XV
23 juillet 1823. ;
Je te félicite, mon ami, de l'acquisition que tu viens de faire des Lettres sur la Franche-Comté, par le P. Joly. C'est un petit ouvrage curieux et qui n'est rien moins que méconnu, même dans notre province. D'après ta description, ton exemplaire est bien complet. La carte datée de 1789 (p. 13) est d'un nouveau tirage; la gravure représentant les jolies cascades des environs de Saint-Claude, ajustée après coup, manque à l'exemplaire de la bibliothèque de Besançon et à presque tous ceux que j'ai vus. Tu pourras enrichir ton volume de quelques autres gravures et d'un joli dessin du Bout du monde que notre ami Lapret le jeune t'offre avec le plus grand empressement.
Cette vue te rappellera quelques-unes de nos promenades et le joli goûter que nous fîmes au pied de ce rocher, sur le bord du ruisseau, avec ta sœur, Deis, Lavrot, Pertusier et le bon B .., ton maître de dessin. Quelle joie naïve et pure ! Mais comme elle aurait été troublée, si Ton nous eût dit alors que nons serions tous séparés les uns des antres, et que toi, l'ami de mon cœur, tu passerais ta vie à cent lieues de notre pays et de moi. Nous nous serions tous écriés qne cela n'était pas possible, et cependant!.... Nodier, mon ami, mon frère, il est temps de nous réunir ici on là pouf ne plus nous séparer.
Mes hommages à (a femme et mes amitiés à ta fille.
(1) Suit la lettre LXXVI de Nodier. (Rec. EstIgnarrI, p. 158.) I^ date qu'on lit en tèle de celle dernière lellre est celle, non du jour où elle a été écrite, mais du jour de la réponse /aile par Wciijs, II faul en oulrc liic 18>:), aa lieu do 1822.
XVI (t)
s janvier 1825.
Mon chbr ami,
Nous venons d'enterrer le pauvre père Morey. Tu ne l*as presque pas connu ; mais je suis sûr que tu le regretteras quand tu sauras qu'il m'aimait beaucoup et qu'il n'a pas cessé de me donner, depuis plus de vingt ans, des preuves d'un véritable attachement.
Je m'occuperai dès demain des quatre articles que tu me demandes, et j'espère que Cabuchel, qui partira d'ici dans une dizaine de jours, pourra les remporter. J'ai reçu hier de notre ami Peignot le catalogue de Rcwiczky, qu'il consent, non sans peine, à me prêter pour un mois; mais lâche de m'en procurer quelques autres par emprunt ou autrement. En bons catalogues modernes, je n'ai que celui de Mac-Carthy. Je ne me soucie pas d'avoir recours à l'obligeance de Guillaume, que je connais trop bien pour vouloir accepter de lui aucun service. Je suis convaincu que je trouverais des choses admirables dans leb Vitœ philologorum de Harles et dans les Correcteurs de Zeltner. Tu me dis de t'indiquer les livres dont je pourrais avoir besoin, et lu ne m'en envoies pas un seul. Cependant il y en avait dans ma liste quelques-uns de faciles à trouver chez les Merlin, Barrois, etc.
Quand l'impression sera commencée , fais-moi adresser les épreuves assez longtemps à l'avance, pour que je puisse vérifier et rectifier tout ce que je croirai douteux. Je n'ai point de copiste; Charles est occupé du catalogue et de son imprimerie, de sorte qu'il n'aurait pas un quart d'heure par jour à me donner.
Je t'ai adressé par Emonin, avec une lettre, l'exemplaire broché de Balzac que je t'avais promis. Si tu ne l'as pas encore reçu, c'est que la malle ne lui sera pas encore parvenue ; mais elle ne peut tarder. Ainsi, réclame mon envoi.
