‹ Lettres de Champollion le jeune (volume 2)Chapitre 23 sur 78 · L'helléniste Hase, né à Suiza (Saxe), en · texte numérisé non relu

L'helléniste Hase, né à Suiza (Saxe), en

avoir le cœur net avec celui-là. Je persiste dans les conclusions que je prends dans ce billet (du 27 novembre) que tu dois avoir reçu ; c'est pour cela que je ne puis, ne dois, ni ne veux t'envoyer la lettre de demande pour l'Académie. L'écrire, même dans le doute qu'il soit nécessaire de la remettre à son adresse, est une chose trop contraire à mon cœur et à mes résolutions. Je ne demanderai donc pas et je te répéterai de ne me compter pour rien dans tout cela. Déclare-leur donc que je ne veux de leur fauteuil que lorsque je pourrai aller m'asseoir au tapis vert à côté de toi. Sinon? A^o/i.

Je suis, d'ailleurs, convaincu qu'ils ne veulent ni de toi ni de moi, et qu'ils aimeraient mieux bourrer l'Académie de quelques douzaines d'apoco et de corj ne-têt a, comme dit notre Vénérable, que d'ouvrir la porte à des personnes qui osent avoir une opinion à eux. Si cela leur convient, bene sit ! Quant à nous, faisons notre devoir. Le mien est tracé bien clairement dans toute cette atïaire. Et je ne me prêterai à aucune démarche qui ne soit conforme au vœu de mon cœur qui heureusement est d'accord en tout avec le bon sens et la droite raison. Le tien est de faire valoir tes droits en agissant vertement et à découvert. Marche donc en avant, et, si tu succombes, nous aurons du moins le plaisir de connaître nos ennemis. Ce sera à nous ensuite d'agir envers chacun selon leurs mérites. Il n'y a plus de ménagements à garder avec personne, et nous enverrons à tous les diables les intriguants et les intrigues. Tout le nœud de l'aiîaire est la succession de notre patron, que ces avides canailles dévorent et se disputent déjà d'avance. Voilà le fruit le plus clair (pie notre Nestor ail tiré de toutes les peines qu'il s'est données pour eux. .le voudrais bien (|u'il Ii' sentît et agit en consé- (|uence.

Quant à la direction (|u<' tu nie demandes dans toute cette affaire, ainsi (jue mon avis, je crois que l'un et l'autre sont assez claircmont indi(|U(''s par tout ce (|ui précède; et tu

n'avais pus besoin de m'interroger pour savoir ce (jue je pensais et ce que je voulais. Tends donc au but ouvertement et ne fais aucune espèce de concession, — point de parti mitoyen : In medio stat virus, non virtus ! — Je termine à la hâte

AU MEME

Turin, 3 décembre 1824.

Rien de nouveau ici. Je copie à force des manuscrits

royaux, tout en travaillant à la Seconde Lettre, qui en contiendra des extraits. Envoie-moi un calque de la stèle ou des stèles Saulnier et autres, contenant des dates ou cartouches des Rois de la XVIP légitime, — j'en ai absolument besoin pour ma Seconde Lettre.

Le Duc de Noailles, qui a pris goût aux antiquités Egyptiennes, est parti pour Rome, où je le retrouverai selon toute apparence. Il m'annonçait la prochaine arrivée de M. de Blacas, mais je vois par les journaux que notre Duc s amuse à tenir les cloches de Saint-Sulpice sur les fonts du baptême. Quand part-il et quand arrivera-t-il ici ? Voilà ce que je voudrais savoir d'avance, ayant quelques dispositions à faire au Musée pour le bien recevoir. Adieu

Page 1