‹ Lettres de Champollion le jeune (volume 2)Chapitre 67 sur 78 · Copie lion signée de la lettre envoyée au duc de Blacas · texte numérisé non relu

Copie lion signée de la lettre envoyée au duc de Blacas

qu'exige le point avancé de la saison. Ce sera un voyage de trois jours au lieu de six, puisque je ne pourrais passer à Florence sans m'y arrêter un jour au moins pour présenter mes hommages au Grand-Duc, qui a été si excellent pour moi, et à notre ambassadeur, le Marquis de la Maisonfort, qui est tout plein de bon vouloir à mon sujet. Tu sens au reste que l'exécution de ce projet dépend absolument de la circonstance qui me présentera un bâtiment auquel je puisse me fier. La mer est excellente en été, et cette économie de temps me conviendrait sous plus d'un rapport. Je t'écrirai dans quelques jours ma décision définitive. — As-tu vu MM. de Forbin et deClarac? Il me tarde beaucoup d'apprendre comment cette conférence s'est passée, et ce que nous devons nous en promettre pour l'avenir, si l'on songe à assigner les salles qui sont nécessaires pour déployer mon régiment et le présenter définitivement à la critique de nos bons amis. Je serais désolé qu'il arrivât à Paris ce qui arrive à Turin où, depuis trois ans, la collection Drovetti, véritable magasin sans ordre et sans goût, attend que l'on veuille bien la placer convenablement.

Puisqu'on a créé un Musée Egyptien et nommé un conservateur, il serait bon que ce dernier eût l'espace et les moyens nécessaires pour accomplir ce qui a été si solennellement décidé. Il serait bien de tâter le terrain sur cet article. — Il est évident que je ne puis commencer mon cours que les monuments à la main. Il faudrait que tout fût fini au mois de septembre 1827, pour exécuter un plan, dont je vais jetter les premières bases dans la plus prochaine entrevue que j'aurai à Rome ou à Naples avec le Duc de Blacas. Tu sens bien (pi'il s'agit (VF.çnjpte, ce n'est ((ue là cjue je puis en finir. Tu seras convaincu comme moi de la nécessité de ce voyage, lorsque je t'aurai fait connaître, à mon retour d'Italie, tous les avantages d'une telle entreprise, et pour la science, et pour ma propre réputation. Suspends ton jugement jusques-hi. Nous en causerons à l'aise dans deux mois

au plus tard, et je ne doute point (jue tu ne sois enfin de mon avis. Ce sera la dernière de mes caravanes.

Ma rentrée à Paris étant prochaine et voulant y rentrer en famille, as-tu jette les yeux sur (juelque appartement qui puisse nous contenir, toi, moi, les tiens et les miens? Il me semble qu'il serait temps d'y songer. Tu as sans doute un plan arrêté pour le transport de toute la colonie à Paris. Mon avis est d'en finir là-dessus, et le plutôt c'est le mieux. Nous nous tirerons toujours d'affaire quoi qu'il arrive.

L'illustre Seyff'arth s'est arrêté quelques jours à Turin, et on m'écrit que sa présence a suffi, avant même qu'on n'eût lu son livre', pour montrer à nu le tuf de son affaire. Il ne sait pas trois mots de copte; il explique tout par les langues sémitiques et traduit toutes les inscriptions du Musée, à Vexcepiion de celle de la momie gréco-égyptienne. Le grec contrarie singulièrement son système, qui ne trouve aucune application dans le texte hiéroglyphique. Voilà la mesure de son affaire. Il ne paraît nullement pressé de me rencontrer, quoi qu'on ait pu lui dire de ma courtoisie et de mon désir d'embrasser sa méthode dans le cas où il me démontrât qu'elle est la meilleure. Je le joindrai à Rome selon toute apparence, et, s'il est de bonne toi, ce que je crois, je le convertirai.

Adieu, mon cher ami, soigne ta santé Le Duc et son

fils ont-ils reçu mes lettres de remerciment? J'ai écrit avanthier à Son Excellence, pour lui annoncer l'arrivée de la Darance et sa mise en quarantaine. Fais-moi le plaisir de lui faire savoir de suite que cette quarantaine est levée. Mes respects à M. Dacier et à tous les siens, mes amitiés à ceux qui sont nôtres.

J.-F. Ch.