Joly me charge de te rappeler que tu lui as promis un joli petit volume à imprimer avec soin et dans lequel il y aurait quelque petit morceau de toi. Tu n'es pas par hasard l'auteur de ces contes annoncés avec tant de pompe par les journaux ? Si je te fais cette
(1) Précède la lettre LXXXIY de Nodier. (Rcc. Estigaard, p. 174.)
demande, c'esl qu'il m'a para que ranteur s'est reneontré avec toi dans le choix de quelques sujels*
Dusillet est merveilleusement courroucé d6 ne plus entendre parler de ton recueil de poésies que Ladvocat devait publier dans le courant du mois de décembre, ni de la seconde édition de son Yseult Rappelle-toi que je t'ai laissé l'exemplaire corrigé de ce dernier ouvrage, et place-le dans un endroit où ta seras sûr de le retrouver quand il en sera temps. Dusillet attache un grand prix à ses corrections; il dit qu'il n'aurait pas la force de recommencer un semblable travail.
' Âs-tu lu, dans l'Album, l'article dans lequel oti félicite M. Guillaume d'avoir découvert, sans s'en douter, que les RR. PP. jésuites sont les véritables inventeurs de la méthode d'enseignement mutuel ? Il me semble que les journaux de Paris auraient dû faire mention d'une nouvelle aussi intéressante.
M. Jal m'avait promis un exemplaire de son livre sur le Salon, Francis me donnerait, si j'étais là, un exemplaire sur vélin de ses Chansons. Fais-moi le plaisir de joindre ces deux volumes à ceux que tu m'annonces. En revanche, tu peux compter sur le Ferry Julyot, comme si tu le tenais.
As-tu remarqué que tous les journaux de Paris ont annoncé qu'un exemplaire de la Bible des Elzévirs venait d'être vendu 42,000 fr.? Peut-on bien laisser passer une telle sottise sans la relever ? Quelle est sa date, son format, le nombre de volumes dont elle se compose ?
J'espère que l'indisposition de M"»» Gharve n'aura pas de suites fâcheuses. Fais-lui mes amitiés ainsi qu'à ta femme et à ta fille.
xvn (i)
25 janvier 1825.
Mon cher ami.
Je ne sais si M. Taylor a trouvé dans ma réponse tous les renseignements qu'il désirait sur l'ancien gouvernement de Besançon; mais puisqu'il s'agit de faire le sujet d'une vignette de l'élection de nos magistrats, j'ai oublié une circonstance intéressante et caracté-
(1) Précède la lettre LXXXV de Nodier. (Rcc. Estignard, p. 178.)
ristique. I.e dépoaillemenl da scrutin se faisait en présence des anciens gouverneurs, par deux religieux, un bénédictin et un moine d*un autre ordre. Tu vois que ces deux personnages, placés de chaque côté d'une table surmontée d'un coffre antique, doivent produire un bel effet.
Que tu as été malavisé d'entreprendre là refonte de la Bibliothèque d'Harwood dans un moment où, comme tu le savais, je viens de renouveler avec Michaud l'engagement de travailler à la Biographie dans les mêmes proportions que je l'ai fait jusqu'ici, et où, par surcroît, je dois faire imprimer le catalogue de notre bibliothèque! Je viens de lire cette Bibliothèque d'Harwood, avec les additions de Gamba. Jamais je n'aurais eu occasion de la consulter. Ce n'est pas un ouvrage à traduire pour moi, il faut le refaire d'un bout à l'autre, à peine de nous faire sifQer par tous les garçons libraires du Palais-Royal ; mais ce n'est pas un travail qu'il nous soit possible> d'improviser, si nous voulons qu'il nous fasse quelque honneur. L'imagination ne sert à rien dans cette besogne-là; il faut des faits, et on ne les invente pas.
Notre bibliothèque, que tu crois riche, est au contraire excessivement pauvre. Elle possède maintenant un certain nombre d'ouvrages de bibliographie que je me suis procurés depuis dix an<^ mais voilà tout Nous n'avons pas une seule édition d'un classique grec ou lalin, imprimé en Hollande ou en Allemagne depuis le commencement du XYiii* siècle, pas une édition de Reiske, de Rhuneken, de Wyttemhach, d'Oberlin, de Schweighœuscr, de Brunck, de d'Orville, de Pauw, etc., presque pas un ouvrage de critique et de solide érudition littéraire, et il faudrait tout avoir, tout examiner, tout extraire, pour faire le livre que j'entends, qui manque et qui manquera encore après notre réimpression augmentée d'Harwood.
