennent probablement du modèle même que j'ai envoyé :

1° Le cartouche-prénom d'Aménophis II porte ^ (Saté) sans sa plume sur sa tête %|j.

2° Le cartouche de Tmaulimot, au lieu du signe |, devrait avoir c.

3° Ramsès II, n° 17. Les figures à'Animon et de Satê devraient avoir l'un le j, l'autre la ■¥•; il en est de même des deux Dieux Amnion et Phré du cartouche 19 B, entre lesquels et sous le signe JL devrait être'f. — Mais c'est

un inconvénient inséparable des circonstances et de l'impossibilité de suivre, comme il le faudrait, l'exécution pas à

pas Je dois revenir sur la plupart de ces prénoms dans

ma Seconde Lettre, car je connais maintenant la valeur de la plupart d'entr'eux. J'attends M. le Duc avec impatience pour lui montrer ce que je ne fais que crayonner dans ma Lettre. La statue de Ramsès le Grand est enfin assemblée; il n'y manque pas un pouce de l'antique. C'est un admirable morceau, et je n'en ai pas assez dit dans ma Lettre sur la beauté exquise de son exécution. Je suis fâché sous un certain point de vue que M. de Blacas ne reste en Italie que jusques au mois d'avril : il est impossible que j'aie fini mes explo-

rations ici avant cette époque. Je vois chaque jour de nouvelles choses à faire et dont les résultats peuvent devenir très majeurs. Il faudra probablement que je parte d'ici en février pour Rome et Naples, y rester jusques à la fin d'avril et me rabattre ici pour terminer, car je ne veux rien laisser derrière moi. Dis-moi ce que tu penses de ce nouveau plan. Je suis obligé de mettre tant de temps à mes recherches ici pour la raison qu'aune !)onne partie est employée soit à préparer, soit à rédiger et le Panthéon et les Lettres an Duc.

Âlais enfin il le faut. — Je viens à la grande affaire

académique. Je suis bien impatient de voir jouer les grandes marionnettes et de savoir enfin de (juelle couleur seront les oiseaux qui venaient assez volontiers voltigera notre fenêtre et nous manger dans la main. «L'astrologue'» m'intrigue surtout. J'espère cependant que Yidtima ratio des Rois comme des plus petits bourgeois, Yintérêt, les rangera de ton côté. Le manège de l'outrecuidant' sera probablement très curieux, et il me tarde aussi de voir ce qu'il fera pour être agréable à son ami, Champollion le jeune. Car c'est le titre qu'il me donne clans sa correspondance avec Peyron. Mais je pense au fond que toute l'alTaire dépend de la manière dont parlera M. Dacier. C'est là tout le nœud. Il a le droit à! exiger avec tous ces myrmidons qu'il a créés et mis au monde. S'il parle vertement à tous ces gens-là, l'affaire tournera bien pour toi : s'il les abandonne à leur libre arbitre, il ne faut compter sur rien, et s'attendre à voir le Saxon' ou peut-être même l'admiraljle Capcfigue', génie du premier ordre, et

1. L'helléniste Letronne, qui, en 18U8, avait dit à l'étudiant Champollion que les anciens Égyptiens n'avaient connu que \'astro(o;jie et non Vasironoinu'. Champollion, s'identiliant toujours avec ce peuple, pardonna diiïicilement cette « olîense », et ne l'oublia jamais.

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