1. Ce sont les liudi/nenta hici'o(/li/phiccN. Il en sera question dans une âen lettres qui suivent.

AU MEME

Livourne, 10 juillet 1826.

La collection est toute entière à bord de la Durance

depuis avant-hier au soir. Elle en a plein son ventre, et, quoique le chargement soit très fort, le commandant Maulac, bon garçon, vrai marin dans toute la force du terme, répond qu'il transportera le tout au Havre sans encombre. Dieu le veuille ! En attendant, j'ai fait mes paquets et je pars demain, à quatre heures du soir, à Pise, où je m'arrêterai deux heures pour dîner chez le père de mon fidèle compagnon et élève, le professeur Rosellini, jeune homme plein d'esprit, et que nous aurons à Paris au mois de novembre prochain, parce que le Grand-Duc, qui me l'a confié, est bien aise qu'il vienne finir son éducation orientale à Paris. Il partira demain au soir avec moi pour Rome et ne me quittera qu'à Milan.

Voilà donc de quoi te tranquilliser un peu sur Varia cattiva, parce que Rosellini est pratique du pays et connaît la manière de se conduire dans ce climat que rexcellence du gouvernement pontifical est parvenue à rendre si salubre.

Je serai après-demain matin à Florence, d'où je repartirai le soir même. J'irai faire un tour à la Galerie, de là au palais Pitti, m'inscrire chez le Grand-Duc et dîner chez hi Marquise de Medici, le dernier rejeton de la noble race à laquelle Florence a dû tant de splendeur, — et qui veut absolument faire ma connaissance à table. --- Je ne verrai point cette fois-ci notre ministre, le Marquis de la Maisonfort, dans tous les cas, je le verrai à mon retour de

Rome, pendant le séjour que je ferai à Florence et que j(^ ne puis me dispenser d'y faire, ayant donné ma parole au Grand-Duc pour voir ce (ju'on peut faire d'égyptien dans sa Galerie.

Il a fallu renoncer à la voie de mer, les petits bâtiments ne présentant aucune sûreté. Je prends donc la route de Florence, Arezzo, Cortone, Perugia et Foligno. Je verrai s'il est possible de visiter sans risque les vieilles murailles étrusques de Todi. Pondant ce voyage, je verrai Orioli, mathématicien et savant très distingué, qui vient de publier un petit in-quarto sur des monuments d'architecture étrusque fort curieux. —

Je trouverai à Rome le Seylîarth, qui a passé à Florence, où il a prétendu être très envieux de me voir et me porter une affection toute particulière; mais, apprenant que j'étais à Livourne, il s'est hâté de gagner Rome. Je l'immolerai aux pieds du Capitole.

J'ai fini de revoir la Lettre à M. Dacier et le reste du Précis. Quant à la première, qui doit former le chapitre deuxième de la nouvelle édition, il est de toute convenance et justice qu'on lui laisse le titre de Lettre à M. Dacier, quoiqu'elle entre dans le corps de l'ouvrage; — c'est une satisfaction que nous devons donner à notre excellent patron. — Je garde avec moi V Inventaire général de la

collection, que j'ai mis au net. Je crois inutile de l'envoyer

avant moi Le vaisseau partira dans quatre ou cinq jours;

il sera au Havre du 20 au 25 août. Tu feras donc ce voyage et tu emmèneras Ali' avec toi, pour lui faire voir l'Océan : ce sera une distraction. As-tu le projet, comme on me le mande, d'être en septembre en Dauphiné? Dis donc à M. Saint- Prix", en embrassant pour moi toute la famille, que je lui porterai certainement sa dispense, si on fait encore le commerce à la daterie apostolique.

1. Le fils aîné de ChampoUion-Figeac, filleul de ChampoUion le Jeune. — Le clergé grenoblois ne voulant pas admettre, en 1808, ce nom de baptême, le jeune parrain apaisa ses scrupules en disant qu'un « grand saint en Orient» avait porté ce nom.

2. Berriat-Saint-Prix, jurisconsulte dauphinois de grande réputation, beau-frère de Champollion-Figeac. Depuis plusieurs années déjà, il était à Paris.

Il serait bien cependant de voir MM. de Forbin et de Ciarac, ne fût-ce que pour savoir sur (luelle note ils chantent. Envoie-leur ma Seconde Lettre. — Adieu donc,

je t'embrasse de cœur et d'âme. Ma première sera datée des bords du Tibre. Mille choses au Prieur (|ue je servirai, s'il veut, en Cour papale pour les petites alhiires de son

couvent. Tout à toi,

J.-F. Ch.