Je viens d'écrire à M. Debure de m'envoyer les livres dont j'ai besoin le plus pressamment , la Bibliotheca crilica de Wytteml^ach. les Deliciœ eruditoi^wn de Lami, la suite des catalogues imprimés sur vélin de M. Van Praët. Mais comme je lui demande d'autres ouvrages plus ditiiciles à trouver, il attendrait probablement de les avoir réunis pour me les envoyer par le roulage. Je te prie donc de passer chez lui et de lui dire de m'envoyer ceux que je viens de désigner avec les Vita* philolog^-intm de Harles, éd complète, Brème, 47t>4-!7T2, 4 voK în-8*, par M. Brunot-I^bbe. Tandis que je suis à l*article de Harles, est-ce que tu crois qu'il me serait inutile d'avoir son Intr^Miuelkm à rhist'jire de (a langue grecque et de ia langue latine, deux ouvrages que je n ai jamais vus et qui sont dtés dans Brunet comme excellents.
Le froid m'empêche de travailler à noire bibliothèque, perclus comme je le suis de rhumatismes que j*y ai déjà gagués ; ma chambriB est trop petite et trop encombrée pour que je puisse y apporter tous les livres que j'ai besoin de consulter, n'ayant qu'une table déjà couverte de paperasses et de bouquins. La besogne que tu m'as demandée marche donc bien lentement, malgré h désir que j'ai d'aller vite. Cependant je compte pouvoir t'envoyer par Cabuchet l'article Saint Jérôme^ le plus court de tous ceux que lu m'as demandés. Tu jugeras par cet échantillon de ce que c'est que la Bibliothèque d'Harwood.
Un de nos confrères à Montbéliard s'offre à nous fournir d'amples renseignements sur les Bibles imprimées en Allemagne; mais il désire avoir pour le guider ta Bibliothèque portative. Vois si tu peux lui en procurer un exemplaire.
Voici des noms patronymiques de Franche-Comlé au xvii* sièjcle qui me paraissent particuliers à la province : Agnès, Angèle, Colombe, Euphrasie, Ludivine, Nicole. — Noms d'hommes : Albin, Aubin, Béat, Ferry, Guillain, Gprgon, Hymetière, Lothaiu, Lupicin, Renobert, Sauveur, Valbert, Ylie.
Je n'oublie pas les livres comtois que tu désires; mais il faut attendre l'occasion que je ne laisserai, pas échapper. Ponne-moi des nouvelles de la santé de pelte excellente M"« Charve. ^Jue j'aurai [de peine] de ne pas la retrouver quand je relournerai à Paris. Mes tendresses à ta femme et à ta fille. Je t'embrasse de tout mon cœur.
Ne manque pas la place que M. Ferrand laisse vacante à l'Académie.
XVIII (i)
8 mai 1825.
Mon chkr ami.
Tu as trop de chagrin pour que je le gronde, mais, entre nous, tu le mériterais bien. En m'engageant à travailler à ton ouvrage, tu me mandais que je serais paiiiculièrement chargé de revoir les épreuves et de faire les additions que je croirais convenables. Ce genre de travail, auquel je suis habitué, n'aurait exigé de ma part qu'un peu d'attention et des recherches assez faciles, maintenant que la saison me permet de passer toutes mes journées à la biblio-
(1) Suil la loUre LXXXVI de Nodier. iHec. Esngnard,p. 180.)
tbèqcui. Ta m*as adressé la première feaille par la diligence au lieu de renvoyer par la poste, el je n'en ai pas en d'an 1res. J'en avais conclu qae d'autres affaires te forçaient à retarder la publication de cet ouvrage, et je ne m'en suis plus occupé, pressé que je suis par d'autres besognes. Une biographie que tu promets pour le mois d'août, et ta nomination à la place d'historiographe du sacre n'ont pu que me conOrmer dans ma conjecture. Ce n'est donc pas sans surprise que j'apprends par ta lettre que l'impression de ton ouvrage continue, quoique lentement.
