‹ Lettres de Chopin et de George Sand, 1836-1839Chapitre 4 sur 49 · George Sand à la comtesse d'Agoult, à Côme · texte numérisé non relu

George Sand à la comtesse d'Agoult, à Côme

Nohant, 2 janvier 1838.

Bonsoir, bonne et charmante princesse, bonsoir,

(5) Marie d'Agoult desirait nuire à Chopin dans l'esprit de George Sand. Trois jours auparavant, la romancière lui avait adressé de Nohant les lignes suivantes:

«Dites à Mick... (manière non compromettante d'écrire les noms polonais) que ma plume et ma maison sont à son service et trop heureuses d'y être, à Grr... que je l'adore, à Chopin que je l'idolâtre, à tous ceux que vous aimez que je les aime et qu'ils seront les bienvenus amenés par vous [...]»

Sous le ton de badinage de cette lettre, Marie avait, sans doute, deviné qu'Aurore était éprise de Chopin. Or, Chopin était loin d'être indifférent à Marie, qui, en grande coquette, désireuse que les hommages s'adressassent à elle seule, usa de beaucoup de ruses pour tenter d'empêcher Aurore et Frédéric de se lier.

'6) Chopin n'alla pas à Nohant à cette époque. Il était d'autre part fort mal renseigné sur la distance qui sépare ce village berrichon de Paris puisqu'il comptait consacrer seulement trois jours à ce voyage. Antoine Wodzinski se trouvait alors en Espagne où ses parents devaient lui envoyer des fonds par l'intermédiaire de Chopin.

cher Crétin du Valais. N'oubliez pas Piffoël qui dépose à vos pieds son cœur, son cigare et les vestiges de sa robe de chambre écarlate. Piffoël ira peut-être à Paris à la fin de janvier, surtout si on célèbre une seconde fois, comme les journaux l'ont annoncé, la Messe de Berlioz. Piffoël serrera de grand cœur la main à Sopin à cause de Crétin et aussi à cause de Sopin [sic], because Sopin is veri zentil. Piffoël beseaches Fellow not to read Dernière Aldini(7) but to read next production wich is much better and not yet finished. Piffoël vous presse dans ses bras et vous prie de l'aimer, après vous each other s'il en reste.

Page 1