AU MÊME

Rome, 19 juillet 1826.

Me voici arrivé pour la seconde fois à Babylone, sans encombre et dans le meilleur état de santé possible, quoiqu'il ait fallu traverser la campagne empestée qui ceint de toute part la vieille reine du monde. Mais j'ai pris le seul parti convenable pour éviter d'être saisi par les miasmes du patrimoine de Saint-Pierre. En sortant de l'Ombrie, et aussitôt après avoir passé le Tibre, nous avons pris la poste et franchi, en cinq heures, l'auréole mépliiti(iue et mortelle qui environne maintenant la Cité sainte.

Tout va donc au mieux. J'ai fait hier au soir une visite, au clair de la lune, au Capitole, au Colisée, au Forum et au Panthéon, vieilles connaissances qu'il me tardait de revoir et (|ue j'ai retrouvées dignes, soit de l'idée (|ue j'en avais emportée, soit de l'empressement (jui me ramène auprès d'elles. Une bonne nuit et la présence de toutes ces grandes choses m'ont entièrement remis de toutes mes fatigues.

C'est en voiturin (pie nous avions fait le voyage depuis Livourne jus(|ues au point du Tibre où commence le pays des Sabins. — Arrivé à Florence dans la matini-e du 12, j'en suis r('|>;iili Ir soir niènic, n';iyant vu (pic fort peu de personnes, parmi IcsqU'-lles sont comprises, comme tu le

penses bien, la famille des Niobé et la Vénus de Mé-

dicis. —

Je n'ai encore vu personne ici : je vais sortir pour faire mes visites. Dans quelques jours je te raconterai ma première entrevue avec Seyffarth, qui est ici, et qui ne m'échappera pas, cette fois. Adieu, mon cher ami, je t'embrasse de cœur, ainsi que tous les nôtres,

J.-F. Ch.

AU xMEME

Rome, 29 juillet 18-^U.

Je vais te donner sur mon voyage et sur Rome, que

j'ai revue à fond et trouvée comme je pouvais le désirer, des détails qui peuvent t 'intéresser.

Parti de Florence le 12 au soir, j'étais le 14 au pied de la montagne de Cortona, que je franchis en peu d'instants grâce à trois forts chevaux de poste. Accueilli très gracieusement par le gonfalonier, je visitai les fortifications étrusques, qui sont peu de chose, et le Musée de l'Académie, qui vaut encore moins que les murailles de la Ville. — Le 15, de bon matin, j'arrivai à Penujia et allai de suite au Musée de l'Université, où le hasard me fit rencontrer le brave Vermiglioli, qui me montra la grande inscription étrusque, qu'il essaye de comprendre, et des bronzes charmants de vieux style, qu'il a expliqués dans un volume in-4'' dont il m'a gratifié.

La belle nature eut son tour le lendemain, à Terni, où j'ai vu, pour la première fois, la fameuse cascade du Velino ou délia Marmora, qui est fort au-dessus de sa réputation. C'est sans contredit le plus magnifique point de vue que l'œil humain puisse contempler. — Le 18, au soir, j'étais à Rome,

OÙ j'ai repris mon ancien logement, via de' Condotti, chez le Suisse Frantz.

Le lendemain, je fis mes visites aux personne^!, m'étant donné le plaisir, la veille, de revoir les choses par un clair de lune admirable'. M, Artaud, chargé d'affaires de France en l'absence de M. le Duc de Laval, m'a accueilli comme ce dernier eût pu le faire. M. d'Italinsky, ((uoique soufflé journellement par la vipère Lanci, m'a témoigné les mêmes bontés, et j'ai retrouvé en Monsignor Mai la môme ardeur et pour l'Egypte et pour l'Egyptien. Les apôtres de mon système à Rome, le Comte Kossakowsky, premier secrétaire de la légation russe, M. de Bunsen, chargé d'afîaires de Prusse, M. de Kestner, chargé d'afîaires du Hanovre et d'Angleterre, et M. le Marquis de Croza, cliargé d'affaires de Sardaigne, ont conservé toute leur ferveur et leur attachement pour ma doctrine hiéroglyphique, malgré les Lanciani et l'apparition de Seyfîarth aux pieds du Capitole. — Le plus zélé et le plus actif de mes partisans ici est le Comte de Funchal, pair et ambassadeur de Portugal à Rome. Il est parvenu à faire marcher un projet que j'avais mis en avant à mon dernier voyage, celui do décider le gouvernement