Si tu veux m'envoyer les épreuves en paquets, pour éviter les remaniements, qui déplaisent beaucoup aux imprimeurs^ je ferai tout ce qui dépendra de moi pour compléter ton travail, mais sans cela je ne puis, entreprendre aucune recherche avec la certitude qu'elle te sera de quelque utilité. Si, comme je le voudrais, ma chambre n'était séparée de la tienne que par une cloison, tu me dirais : Fais le dépouillement de Vogt, de Freytag, de David Clément, pondant que je m'occuperai de Lelong, de Fabricius, etc., mais à cent lieues l'un de l'autre, il faut que lu me dises d'une manière positive et précise la besogne dont tu veux me charger ; et si, avec le peu de livres que j'ai, je peux la faire^ tu dois compter que je la ferai* Mais ton expérience a dû t'apprendre qu'on ne va pas très vite dans ce genre de recherches, très pénibles el très fastidieuses.
Notre catalogue s'imprime aussi : les deux premières feuilles contiennent les polyglottes, TAncieu et le Nouveau Testament et les livres séparés; ainsi tu vois que nous ne sommes pas aussi riches que tu te l'imaginais. Je suis obligé de préparer deux feuilles par semaine, mais j'ai quelque avance. Il n'en est pas de même pour la BiographiCy qui marche très vite, et à laquelle je dois fournir à peu près un article par jour«
Je Vavais prié de prendre des arrangements avec le courrier Dida pour nos commissions ; mais il n'a pas eu le bonheur de te voir, nu^me quand il ta porté le Ferry Julyot, dont on lui doit encore le port. Tu m'avais offert de me procurer des ouvrages indispensables pour notre travail, entre aulres la Bi6/io/A/yo sacra^ le P. Lelong et quelques-uns des Idéaux et riches catalogues de TÂllemagne. Mais je ii^ai rien tu. Il e$t vrai que les démarches que j*ai foites de mon <\Mt^ ne $ont pas plus fructueuses.
Je rvHs ta lettre et je vois que tu me demandes de t'envoyer de tem|v^ en lenips quelques articles faits avec une petite ootioe biographique et critique en t^^te. Mais, mon cher ami, tu réassb beaacvH:p mieux q«e ji^ ne saurats le faire dai^ ces notices. Cependant,
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si j'en avai^ qijielqaea-upes des tiennes, j^ fef^s mon posssi))]e pour en approcher.
Tes chagrins Irop réels in'pmp^chent d& te parier des miens.. Ma belle-sœur, qui me croit riche, se propose d'é);a))Up un magasin d'épicerie ou de mercerie dans Paris, el me mande qu'elle compte sur moi pour les fonds dont elle a besoin. Jei^e lui ai pas répondu, mais cette demande imprévue me tourmefite singulièrement.
]1 y a une chose de i^ lettre à laquelle je ne veux pas répondre non plus ! Est-ce bien toi qui doutes de mon amitié ?
Je t'embrasse de tout mon coeur.
24 juin 1826.
Tu sais maintenant, mon cher ami, 1^ cause du chagrin qu'éprouve ta mère. Lors de la vente de la maison, une somme a été laissée en réserve entre les mains de l'acquéreur, qui s'est obligé de lui payer la pension de 4OO fr. Ta sœur ou son mari a pris une partie de cette somme, et maintenant l'acquéreur ne veut plus payer que l'intérêt des fonds qui lui restent; en sorte que la peur sion déjà si faible de ta mère se trouve diminuée d'autant. Tu n'es pas la capse des embarras qu'elle éprouve ; mais elle n'en est pas moins exposée à des privations, toujours pénibles à son âge, surtout avec les habitudes d'aisance qu'elle a contractées dans des temps plus heureux.
Je vais répondre maintenant à tontes les questions que tu m'adresses, en suivant Tordre de ta lettre,
•1° Je t'ai adressé, il y a plus de dix-huit mois, un exemplaire broché c^es Lettres de Balzac, et tu l'as reçu, j'en suis bien sûr; niais il te passe tant de beaux livres, tant de raretés entre les mains, que tu peux bien avoir oublié celui-là. Tu m'avais promis en échange le Psalteinum Davidis, EIzévir, ex. maroquin, mais qui ne te convenait pas, parce qu'il est trop rogné. Donne-moi autre chose, si tu veux, ou rien, cela m'est égal.