1. Champollion aimail beaucoup les promenades an clair de lune; en 182">, il en avait lait plusieurs avec le comte Kossako\vsk}\ personnage aussi gai que spiiituel, et fort dôvoué îi « l'Kgyptien ». Il paraît que, le HO juillet 1826, les deux amis (irent de nouveau une longue promenade au clair de lune. « La fontaine Ëgérie » eut son tour, et une petite poésie, doux fois répétée dans les papiers de Cliainpnllion. doit probablement trouver sa place ici :

(^liaiiKoii i-om/io.-^vi' (lecanl la funtaiiio. hf/vrii'.

Dans l'âge d'or de l'Italie, Un Roi, comme il n'en fut jamais.

Pour le seul bien de sa Patrie, Fai.sait la guerre ou bioii la paix.

Une naïade fort jolie

Le conseillait, dit-on, tout bas

Pourquoi tous les llois n'ont-ils pus, Comme lui. leur n\ iiiphi" Kjcri<' "

BiBL. liiiviT., r. xx\. 84

poiitilical à faire dessiner et graver exactement les inscriptions hiéroglyphiques des obélisques de Rome. On a trouvé un dessinateur passable, et ma principale occupation, depuis mon arrivée ici, a été de vériher et corriger sur les originaux les dessins déjà exécutés des obélisciues de la place du Peuple et de Saint-Jean de Latran. Ce sont les deux plus importants; le dessin des autres suivra, et je les corrigerai à mon retour de Naples, si j'en reviens par terre, — ou l'on m'en enverra les épreuves à Paris.

On entend que je fasse un texte sur la partie égyptienne de ces beaux monuments, et j'insiste pour que l'illustrissime Abbate Fea, président des anti(iuités, traite lui-même de l'Histoire votnaine des obélisques. On présentera ces jours-ci le travail à l'approbation de Monsignor Trésorier et, aussitôt que la chose sera faite et signée, je te le manderai avec un article pour le Bulletin et les journaux. Je serais bien aise qu'ils n'en parlassent point avant.

Lorsque j'allai faire ma visite à Monsignor Mai, à la Vaticane, ce fut Seylîarth lui-même qui m'ouvrit la porte. J'ai dîné avec lui depuis chez M. d'Italinsky et à l'ambassade de France. J'ai parcouru son livre et acquis la conviction qu'il ne connaît ni les monuments, ni les formes hiéroglyphiques, ni le copte, et que son système est en opposition directe avec les auteurs, les faits, et surtout le bon sens. C'est une liallucination qui n'a point de limites et (jui ne repose sur rien ' . Nous avons eu une conférence chez M. d'Ita-

1. Dans Champollion, etc., t. II, p. 558 et suiv., il a été dit, comme de juste, que Seytlarth, malgré l'extrême contusion de ses idées, a reconnu, ou plutôt deviné, la vérité sous deux rapports très importants. Ajoutons que, malgré cela, il ne pouvait ni bien expliquer son alpJiabt'i si/llabù/ue {voiv ses RudiinciUa hieroijUjpkices, 1826), ni bien en profiter, et que l'égyptologie n'a pas eu besoin des trouvailles accidentelles de Seyiïarth pour faire son chemin. — Thomas Youug également avait parlé, et même plus d'une fois, de signes syllabiques, mais d'une manière si étrange que, par cela même, en 18U), le jeune professeur Champollion s'arrêta tout court dans ses idées, eu principe analogues,

linsky. Je lui ai montre sans monagomcnts tout le vice de son affaire et poussé des arguments auxc|uels il n'a su que répondre. Le parquet^ a jugé son silence'. Je le vois tous les jours maintenant, mais il n'est plus question d'hiéroglyphes. — Inutile de raisonner avec quelqu'un (|ui ne raisonne pas. Le seul partisan (|u'il ait ici est Lanci qui le pousse, le dirige, et lui fait l'aire et dire des sottises. Il est arrivé à Rome, comme à Turin et à Florence, que la présence de Seyft'arth a entièrement ruiné la renommée que voulaient lui faire l'esprit de parti et la sottise. C'est un homme coulé en Italie. L'Allemagne le juge déjà, et, s'il vient en France, son procès sera bientôt fait, malgré les Barbebleues et autres opposants de l'espèce.

J'ai trouvé ici l'architecte Bibent, bon garçon, avec lequel je ferai le voyage de Naples, de Pompéia et de Picstum,

et qu'il rebroussa chemin. Et c'était pourtant lui qui, le 7 août 181U, âgé de dix-neuï ans, avait déclaré dans un discours à l'Académie Delphlnale :

'.( Puisque tous les mots égyptiens sont formés de monosyllabes

» significatils, ces mêmes monosyllabes devraient se réduire à un n nombre fixe. Alors rien n'était plus facile que de composer un » alpludiet si/Uahii/uc, et, selon toutes les probabilités, te/le èlaii la )) nature des hiêro;jli/p/ies. » C'est vers la fin de sa vie qu'il reprit cette opinion plus énergiquement que l'on veut croire jusqu'à présent; // // a eu des épreuves écrites, et on en retrouvera peut-être.

1. ChampoUion-Figeac, au reQU do la lettre, avait corrigé a parquet» en « parterre » : nous avons conservé la rédaction originale.

2. 11 se taisait en présence de CiiampoUion , et il alïectait de venir toujours, sous son bras gauclie, soit un gros volume, soit les épreuves d'une publication nouvelle, afin de ne point perdre son temps précieux. Il n'en était que plus loquace quand il se trouvait seul avec N'ibby et Lanci. Le moment venu, ses deux amis l'aidèrent à répoiuiie à la brocliure de Cliampollion, mentionnée ci-apiès, par les deux pamphlets intitulés Répli'/ue aux uhjeclions de Al. C/ianipotlion ronlre le si/slèine de MM. Spohn et .Sei/l/urth et Brccls de/'ensio hieroi/li/p/iiees inrenfie, etc. Le comte Kossakowsky, après les avoir parcourus, éci'ivit à, Cliampollion : « Votre combat n'a pas l'air d'un tournoi, mais bien » il'tiii jeu dr bague. »

que je veux revoir. Je compte aller à Naples à la fin de la semaine prochaine. J'y trouverai M. le Duc de Blacas un peu malade, et, après avoir fait quelques courses aux environs, je tâcherai de me jeter sur un vaisseau qui me porte àLivourne, afin de passer une quinzaine de jours à Florence, pour mettre en ordre la salle égyptienne du Grand-Duc. J'ai promis de m'en occuper, et je tiendrai parole, ne fût-ce que pour témoigner ma gratitude à Son Altesse Impériale pour toutes les bontés qu'elle a eues pour moi.

On est venu me parler pour l'acquisition du colosse. Je crois qu'on pourra l'avoir pour huit à di.x mille francs; je ne conseillerai jamais d'en donner davantage. J'attends donc que Son Excellence me provoque et m'autorise à traiter. J'ai refusé de prendre l'initiative. Qu'on m'écrive donc officiellement si l'on est tenté de faire cette emplette.

Je t'enverrai la note des caisses dont se compose la

collection; c'est le reçu original du commandant de la gabare, lequel te servira de règle pour ce que tu auras à recevoir de lui au Havre, où il arrivera au plus tard après le 20 août. Tu t'empareras de la cassette marquée A. L. n" 112. C'est une douzaine de flacons d'Alkermès très modernes, puisqu'ils sont de fabrique toscane, et, comme M. Dacier aime les bonnes liqueurs, tu lui en offriras de ma part une demi-douzaine. Tu disposeras du reste comme tu l'entendras.

En envoyant la cassette de médailles, il faut absolument que le Ministre joigne à cette cassette une lettre d'envoi à Pietro Santoni, exprimant la satisfaction de Sa Majesté ou de Son Excellence et motivant le cadeau. M. Santoni tient beaucoup plus à la lettre qu'aux médailles. Il faut absolument que tu fasses arranger ainsi l'affaire.

Je croyais que les frais des planches étaient l'affaire de Didot et que ce serait à lui de payer Dubois. Je crois que 400 francs suffiront. Arrange donc ce payement ou sur le Panthéon ou autrement. — Rien n'empêche que la

Lettre à M. Dacier, conservant son titre, ne forme le deuxième chapitre de la nouvelle édition du Précis, mais

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