2*» La carte de notre ex. de la Terre Sainte est celle des tribus.
.30 Quand je t'ai promis un ex. broché des Recherches de Bullet sur les cartes à jouer, je me croyais sûr d'en avoir un exemplaire majgnifique, et j'étais persuadé que j'en avais vu un autre chez li|. du Bouvot. Ni l'un ni l'autre ne s'est retrouvé jusqu'ici, malgré toutes, mes reçherqhes.
4" Quand je Vai mandé que Laurent avait le supplément au traité de la Torture, c'était pour te forcer de lui adresser Tezemplaire de la Satire Ménippée que tu lui avais promis, et me débarrasser par là de ses plaintes et de ses trop fréquentes visites. C'est moi qui l'ai, ce supplément, et je te le donnerai. Mais que feras-tu de ton exemplaire de la Torture m[al]r[elié] ? Au lien de le vendre à vil prix, ne pourrais-tu pas me l'envoyer?
b*» Le Siège de Bréda a été traduit du latin d*Herm. Hugo par Philippe Chifflet, Anvers, 1631^ in-fol., mais je ne crois pas que cette traduction ait été réimprimée à la suite du Siège de Dole dans l'éd. Plantinienne, que je n'ai pas sous la main.
C* La lettre du sieur de Pétrey a été imprimée en même temps que le Siège de Boy vin, mais elle en est tout à fait séparée. C'est une pièce de cent onze pages.
7° Je te -procurerai de beaux exemplaires des trois ouvrages des Chifflet que tu m'indiques; et si tu le veux, ils ne te coûteront pas grand'chose. Au lieu de donner à vil prix les livres que tu reçois à des bouquinistes, envoie-m'en quelques-uns dont je tirerai meilleur parti pour toi. Du produit, j'achèterai les ouvrages que tu me demanderas à l'occasion, et si tu m'y autorises, je remettrai le surplus à toi-même. Fais une petite pacotille que tu déposeras chez Brunot-Labbe, à mon adresse, et je t'en rendrai bon compte.
Je vois souvent Droz, comme tu le penses bien, et nous parlons ensemble de toi, de tes projets, de ton avenir; et puis de Besançon et des moyens de le tirer de son obscurité. Tu pourrais y contribuer plus que personne; mais il faudrait entrer à l'Académie, et je ne peux pas deviner le motif de ta répugnance. Je me flatte que tes amis parviendront à la vaincre, et je me joins à eux de tout mon cœur. Arrange-toi dans le voyage que tu projettes de manière à nous donner quelques jours, et fais-moi connaître l'époque précise de ton arrivée, afin que nous puissions nous mettre en mesure de te faire une réception convenable. Si M. Taylor t'accompagne, il n'a qu'à se tenir bien avec nos académiciens ; il ne leur a pas encore accusé la réception de son diplôme d'associé. Sa négligence me fait beaucoup de tort dans la Compagnie. Donne-moi donc l'adresse de M. Cordier, l'ingénieur, afin que je puisse lui faire la demande de son image pour notre bibliothèque. Tu t'en étais chargé, il y a deux ans, mais depuis ce temps-là, tu as eu d'autres choses à faire.
Deis a été malade assez gravement de varices aux deux jambes. Il ne va pas mal maintenant, mais il vieillit. Sa femme est toujourâ la même. Tu ne m'as rien dit de Viancin, cependant tu as dft
recevoir un des vingt-cinq exemplaires de son poème des Sapins, où il y a de belles choses. 11 t'attend avec impatience, car il se flatte d*être plus heureux ici qu'à Paris et de le posséder au moins vingtquatre heures dans sou ermitage. En me répondant, parle-moi de Fanny, de Tercy, dont les mémoires ne paraissent pas. J'embrasse Marie et Désirée. Tout à toi.